Hamilton (Canada) : Fuck les flics du Covid !

North-Shore Counter-Info / samedi 17 avril 2021

Comme des millions d’autres personnes en Ontario [la province canadienne où se trouve Hamilton ; NdAtt.], je me suis réveillé.e ce matin dans un monde où la police avait reçu le droit de vous retenir à tout moment, de vous interroger, d’exiger des informations sans aucune raison et de donner des ordres qui doivent être suivis. Dans la pratique, beaucoup de ces choses ont déjà lieu, mais le fait que ce qui normalement est un abus soit officiellement reconnu est un choc énorme.

Le gouvernement prétend que c’est pour essayer d’arrêter la propagation du Covid. Ils interdisent à nous tou.te.s de nous asseoir dehors, dans un parc, avec des ami.e.s, même en gardant nos distances, alors que les usines et les prisons continuent de fonctionner à plein régime, car ils font passer les profits avant les relations humaines. Donner à la police un pouvoir accru pour faire appliquer ce genre de règles, c’est juste incroyablement malsain.

J’étais assez énervé.e, alors j’ai fait un tas d’affiches et je les ai collées dans mon quartier, dans East Hamilton. Est-ce qu’elles auraient été meilleures si j’avais pris plus de temps ? Bien sûr. Aurais-je dû mettre « Le Covid existe vraiment » ou quelque chose comme ça, de façon que ce soit plus clair que je ne suis pas un.e anti-masque ou un.e conspirationniste ? Probablement. Mais je dirais qu’il est plus important d’agir, de rendre visible une opposition à ces mesures autoritaires, de façon à ne pas nous sentir tou.te.s effrayé.e.s et seul.e.s.

En tant qu’anarchiste, je crois dans le fait de m’informer, de discuter avec les personnes autour de moi et de trouver nos propres pratiques pour faire face au Covid, des pratiques qui reflètent nos propres valeurs et priorités. Comme avec toute autre loi, même lorsque les choses que nous considérons appropriées sont illégales, cela signifie simplement que nous devons faire un peu plus d’efforts pour trouver les moyens de les faire. Je m’oppose au droit que l’État aurait de nous dicter nos pratiques et nos priorités, et surtout à sa possibilité de les faire respecter par la répression, même si je peux choisir d’adopter des pratiques similaires à celles qu’il suggère.
Certains anarchistes ont fait circuler des textes qui imitent le discours de l’extrême-droite, s’inquiétant de la liberté d’expression de politiciens conservateurs dissidents ou du droit des réactionnaires religieux à se rassembler, ou qui minimisent l’épidémie de Covid. D’autres sont devenus impossibles à distinguer des libéraux et essayent de faire taire les critiques de leurs compas en prétendant que nous essayons de tuer leurs grands-parents ou des trucs comme-ça. Nous pouvons faire mieux.
C’est vrai qu’en ce moment la situation est effrayante. La pression sociale à suivre n’importe quelle connerie autoritaire est très forte, mais coller ces affiches tout.e seul.e en plein milieu de la journée, le week-end, a été une bonne expérience pour parler de ça avec mes voisin.e.s. Nous ne sommes jamais si seul.e.s que nous le pensons.

(Je met ici un PDF de mes affiches, au cas où vous seriez plus nul.le.s en que moi en mise en page. Mais il est facile de faire les vôtres, avec des logiciels gratuits comme Gimp et LibreOffice Draw. La colle avec de la farine, se fait avec trois ou quatre parts d’eau chaude pour une part de farine ; ajoutez doucement l’eau à la farine, en remuant, puis ajoutez-y une bonne dose de sucre).

Solidarité avec les gens de Montréal qui se sont battu.e.s contre le couvre-feu là-bas!

Gardez vos collectifs et vos groupes d’affinité soudés et maintenez toujours une bonne distanciation sociale avec l’État !

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