Thessalonique (Grèce) : Attaques incendiaires contre ceux qui ont signé la mise à mort de D. Koufondinas

AMW English / samedi 6 mars 2021

Le dur combat du camarade Dimitris touche à sa fin, puisque vous avez décidé d’accepter les coûts politiques, économiques et militaires liés à la responsabilité du premier meurtre d’un gréviste de la faim, dans notre pays. Avec cela, notre patience aussi arrive à sa fin. Ayant été dès les premiers instants du côté du camarade Dimitris, nous déclarons clairement nos intentions.

Si vous ne respectez pas la vie, pourquoi la mériteriez-vous ?

Nous savons depuis des années que nous opposons à un système puissant qui a fait de l’obscénité et de l’injustice ses lois. Nous avons accepté d’être petit.e.s et peu nombreux.ses, face à votre omnipotence. Vous savez tout de nous, vous enregistrez nos mouvements, vous volez des soupirs et des moments de liberté, sans aucune trace de honte. Nous savons que vous n’avez aucune sensibilité, que vous condamnez des millions de vies à la pauvreté. Mais, malgré votre surveillance et votre pouvoir, la situation et les équilibres changent, petit à petit.

Nous connaissons tout de vous. Vos maisons, vos bureaux, vos voitures et vos fortunes. Nous enregistrons tous vos mouvements. Vos soirées tranquilles, vos trajets matinaux vers votre travail ainsi que les retours, vos sorties du dimanche avec vos familles. Et si nous n’étions pas diffèrent.e.s de vous, à cause de cette caractéristique très importante appelée moralité révolutionnaire, cet aspect qualitatif et moral, nous vous aurions privé de tous les beaux moments dont vous profitez. Mais notre guerre a un objectif structuré et est dirigée vers les causes de la misère. Le sang de nos camarades vaut autant que le monde entier. Donc, si leur sang est versé, le monde en sera inondé.

A la fin, il ne reste que la rage. C’est pourquoi nous revendiquons les barrages incendiaires à faible puissance, contre des objectifs politiques, judiciaires et militaires, dans la ville de Thessalonique.

à l’aube de dimanche 28 février, nous avons attaqué la maison du président de l’Association des fonctionnaires de police de Thessalonique, Demetrios Padiotis, 5 rue Pelopidas, à Sykies [dans la banlieue de Thessalonique ; NdAtt.]. Padiotis et le reste des assassins en uniforme sont responsables de milliers de tortures, d’arrestations et d’emprisonnements, d’abus et de meurtres aux frais de locaux.les et de migrant.e.s, de militant.e.s, de marginaux.les, de jeunes, d’étudiant.e.s, etc. Ils sont l’armure militaire du totalitarisme d’État, dans sa guerre contre l’ennemi intérieur. La résistance au terrorisme d’État ne peut que passer par le conflit ouvert avec les forces de sécurité.

Dans la soirée de mardi 2 mars, nous avons attaqué le domicile de l’ancien président de la Cour d’appel, Antonios Tsalapeta, 12, rue Distoros, dans le quartier de Charilaou. Le clergé de la mafia judiciaire ignore ostensiblement la compagne de Dimitris, il conteste le bon fondé de sa demande de transfert dans la sections souterraine de la prison de Korydallos. Avec la même facilité par laquelle ils signent des documents qui condamnent au désespoir des millions de vies, ils signent la première mis à mort d’un gréviste de la faim.

Dans la nuit de mercredi 3 mars, nous avons attaqué la maison de la politicienne de Néa Dimokratía, Aphrodite Latinopoulou, au 1 rue Episkopou Kitrous Nikolaou, en centre-ville. Cette ordure, à travers la sécurité qui lui est donnée par la réalité numérique, dégouline de haine et de bile à l’encontre de la vie et de la lutte de notre camarade et à l’encontre la lutte de classe. Notre attaque, à quelques mètres de la lutte des étudiant.e.s, est un message minimal de solidarité avec la lutte contre la détérioration de l’éducation et pour la liberté au sein des universités.

Le meurtre planifié du camarade Dimitris n’est pas un simple fait divers. Il s’agit d’un tournant historique, qui accélère l’escalade de la guerre révolutionnaire, puisque des ponts se construisent au sein du mouvement de résistance sociale. La vérité est devant nous et elle nous regarde dans les yeux avec urgence : si nous abandonnons la lutte pour la vie et la dignité, nous tuerons notre camarade avant que l’ennemi ne le fasse. Une bataille ne s’achève pas lorsque les balles sont terminées, mais grâce à la détermination. C’est pourquoi, pour gagner, nous devons y croire, comme y croit Dimitris, qui ne fléchit pas, non pas après 50 et 60 jours, mais après deux décennies de lutte contre le régime d’exception permanent.

« …Dans cette longue lutte, peu importe que vous tombiez, s’il y a une autre main pour continuer. Les chemins changent, les temps changent, les manières changent, mais le but est le même. »

Dimitris Koufondinas

Nous lançons un appel ouvert à la société : si le gouvernement américain et Mitsotákis exécutent le révolutionnaire Dimitris Koufondinas, toute la ville sera détruite. Et pour cela, nous avons besoin de tout le monde aux côtés de nous tous. Car la vie et la dignité doivent rester des valeurs défendues collectivement, bec et ongles, contre l’autoritarisme d’un clan de salauds qui hante cette époque de la manière la plus sombres. Une époque de confrontation de classe. Dans un moment où l’histoire s’écrit avec des pavés, les assassins ne sont pas les militant.e.s, mais ceux qui insultent et ternissent la mémoire révolutionnaire. Désormais, chacun.e choisit consciemment son camp. Les erreurs, les négligences et les incohérences ne seront pas pardonnés.

Pour tous les compas qui mènent des batailles dans la vraie vie, de ces jours, pour tou.te.s nos frères et sœurs emprisonné.e.s, pour chaque cœur rebelle qui marche à nos côtés en armant volontairement nos négations collectives, pour Lambros Foundas, qui, 11 ans plus tard, nous dit de « ne pas abandonner le combat », mais surtout pour ce grand camarade de combat et homme libre qui s’appelle Dimitris Koufondinas, l’aube brille toujours de mille feux. La fin est devant nous. Regardons-la. Combattons, compas, ne plions pas, ne reculons pas. Faisons en sorte qu’ils payent pour tout.

Toutes nos forces sont avec Dimitris.
Le pire est encore à venir…

Cellules d’action directe – Organisation d’action anarchiste

Ce contenu a été publié dans ACAB, Antiélectoral, Nique la justice, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.