Lille : Émeutes suite à la mort de deux jeunes pourchassés par les flics [MAJ]

NdAtt.: deux jeunes, Matisse et Salom, sont morts percutés par un train en tentant d’échapper aux flics qui les avaient pris en chasse; plus d’infos, à prendre au conditionnel, vu que ça vient des journaflics, en fin d’article

Europe 1 / Dimanche 17 décembre 2017

Une vingtaine de jeunes ont commis des dégradations et incendié cinq voitures samedi soir dans le quartier Saint-Maurice Pellevoisin à Lille, à proximité de l’accident de train qui a causé la mort d’un jeune, a-t-on appris auprès de la préfecture.
Samedi soir, autour de 23 heures, « une vingtaine de jeunes, très mobiles, ont manifesté, il y a eu des dégradations, des feux de poubelles et cinq véhicules incendiés », a indiqué dimanche une porte-parole de la préfecture du Nord. « Les incendies ont été rapidement circonscrits et il y a eu une interpellation », a-t-elle ajouté.

D’après la préfecture du Nord et selon les premiers éléments de l’enquête, vendredi soir, quatre jeunes auraient escaladé une grille pour prendre un raccourci et auraient ensuite marché sur les voies ferrées. Ils ont été percutés par un TER  reliant Lille à Dunkerque, à un peu plus d’un kilomètre de la gare de Lille-Flandres, non loin de la station de métro Caulier, dans cette partie populaire du quartier Saint-Maurice Pellevoisin. Un jeune de vingt ans est mort samedi après-midi, un autre de 18 ans est dans un état critique, un troisième a été blessé gravement sans que ses jours ne soient en danger. Le quatrième blessé a pu lui regagner son domicile samedi, selon le Samu de Lille.
Une enquête pour déterminer les causes de l’accident a été ouverte par le parquet de Lille, selon la préfecture. « Après le terrible accident survenu (…) à Lille, toutes mes pensées vont aux victimes ainsi qu’à leurs familles. Plus tard viendra le temps de l’enquête pour comprendre comment un tel drame a pu arriver », a écrit sur twitter Martine Aubry, maire de la ville.

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La voix du nord / Lundi 18 décembre 2017

Vendredi soir, 18 h 45, entre la gare Lille-Flandres et le quartier Saint-Maurice à Lille

Le TER Lille-Calais-Dunkerque quitte son quai avec environ 70 passagers à bord, dont trois agents de la Sûreté générale (la police de la SNCF). Au bout de quelques minutes, le convoi qui a atteint la vitesse de 80 km/h, donne un coup de sirène. Le conducteur vient d’apercevoir quatre silhouettes sur la voie. Il actionne l’arrêt d’urgence, mais ne parvient pas à éviter le choc. Quatre garçons âgés de 17 à 20 ans sont percutés. L’alerte est donnée, les agents de la Suge descendent les premiers et découvrent les quatre garçons, deux inanimés, deux conscients. L’un de ces derniers indique que lui et ses compagnons marchaient sur la voie pour prendre un raccourci. D’importants moyens sont vite sur place. Les pompiers doivent ouvrir un passage dans une haie avenue des Lilas à Saint-Maurice. Les quatre victimes sont évacuées : un blessé léger et trois grave, dont deux dans un état désespéré.

Samedi, décès d’une première victime et des violences à Fives

Samedi, en début d’après-midi, un premier garçon décède de ses blessures au CHRU. Il avait 20 ans. Dans le même temps, des internautes commencent à évoquer une autre théorie que celle du raccourci, affirmant que les quatre victimes auraient été poursuivies par la police juste avant les faits et se seraient réfugiées sur les voies. À 23h, des incidents éclatent place Caulier à Fives (d’où sont originaires trois des quatre garçons), à deux pas du lieu de l’accident. Au total, six voitures sont brûlées, d’autres dégradées.

Dimanche, décès d’une deuxième victime

On ne l’apprendra que lundi, mais dimanche, vers 16h30, un deuxième blessé en état désespéré, meurt à son tour. Il est âgé de 18 ans. Les médecins n’ont plus aucune crainte pour ses deux compagnons restants : l’un a pu regagner son domicile samedi, l’autre est toujours hospitalisé mais dans un état stable.

Lundi, première mise au point du parquet, et un hommage aux victimes le soir

L’enquête a été confiée à la Sûreté urbaine de Lille. Lundi, dans un communiqué, le procureur de la République Thierry Pocquet du Haut-Jussé réfute l’idée de toute intervention policière avant l’accident, indiquant que les vérifications effectuées « contredisent la rumeur  ». Mais, en soirée à Fives, Aurélien, l’un des victimes du TER soutient le contraire, évoquant la présence de policiers de la Bac.

Au même moment, une centaine de personnes se réunissent devant les parents des deux victimes Matisse et Sélom. Ces derniers appellent au calme et assurent vouloir mettre tout en œuvre « pour connaître la vérité ».

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