Ni loi, ni travail : Manifs et blocages du 2 juin [MAJ 4/6 : Rennes]

Paris : Bref récit de la journée de manifs du 2 juin contre la loi Travail et son monde

extrait de Paris-luttes.info / jeudi 2 juin 2016

Paris 2 6 2016 5Au programme : une manif inter-luttes avec les cheminots en tête, un départ en métro pour aller faire coucou au Président, une manif sauvage sur la rue de Vaugirard, un rassemblement devant le parc des expos doublé d’un blocage du tram, et re une manif sauvage dans le 15e arrondissement. Ouf !
Une manif contre la loi Travail et son monde était appelée aujourd’hui, à 14h à Montparnasse, notamment par des cheminots (qui ont d’ailleurs pris la tête du cortège). […] Plusieurs tags sont inscrits au fil du parcours, rue de Rennes et boulevard Raspail (« Grève, blocage, sabotage« , « En grève jusqu’à la retraite« , « Rage, joie, anarchie« , etc.). La plupart des panneaux de pub sont tagués, libérés de leurs affiches et/ou pétés. […]

paris 2 6 2016 2On était plusieurs centaines, peut-être un millier, je ne sais pas trop. Et là, c’est parti en manif sauvage sur la rue de Vaugirard (la plus longue voie de Paris intra-muros, ça aurait été marrant de la faire en entier cette vieille rue de bourges du Monopoly…), d’abord assez tranquillement (on s’attend), puis heureusement un peu plus énergiquement par la suite. Ça gueule « Grève, blocage, manif sauvage« , « Haaa, anti, anticapitalistes » et autres slogans habituels. Puis on tombe assez vite sur un chantier en libre service : des barres de fer et autres objets de mobilier urbain sont saisis, notamment pour ériger quelques petites barricades sur la route, mais pas seulement ! De premières banques sont attaquées, et jusqu’à la porte de Versailles, pratiquement toutes les cibles capitalistes y passeront ! Panneaux de pub bien sûr, mais aussi agences immobilières, agences d’intérim, magasin de location de voitures, etc. L’ambiance est super offensive mais ça avance assez sereinement en direction de la porte de Versailles. François, on arrive [Hollande était là-bas pour une quelque connerie; NdAtt.]!
Paris 2 6 2016 3Arrivé-e-s face au parc des expositions, on se retrouve sans surprise face à des rangées de CRS. Et aussi au milieu de passant-e-s, et d’autres manifestant-e-s, car un rassemblement de cégétistes s’y tenait déjà. Pendant quelques minutes, la situation ne bouge pas, on se demande quoi faire et on sent bien qu’on ne réussira pas à passer pour faire un coucou à François d’un peu plus près… Au moins on bloque complètement le tramway, mais bon, on a envie de plus que ça ! Alors on regarde vers le boulevard Lefebvre (ça monte) et on le sent pas trop. On tente de partir vers le boulevard Victor (ça descend) mais un gros paquet de CRS se mettent à courir pour nous empêcher de passer (et plus, si affinités). Ça ressemblerait presque à un début de nasse, et là, l’intelligence collective est immédiate : demi-tour en trottinant, on se redirige vers la rue Vaugirard, hop hop, re-manif sauvage ! On est quelques centaines, toujours le sourire aux lèvres sous les masques. Le Subway voit sa vitrine pétée, hop hop, et au lieu de reprendre le même chemin (pratiquement tout a été attaqué) la manif sauvage prend la rue de la Croix Nivert sur la gauche. Paris 2 6 2016 6En chemin, les banques, qui ne manquent pas dans le quartier, seront quasi systématiquement attaquées (vitrines et DAB). Des barricades de poubelles sont mises en place un peu partout pour ralentir les flics qui s’aventureraient derrière nous. Au croisement avec la rue Desnouettes, des flics sont caillassés et gardés à distance sur la gauche pendant que tout le monde court sur la droite (rue Desnouettes, donc).
On court pas mal, mais c’est nécessaire, ça nous permet de continuer avec un ou deux temps d’avance. Sur le chemin, d’autres vitrines sont fracassées, notamment SFR et un magasin Nicolas où plusieurs bouteilles de champagne sont pillées (je bois pas d’alcool, mais ça m’a bien fait marrer quand même, t’inquiète – tant qu’elles ne sont pas bues sur place et qu’on garde tou-te-s notre lucidité émeutière). Certain-e-s trouvent quand même le temps de taguer des banques : « Brisons le capital« , « Brûle les banques« , etc. Au bout de la rue Desnouettes, on reprend la rue de Vaugirard, et on repart sur la gauche dans je ne sais pas quelle rue (une banque est à nouveau pétée à cet endroit-là, ça n’arrête pas j’vous dis !). À ce moment-là, on s’aperçoit qu’on est quand même moins nombreux-euses, la dispersion de fait a commencé. Et la flicaille en nombre commence à se rapprocher. Le mot circule pour que la dispersion se fasse bien collectivement, et je ne sais pas combien de temps ça a duré du côté de la rue Blomet mais il me semble que beaucoup se sont dispersé-e-s là, vers la mairie du 15e.  […]

Une bande d'une centaine de casseurs a tague et casse des vitrines a coups de haches et de barres de fer ce jeudi apres midi, dans le XVe

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A en écouter les journaflics ça serait (déjà) la révolution par les Cosaques…

Le Parisien / jeudi 2 juin 2016

Paris 2 6 2016 7« Une horde sauvahe », « une violence incroyable ». De la Porte de Versailles à la Croix-Nivert (XVe), les riverains sont pétrifiés par les événements qui se sont déroulés hier après-midi. Une quinzaine de vitrines brisées, des tags… Il était un peu plus de 16 heures lorsqu’une centaine de casseurs cagoulés, armés de barres de fer, de barrières de chantier et de haches [? sic], ont fait irruption rue de Vaugirard et créé un véritable mouvement de panique chez les habitants et les commerçants.
Arrivé à hauteur de la mairie d’arrondissement, le groupe, poursuivi par les CRS, s’est acharné à coups de hache sur plusieurs fenêtres et portes, les endommageant sérieusement. Philippe Goujon, le député-maire (LR) du XVe, a immédiatement annoncé qu’il déposait plainte contre les casseurs. Ces derniers avaient manifestement infiltré une manifestation non autorisée de cheminots anti-loi El Khomri. Elle se déroulait devant le parc des expositions de la porte de Versailles, où se tient le congrès des maires de France qui accueillait la visite de François Hollande.
Paris 2 6 2016« Le groupe était déchaîné, et extrêmement mobile, brisant les vitrines les unes après les autres, au péril des commerçants qui se trouvaient à l’intérieur et des passants, détaille un témoin. Ces scènes insoutenables ont duré au moins une heure… » En fin d’après-midi, enfin, 17 personnes ont finalement été interpellées et maintenues à terre sur les marches de l’église Saint-Lambert, avant d’être placées en garde à vue… Mais la plupart d’entre elles, faute d’avoir été surpris en flagrant délit, ont été libérées.
Face à l’ampleur des dégâts, particulièrement porte de Versailles et rue de Vaugirard, Philippe Goujon, ne cache pas sa colère, ni son exaspération. […]

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Rouen : Manif, dégâts et interpellation

France3 / jeudi 2 juin 2016

Rouen 2 6 2016 2C’est la 9e grande manifestation contre la réforme du code du travail et la Loi Travail qui était organisée hier matin à Rouen. Comme d’habitude, les syndicats avaient donné rendez-vous sur la rive gauche de la Seine, sur la place du Cours Clémenceau, pour prendre le départ d’une manifestation dans les rues du centre-ville, de l’autre côté du fleuve. Mais une fois encore, un groupe constitué de plusieurs jeunes au visage masqué (ou dissimulé) s’est mêlé au cortège des « syndiqués » pour se livrer à des violences et des dégradations. Rue de la République, mais aussi rue Lecanuet et rue Jeanne d’Arc, des vitrines ont été cassées à coups de barre de fer. De nombreuses façades d’agences bancaires (dont celle de la Poste), d’assurances et immobilières ont été recouvertes d’inscriptions ou de peinture. Et comme il y a deux semaines rue Jeanne d’Arc, des distributeurs de billets ont été violemment détruits.
Rouen 2 6 2016Pendant ce temps, et dès le début de la matinée, les accès de la gare SNCF de Rouen étaient bouclés par un escadron de gendarmes mobiles en tenue d’intervention. Vers 12h30, à l’arrivée du cortège devant la gare, et alors que les syndicats annonçaient la fin de la manifestation, les jeunes « autonomes masqués » ont tenté d’entraîner avec eux les militants pour aller affronter les forces de l’ordre. En vain. Tournant le dos à la gare, ces  manifestants ont ensuite descendu la rue Jeanne d’Arc jusqu’à se trouver en face d’un cordon de police (constitué de policiers de la BAC et de la compagnie départementale d’intervention). Une grosse bobine (prise sur un chantier de la rue) a été lancée en direction des forces de l’ordre. Après plusieurs sommations non suivies d’effet, les policiers ont chargé (en faisant usage de gaz lacrymogène) afin de disperser les manifestants. Quittant le centre-ville de Rouen, une quarantaine de ces jeunes (dont la plupart se réclament du mouvement « Nuit Debout ») s’est ensuite rendue à Sotteville-lès-Rouen pour envahir le hall de l’hôtel de ville.
Ce vendredi matin, un officier de l’état-major de la direction départementale de la sécurité publique de Seine-Maritime (DDSP 76) précisait à la rédaction de France 3 Normandie que durant « la sécurisation du centre-ville »  et lors de la charge pour disperser les manifestants à l’angle de la rue Jeanne d’Arc et de la rue Lecanuet, cinq personnes avaient été interpellées. Trois jeunes (âgés de 16, 23 et 24 ans) pour « participation à un attroupement et violences sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Deux autres jeunes hommes (l’un a 15 ans, l’autre 21 ans) pour outrage. […]

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Nantes : Manifestation, casse et affrontements

extrait de 20minutes / jeudi 2 juin 2016

nantes 2 6 2016 mairieDéjà près de trois mois qu’ils sont mobilisés. Entre 2500, selon la police, et au moins 5000 personnes, selon les syndicats, ont manifesté entre 10h30 et 12h45 à Nantes pour réclamer le retrait du projet de loi Travail du gouvernement. […]
Globalement bon enfant, la manifestation a toutefois été ternie par plusieurs incidents. Des projectiles ont été lancés sur les forces de l’ordre, au niveau du pont de la Motte-Rouge et la rue de Strasbourg, où de premiers jets de lacrymogène ont fusé. La vitrine d’une agence immobilière a été brisée. La permanence du député écologiste François de Rugy, la façade de la mairie de Nantes et celle de la chambre régionale des comptes ont aussi été dégradées. Mais la tension est montée d’un cran une fois la manifestation terminée, alors que le cortège s’est divisé. Des affrontements sont survenus entre les manifestants qui ont décidé de continuer et les forces de l’ordre en centre-ville, puis autour de l’île Gloriette.

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Rennes : Les flics se lâchent

reçu par mail / samedi 4 juin 2016

A Rennes la société générale a été attaqué avec des billes de peintures (ça commence à être difficile de trouver une banque dont l’ensemble des vitrines ne sont pas remplacés par des planches en bois, ce qui explique peut-être qu’une seule banque ait été faite hier).
Après que les 2 cortèges se soient retrouvés près de la préfecture, tentative de manif sauvage et joyeuse pour bloquer la rocade. Nous avons été stoppé une première fois par la BAC, puis nous avons profité de l’absence de l’hélicoptère des flics pour nous faufiler en courant à travers les petites rues d’un quartier résidentiel pauvre, sous les acclamations des riverains aux fenêtres.
Le stratagème nous a permis d’arriver sur la 4 voies à l’entrée de la rocade juste avant les flics. Mais 6 camions de police nationale ont forcé le passage par derrière au risque de nous écraser (si l’on était resté au milieu de la route il n’y a aucun doute que ça aurait finis en drame). Une fois devant les CRS sont sorti des camions, nous ont gazé et matraqué, nous forçant de nous replier sur l’autre voie sur laquelle les voitures roulaient encore à grande vitesse.
Pour finir nous avons du escalader les barrières pour fuir par les champs afin d’éviter le massacre. Les flics nous y ont poursuivi, avec la ferme intention de faire très mal à qui serait retrouvé caché dans un buisson trop peu feuillu.
Il y a de nombreux(ses) blessé(e)s.

Nike la police!
Flic suicidé à moitié pardonné!

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La veille, le TGV a failli s’arrêter à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis)

Le Parisien / mercredi 1er juin 2016

Découverte pour le moins surprenante ce mercredi après-midi, sur les rails, près de la gare de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Des pétards ont été écartés in extremis avant le passage d’un TGV. Il s’agirait d’explosifs d’alarme. L’un des engins qui n’a pu être retiré à temps a tout de même explosé au passage d’un TGV, stoppant sa progression. Pas de blessés ni de dégâts matériels. Le train a pu repartir après une dizaine de minutes d’arrêt.
L’information est parvenue en gare vers 14 heures, après qu’un homme a averti avoir vu trois personnes déposer des paquets près des voies. L’un des agents de la gare a constaté qu’il y avait neuf engins, correspondant à des « explosifs d’alarme ». Ces engins sont utilisés pour signaler un danger — par exemple un train en panne en amont, précise la direction de la SNCF. C’est une sécurité supplémentaire pour que le conducteur arrête son train. Sauf que ce mercredi à Noisy-le-Sec, il n’y avait pas de danger à signaler. Le chef de gare a pu éloigner la plupart des engins, sauf un.
Une enquête est ouverte pour mise en danger et entrave à la circulation ferroviaire. Aucun élément n’a encore permis de savoir qui avait déposé ces engins ni les motivations [tiens, devine…; NdAtt.]. La SNCF a fait savoir que l’événement n’avait pas eu de conséquences majeures.

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