Persan et Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise) : L’État donne la manche à ses larbins volontaires et arrête les émeutiers

Le Parisien / mardi 4 octobre 2016

Quelques gendarmes sécurisent la place de Verdun dans la nuit, au cœur de la cité du Village de Persan. Les véhicules sont en nombre limités. C’est dans la discrétion que les enquêteurs de la section de recherche de Versailles ont procédé, tôt ce mardi matin, à une série d’interpellations à Persan et à Beaumont-sur-Oise. Une opération menée un peu plus de deux mois après les émeutes violentes qui ont marqué les deux communes. Les gendarmes agissaient sur commission rogatoire d’un juge d’instruction de Pontoise.

Dans le cadre de l’information judiciaire ouverte pour tentatives d’homicides sur les policiers et les gendarmes, trois personnes ont été interpellées au Village et dans le secteur de Boyenval. Elles se trouvaient ce mardi soir en garde à vue au pôle judiciaire de la gendarmerie, à Pontoise. Deux hommes âgés tous deux d’une vingtaine d’années et une femme de 35 ans environ. Ils sont soupçonnés d’avoir ouvert le feu sur les forces de l’ordre au cours des émeutes ou d’avoir été le complice de tireurs.
Ces interpellations sont intervenues alors qu’un premier tireur présumé a déjà été mis en examen au début du mois de septembre et a été placé en détention provisoire. Interpellé le 4 septembre, ce proche de la famille d’Adama Traoré, âgé d’une trentaine d’années, était déjà connu pour des faits d’extorsion et de trafic de stupéfiants. Il est suspecté d’avoir ouvert le feu au fusil de chasse.
Les faits se sont produits lors des émeutes qui ont éclaté à Beaumont et à Persan après le décès d’Adama Traoré, le 19 juillet dernier. Le jeune homme est décédé le jour de ses 24 ans lors de son interpellation. Pendant quatre nuits, les gendarmes avaient essuyé au moins une soixantaine de coups de feu, tirés au fusil de chasse de calibre 12 pour une grande partie. Mais des projectiles de calibre 7.65 ou 22 LR avaient également été utilisés par les émeutiers, selon les enquêteurs. Ils avaient pu saisir des douilles récupérées sur place, mais aussi une des armes découverte dans une cache dans le quartier de Boyenval, avec ses cartouches.
Au total, onze gendarmes et un policier avaient été blessés par les tirs qui visaient le plus souvent les visages, malgré leurs casques et leurs gilets pare-balles. Trente-huit gendarmes ont déposé plainte pour tentative d’homicide. [l’article continue en débitant des conneries pour dédouaner les flics de l’assassinat d’Adama Traoré; NdAtt.]

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Le Parisien / lundi 3 octobre 2016

Aux vigies citoyennes, la municipalité reconnaissante. Le conseil municipal de Persan a voté ce vendredi une délibération accordant des bons d’achat aux personnes qui se sont portées volontaires pour garder les bâtiments publics pendant les émeutes survenues après la mort d’Adama Traoré, le 19 juillet. Ce jeune homme de Beaumont-sur-Oise est décédé peu de temps après son interpellation par les gendarmes de Persan.
Pendant cinq nuits en juillet et une en septembre, la municipalité de Persan a demandé à ceux qui le pouvaient de garder les crèches, les gymnases, les bibliothèques…, pour empêcher qu’ils soient incendiés ou dégradés. « On a instauré une surveillance de la mairie dès le premier soir pour l’hôtel de ville », précise le maire, Alain Kasse (DVD). Les Persanais qui se sont dévoués se partageront donc 11 000 € en bons d’achat. Mais ceux qui touchent une indemnité d’élu en seront exclus.
« Au début, on avait parlé de bénévolat, là on distribue 11 000 €, a noté l’opposant Hakim Azzouzi (PS). On aurait pu faire appel à une société privée. Là, c’est presque du travail dissimulé. Après ce drame où un homme est mort cela me dérange profondément. »
L’ancien maire et conseiller municipal Arnaud Bazin (LR) lui a répondu qu’il s’agissait d’une gratification et que c’était autorisé par la loi. « Si on avait fait appel à une société, il aurait fallu ajouter quelques zéros en plus, a-t-il ajouté. Gratifier ces gens ne me semble pas du tout déplacé. Je crois qu’on peut voter avec fierté cette délibération. »

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