de.indymedia.org / lundi 3 mars 2025
Peut-être 500 000 personnes ont répondu à l’appel venant de groupes de gauche, communistes et anarchistes, de collectifs étudiants, de proches des victimes de Tempé*, aux appels des syndicats à la grève générale, aux appels des organisations de hooligans du foot à rejoindre un rassemblement sur la place Sýntagma, dans le centre d’Athènes (voir l’un des nombreux appels ici). Le plus grand rassemblement depuis longtemps. La foule s’est emparée des avenues environnantes, à partir de 9 heures du matin jusqu’au début de la soirée. Il y a eu aussi la participation d’électeurs du gouvernement de Néa Dimokratía, de nationalistes et de quelques nazis, qui ont été tabassés entre-temps.
Ces dernières semaines, le conflit s’est intensifié, entre les survivant.es et les proches des victimes du massacre de Tempé et le gouvernement, à propos des causes de l’explosion du train de fret, qui est entré en collision avec le train de passager.es, il y a deux ans. Déjà il y a un mois, la place Sýntagma avait vu un énorme rassemblement et un échange d’hostilités avec le MAT [la police anti-émeute grecque ; NdAtt.]. La société demande vérité et justice, l’État offre des stupides tentatives de masquer les responsabilités. Pour contrôler la situation, à Athènes, le 28 février, on avait annoncé le déploiement de 5 000 policiers, mais les autorités n’ont pas réussi à les mobiliser. Parce qu’il y avait des manifestations dans toutes les autres villes, le même jour.
Tout de suite après la fin des prises de parole des proches des victimes, une centaine de personnes s’est rassemblée et a attaqué les forces de police qui gardaient le parlement. Quelques dizaines de personnes ont décidé de se réfugier derrière les forces de police – après avoir crié « Assassins, assassins » pendant deux heures. D’autres personnes n’étaient pas d’accord avec les émeutes. Beaucoup de monde a rejoint les émeutes.
Bien que les médias nous appellent encore une fois « provocateur.trices », la réalité, vendredi, était différente. Les émeutier.es faisaient partie de la société. Des gens de tous âges, de tous genres et de toutes « nationalités » y ont participé.
Les marches de marbre de l’hôtel de luxe Grande-Bretagne ont été brisées avec des marteaux pour jeter des pierres sur la police anti-émeutes, qui était positionnée sur le parvis du Parlement. Après une demi-heure, un renfort de flics du MAT a réussi à vider la place Sýntagma pendant un moment, beaucoup de gens sont rentrés chez eux/elles. Mais des foules encore énormes se déplaçaient dans le centre, érigeant des barricades autour de la place Omónia et affrontant la police.
Le ministre de la Protection du citoyen a dit que que les individus cagoulés étaient membres d’un groupe actif dans le milieu anarchiste/anti-autoritaire, qui, les jours précédents, avait appelé à une « insurrection » à l’occasion de la grève générale et du rassemblement de vendredi. Les médias à la solde du régime ont dit que « d’autres groupes de manifestants ont commencé à participer aux émeutes sur la place Sýntagma, ce qui a porté à une perte momentanée du contrôle de la part de la police ».
Un groupe plus grand de manifestant.es a résisté contre les canons à eau sur l’avenue Syngrou, en utilisant des morceaux de marbre venant de monuments anciens et en attaquant les forces de police qui gardaient le siège de Hellenic Train. Plus tôt dans la matinée, 25 membres de Rouvikonas avaient été arrêté.es sur le toit de cet immeuble, pour y avoir déroulé une banderole.
Dans l’après-midi, les gens sont retournés à Sýntagma, pour une nouvelle série d’affrontements. Même si une majorité manifestait pacifiquement, l’État est en train de perdre du terrain, si 15% de la population de la métropole [d’Athènes ; NdAtt.] descend dans la rue. Par la suite, la police a dit qu’ils avaient fait 66 interpellations pendant la journée et que 29 policiers avaient été blessés.
* Notes d’Attaque : le 28 février 2023, dans cette localité près de Larissa, il y a eu une collision entre un train de voyageur.euses et un train de marchandise, qui a provoqué la mort de 57 personne et des dizaines de blessé.es.

























































