Quelques actes de révolte depuis des lieux d’enfermement

Prison de Fleury-Mérogis : Deux matons reçoivent ce qu’ils méritent

Le Parisien / mercredi 21 février 2018

Un surveillant a été gravement blessé au visage par une lame ce mercredi à la prison de Fleury-Mérogis. Mardi, un autre surveillant avait été étranglé dans la plus grande maison d’arrêt d’Europe. […]
Mardi, vers 14 heures, au bâtiment D3, un surveillant a été étranglé par un détenu. Le fonctionnaire venait lui annoncer son parloir. Sans raison ni tension préalable, le pensionnaire de la maison d’arrêt a saisi l’agent à la gorge en se jetant sur lui et a resserré son étreinte jusqu’à faire chanceler le surveillant. Tout de suite, l’alarme a été déclenchée et ce sont des collègues de la victime, arrivés en renfort, qui ont mis fin à cette attaque.

Ce mercredi, toujours au bâtiment D3, à l’ouverture de sa cellule, un détenu avance calmement, puis, arrivé à hauteur d’un personnel pénitentiaire, lui porte un coup de lame au visage, le coupant profondément de la tempe au menton. La victime a été conduite en urgence à l’hôpital. […]
Les syndicats appellent au blocage de l’établissement dès 6 heures ce jeudi. […]

*****

Evry : Il met le feu à la cellule du tribunal et de l’hôpital

Le Parisien / mercredi 21 février 2018

Il se présentait à l’audience correctionnelle ce mardi au tribunal d’Evry pour s’être évadé de son centre de semi-liberté. Détenu en attendant de comparaître, Marouane, 23 ans, patientait au « petit dépôt », ces cellules situées dans les entrailles du tribunal. Profitant que son escorte ne le regardait pas, vers 13 heures, le jeune homme a mis le feu à ses vêtements. La fumée a immédiatement envahi cet espace clôt. Plusieurs autres détenus ont été évacués vers d’autres salles d’attente. « Cela n’a pas perturbé l’audience », indique une source interne au tribunal.
Marouane, pas blessé mais légèrement intoxiqué par les fumées, a été transféré vers le centre hospitalier Sud-Francilien de Corbeil-Essonnes. Et, dans la nuit, il a cette fois incendié sa chambre sécurisée à l’hôpital, causant de légers dommages. « Il avait pourtant été fouillé par l’administration pénitentiaire », indique une source proche de l’enquête.

*****

Draveil (Essonne) : Au foyer on fait la fête… aux keufs

Le Parisien / mardi 20 février 2018

Des pensionnaires d’un foyer pour mineurs ont organisé une soirée alcoolisée au sein de l’établissement dans la nuit de lundi à mardi. La tension est montée à tel point que les éducateurs ont appelé la police. Cinq jeunes ont été interpellés.

Il est un peu plus de minuit au foyer d’action éducative de Draveil, dans la nuit de lundi à ce mardi. Plusieurs pensionnaires de ce centre pour mineurs placés par la justice en raison de leurs délits se sont enfermés dans une chambre et ont bloqué des accès de l’établissement. Ils s’organisent une soirée alcoolisée, insultent et menacent de mort les deux éducatrices.
Appelés pour rétablir l’ordre, les policiers arrivent sur place vers 1 heure. Les éducatrices essayent de leur ouvrir les portes du foyer judiciaire, mais les jeunes tentent de les en empêcher. Les fonctionnaires parviennent quand même à pénétrer dans la structure qui a été créée en 1972 et compte 12 places.
Là, ils font face à un groupe déterminé, prêt à en découdre. « Ils se sont mis en garde », indique un témoin. L’un des mineurs met un coup au visage d’un des policiers. Un autre s’empare d’un radiateur et tente de le jeter sur les agents. Un troisième mord le doigt d’un fonctionnaire et lui crache dessus. Cinq jeunes âgés de 16 à 17 ans sont finalement interpellés après usage du pistolet à impulsion électrique. Ils ont été placés en garde à vue.
« Les deux éducatrices ont été vues par un cadre dans les minutes suivantes, indique-t-on au sein de cet établissement spécialisé. Elles n’ont pas été blessées, mais ont été très choquées. »
Les deux employées n’ont pas cessé leur service pour autant. « Mais elles bénéficieront d’un soutien psychologique qui sera mis à leur disposition, reprend la direction de la structure. Ce sont de grandes professionnelles qui ont été jusqu’au bout de leur mission, avant de laisser les policiers prendre le relais. »
Malgré un public « difficile », les incidents au sein du foyer restent marginaux. En 2017, les forces de l’ordre sont intervenues à trois reprises seulement au 32, avenue Bellevue. […]

Les attaques sur les forces de l’ordre en constante hausse

En 2017, les agressions sur les policiers ont augmenté de 23 % par rapport à 2016. 835 attaques ont été recensées l’année passée en Essonne. Et 2018 démarre sur les mêmes bases. La rixe ayant opposé les fonctionnaires et des jeunes délinquants placés en foyer à Draveil mardi n’est pas un cas isolé. Au moins dix autres graves événements de ce type sont survenus en moins de deux mois :

Le 3 janvier, à Ris-Orangis, le pare-brise de la voiture de la police municipale est brisé par des projectiles. Le 8 janvier, à Corbeil-Essonnes, après un accident de la route, les policiers viennent gérer le trafic routier, ils sont caillassés. Un agent a la cheville fracturée par un pavé. Puis le 11 janvier, une pluie de projectiles s’abat sur une patrouille à Etampes.

Le 12 janvier, les rappeurs du groupe MGZ foncent sur un véhicule de la police municipale à Crosne. Ce même soir, à Brunoy, après avoir volé un utilitaire, un homme fonce sur une voiture de police qui lui faisait barrage. Deux fonctionnaires sont blessés. Le 13 janvier, les policiers sont attaqués à l’extincteur à Sainte-Geneviève-des-Bois puis caillassés. Le même jour, dix jeunes caillassent une voiture de police aux Tarterêts. Le 24 janvier à Corbeil, deux agents sont tabassés dans les étages d’un immeuble après avoir poursuivi des squatteurs de hall.

Le 1er février, sans raison, un homme tire sur les policiers à la gare de Vigneux-sur-Seine. Le 13 février, à Montgeron, un homme qui transportait du cannabis fonce délibérément sur une voiture de police qui était en travers de la route, avant de prendre la N 6 à contresens.

This entry was posted in Anticarcéral and tagged , , , . Bookmark the permalink.