Aurillac (Cantal) : Le festival de rue et ses tags…

La Montagne / Vendredi 31 août 2018

Ce n’est que leur deuxième jour d’intervention, mais la liste des demandes fait déjà trois ou quatre pages et concernent de nombreuses rues de la ville. « On en a pour plus de deux mois de boulot », estiment Bruno Lacombe et Logan Traissac. Selon ce dernier, les tags sont plus nombreux que les autres années. « Peut-être aussi qu’on a cette impression parce que le périmètre est plus étendu. Avant, ils étaient plus concentrés dans le centre », justifie-t-il. La priorité pour les agents ? « Les injures, les propos racistes, et tout ce qui porte atteinte à quelqu’un en particulier », expliquent-ils. Et il y en a plusieurs, sur les murs d’Aurillac. « Beaucoup concernent la police », précisent les agents.

Bâtiments publics ou privés, fenêtres, portes d’entrée, voitures, murs… Tout y passe, mais une certaine analyse du terrain est d’abord nécessaire. Les agents ne doivent pas être trop près des habitations trop tôt, pour le bruit. Ils doivent aussi jongler avec la circulation, et éviter d’intervenir trop près des voitures pour ne pas les abimer. « Heureusement, généralement, les gens sont compréhensifs ! », se réjouit Logan Traissac.

Certains tags sont aussi parfois plus difficiles à faire partir que d’autres, selon le support sur lequel ils sont inscrits. Plus l’intervention est rapide, plus elle est efficace, plus la peinture s’enlève facilement. Et pour l’éliminer, deux techniques.

La première s’applique à tout ce qui est maçonnerie, les agents utilisent une aérogommeuse et de l’archifine : la machine envoie un mélange de sable et de verre sous pression, qui pigmente le support et fait sauter la peinture. Sur du PVC, du fer et du bois « on fait tout à l’huile de coude, avec des produits chimiques », explique Bruno Lacombe. Tout ça, pour un résultat plus ou moins visible. « Ça ne revient jamais vraiment comme avant, regrette Logan Traissac. Parfois, c’est comme si on retaguait derrière eux ».

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Festival d’Aurillac : c’est non !

Indymedia Nantes / Vendredi 31 août 2018

À la mémoire du plus grand rassemblement de punk*es en France.

Imaginer le festival de théâtre de rue, à Aurillac ou ailleurs, comne une occasion informelle de se rencontrer l’été pour en faire à notre spontanée guise, et surtout sans programme pré-mâché pacificateur comme il est d’usage lors d’événements militants estivaux.

Par exemple: occupations sauvages des rues, manif toutes aussi sauvages, squats, cabanes, tracts, banderoles, graffiti, carnaval parallèle du seum, feux de joies, radio pirate pour les prisonniers, les idées fusent.

Parce que toujours plus de police et de vidéosurveillance pour fliquer le festival;

Parce que batucadas nocturnes pour mener le troupeau et la danse, sous la surveillance de la BAC;

Parce que les pauvres qui font leur numéro sans numéro ou autorisation se font de plus en plus rares;

Parce que les barrières sont en train de se pérenniser pour entrer en centre-ville, annoncent peut-être une future entrée payante: moyen définitif de sélection du public;

Parce que ces fumeuses barrières s’immiscent de plus en plus dans les rues du centre-ville pour délimiter des espaces réservés au spectacle;

Parce qu’un des pricipes du théâtre, c’est bien la barrière-frontière entre public et acteur.es;

Parce que public fait silence obéissant à acteur.es obéissant à scénario: trop fantastique pour l’ordre public;

Parce que public et acteur.es obéissant.es, c’est aussi ça la gentrification du festival;

Parce que gentrification du festival renforce processus de gentrification locale;

Parce que le spectacle de l’obéissance est à détruire.

Sans hésiter.

Ce festival 2018 fut affligeant à quelques rares exceptions près qui résonnent comme ces secrets qui font rigoler tout*e seul*e la nuit.

 

NdA: Les tags illustrant les deux articles ci-dessus ont été réalisés pendant la dernière édition du festival de rue d’Aurillac (source: La rue ou rien)

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