Athènes (Grèce) : Revendication de quatre attaques incendiaires

AMWEnglish / lundi 23 décembre 2019

Chez le journaleaux…

Nos vies sont submergées par les ultimatums et les diktats de leur État, de leur capital et de leur culture.

Au turbin, nous devons vendre notre force de travail pour survivre, les ultimatums des patrons sont la voix de la croissance à tout prix du capitalisme. La voix de l’expansionnisme néolibéral, la voix des objectifs meurtriers du patronat, qui estropie nos corps avec des horaires toujours plus intensifs, l’abolition du repos du dimanche, le travail non assuré, des mesures de sécurité inadéquates, des licenciements et le chantage.

Dans nos écoles, les diktats de l’État et du capital sont les voix de la discipline, dans la barbarie de notre temps, le récit trompeur de l’histoire de la soumission aux puissants, les voix du nationalisme et de l’intolérance, l’effacement de la mémoire de tout moment de guerre sociale. Leur but est de créer une nouvelle génération d’esclaves discipliné.e.s, toujours impatient.e.s d’entrer dans les rangs de la production capitaliste, sans conscience de leur rôle. Sans la moindre trace de connaissance de fond de l’histoire des luttes et des soulèvements contre les États et leurs pouvoirs. Acceptant leur coexistence pacifique avec les responsables de la pauvreté et des guerres. Reconnaissant que la lutte est inutile et que le capitalisme est le vainqueur de l’histoire.

Dans les quartiers où nous vivons et luttons, qu’ils s’appellent Exarcheia ou pas, l’État pose des ultimatums aux squats. Leurs ultimatums parlent la langue du totalitarisme moderne, de la répression policière, de la propagande étatique organisée et coordonnée à travers les médias, de leur normalité, pleine de violence pour quiconque ne s’y adapte pas.

Leurs ultimatums sont l’autre facette du terrorisme d’État. Ce sont les matraques qui brisent les têtes des passant.e.s à Exarcheia, les images de réfugiés entourés de flics, dans les bus vers l’enfer des camps de concentration, les propos sexistes et les menaces de violence sexuelle à l’encontre de toute personne que les flics n’aiment pas, les dizaines de descentes dans des squats ; c’est l’occupation militaire de tout un quartier par les brutes de la police ; ce sont les enlèvements de compas de leurs maisons ; c’est la campagne anti-terroriste menée par l’État, comme élément indispensable à l’application de la loi et de l’ordre.

Ceux-ci, et bien d’autres encore, sont des exemples qui illustrent une stratégie politique cruciale pour l’État. Mener une guerre totale contre le mouvement anarchiste, dans le but de l’exterminer avant que le mécontentement social ne s’exprime dans la rue. Les dirigeants savent que le mouvement anarchiste a le potentiel d’agir comme détonateur dans les luttes sociales. Ils voient les flammes de l’insurrection se propager aux quatre coins du monde. Les inégalités sociales et de classe, qui sont le moteur fondamental du capitalisme, deviennent un nœud coulant à sa gorge. Il est maintenant largement admis que nous vivons dans une époque critique. Ceux qui se trouvent dans les centres du pouvoir politique et économique le savent bien. Cela fait partie de leurs discussions, lors de leurs rencontres dans les sommets et organisations internationales. A différents niveaux, politiciens, économistes et analystes cherchent constamment des moyens pour stabiliser un système politique et économique enlisé dans une crise toujours croissante.

C’est pourquoi l’attaque contre le mouvement anarchiste doit être considérée comme une bataille pour notre survie politique, comme une lutte acharnée pour assurer notre existence. Comme une guerre de libération avec une perspective révolutionnaire.

En concevant des stratégies et des tactiques ayant pour dénominateur central l’organisation et la lutte sur tous les champs de bataille, sociaux et politiques.

En comprenant l’histoire du mouvement auquel nous appartenons, les batailles qu’il a menées au fil des années, le sang versé par des dizaines de militant.e.s, dans la lutte pour la libération individuelle et collective. En comprenant que nous sommes résolument déterminé.e.s à ne pas être ceux/celles qui charrient la défaite, la résignation, le compromis, mais celles/ceux qui lèveront les bannières de la résistance et de la rébellion, les bannières de la guerre sociale violente dans la métropole.

Les ultimatums sont de retour…

Nous aussi célébrons le retour à la normale. Nous vivons maintenant dans un pays normal et nous mettons maintenant en place nos mécanismes comme il se doit. Nous remercions chaleureusement le ministre de la Protection du citoyen, Michális Chryssohoïdis, pour sa contribution à l’élargissement de notre lutte. La vérité est que ses déclarations sont plus incendiaires que nos feux. Mis à part le ridicule, comme le fait que notre guerrier est un opportuniste éhonté qui a commencé comme sa carrière politique en « socialiste » [au PASOK, le parti socialiste grec ; NdAtt.] et a fini ministre et symbole de l’État répressif de droite, tout discours et toute action contre nous va à notre grand avantage.

Comme première réponse à l’ultimatum de Chryssohoïdis, nous revendiquons les attaques incendiaires suivantes :

– sur le littoral d’Alimos [banlieue sud d’Athènes ; NdAtt.], en mettant le feu à un dépôt de yachts de luxe, nous avons symboliquement attaqué les divertissements huppés de l’élite économique. Pendant l’attaque, toutes les précautions ont été prises pour que personne ne soit en danger. Avec cette action, nous avons voulu exprimer notre rage à l’encontre de ceux qui vivent et s’amusent dans leur microcosme en profitant de ceux/celles qui sont exclu.e.s du luxe dont ils jouissent. Ils ignorent le fardeau disproportionné qu’ils infligent au monde naturel, tout comme ils ne font pas cas de l’oppression causée par le système de classe qui les favorise. Leur bouche est tachée de sang et mérite d’être perdue dans les flammes de l’insurrection.

– contre un véhicule d’une entreprise de sécurité privée à Peristeri [grosse ville de la banlieue ouest d’Athènes ; NdAtt.], puisque les vigiles anticipent la police privée du futur néo-libéral.

– contre le café-pâtisserie de Nikos Romanos, politicien de Néa Dimokratía : les cadres et les députés de Néa Dimokratía doivent savoir que la violence qu’ils infligent avec leurs politiques sera rendue.

– contre le domicile de Theodos Panos, chargé de la chronique policière chez Newsit [site internet d’information grec ; NdAtt.] : ceux qui constituent la voix de la répression et élaborent la propagande de l’État sont exposés et leurs domiciles sont connus.

Solidarité avec les prisonnier.e.s politiques
Solidarité avec les groupes et les structures de combat qui sont victimes d’attaques répressives
Solidarité avec l’anarchiste Kostas Sakkas, en grève de la faim.

L’anarchie vivra

Des groupes dispersés de hors-la-loi

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