San Miguel (Chili) : Revendication d’un engin incendiaire posé dans un autobus de la RED

Contrainfo / vendredi 11 septembre 2002

Depuis le début de ce que nous connaissons aujourd’hui comme la domination et la civilisation, la réification et l’exploitation de la nature sauvage ont réduit la vie à des simples produits et services, ce qui fait que ceux-ci sont déplacés et transportés vers et dans les grandes villes, en suivant ainsi les trajectoires tracées par les architectes du modèle économique dominant, durant les différentes périodes de l’histoire.

Depuis ce temps-là, le transport de marchandises s’est révélé être une nécessité vitale pour le pouvoir et son objectif de contrôler les territoires que l’on appelle aujourd’hui les villes. L’organisation et la manière dont le rythme de la vie est régi dans ces lieux, ne répond qu’aux intérêts et aux profits de quelques peu nombreux dirigeants de ce système de consommation et de mort.

Les machines qui, jour après jour, parcourent d’innombrables routes et rues pour transporter de la marchandise humaine peuvent brûler tout aussi bien que celles qui transportent des biens extraits de la terre. Tant dans le Wallmapu [le territoire de la population mapuche, sous contrôle des État chilien et argentin ; NdAtt.] qu’à $antiago, ils déplacent quotidiennement, sur d’innombrables routes et rues, ce qu’ils appellent des « ressources » ; certaines sont le produit de l’exploitation de la terre, d’autres le produit de l’exploitation humaine. C’est ainsi que se poursuit le flux de la dévastation de la terre et c’est ainsi que se poursuit le flux de dévastation de nos vies.
Dans le Wallmapu, la guerre historique contre le colonialisme et l’usurpation se poursuit, avec des petites différences, comme le fait que c’est le capitalisme qui colonise aujourd’hui, par le biais de l’État chilien, de ses forces armées et répressives. Toute proportion gardées, il nous semble qu’un moyen pratique de concrétiser l’offensive contre l’État, ici comme là-bas, soit l’attaque par petits groupes. Et face à tant de luttes et de conflits latents dans le Wallmapu, nous n’avons pas pu attendre patiemment une solution.

Les différentes entreprises qui ont constitué la RED (ex Transantiago) s’enrichissent quotidiennement grâce à la planification de la ville et constituent un pilier plus qu’important pour le fonctionnement de la normalité, à $antiago.

C’est pour cette dernière raison et en signe de solidarité que nous avons décidé d’entraver la pacifique circulation de la marchandise humaine, en attaquant une machine de transport, en prenant toutefois les précautions nécessaires pour éviter le risque de faire des victimes. Notre seule intention était de laisser la machine inopérante, en choisissant un horaire et un itinéraire qui, d’une part, ont provoqué une couverture médiatique, mais qui, d’autre part, ont fait qu’il y avait un faible nombre de passager.e.s présent.e.s au moment de l’action. Que la presse spécule tant qu’elle veut, nous n’attendons rien d’elle, ni des autorités publiques. Ils sont également détestables et ils sont des ennemis clairement positionnés. Pour eux, nous ne souhaitons que le pire.

Cette action se veut un geste de complicité et de solidarité à l’encontre de tou.te.s celles/ceux qui poursuivent la résistance et l’offensive contre l’État, dans le Wallmapu ainsi qu’ici et ailleurs.

En souvenir de José Huenante [jeun mapuche, « désaparécido » après avoir été interpellé par les Carabineros, le 3 septembre 2005, à Puerto Montt ; NdAtt.], à 15 ans de sa disparition aux mains de la police de merde, et en souvenir de l’assassinat de Macarena Valdés [activiste mapuche, dont l’assassinat a été masqué en suicide ; NdAtt.] par l’entreprise RP Global, le 26 août 2016.

Solidarité avec la lutte active que les prisonnier.e.s politiques mapuche poursuivent dans les prisons de l’État chilien dans le territoire du Wallmapu.

Une accolade complice à tou.tes les compas kidnappé.e.s par le pouvoir et qui restent toujours sur le pied de guerre. Liberté pour Mónica Caballero, Francisco Solar, Juan Aliste Vega, Marcelo Villaroel, Joaquin Garcia et tou.te.s les prisonnier.e.s anarchistes du monde. Notre feu est aussi le vôtre !

Pour un Septembre noir, avec ou sans flics, pour reprendre la rue et relancer l’action minoritaire.

Mémoire insurrectionnelle : Johnny Cariqueo et Claudia López présent.e.s !

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