Vengeance pour Théo et les autres : ça continue (MAJ 14 février)

Sarcelles et Goussainville (Val-d’Oise): Incidents et flics caillassés

Le Parisien / mardi 14 février 2017

Une voiture de police municipale a été caillassée lundi soir à Sarcelles. Les faits se sont produits dans le quartier Pasteur. Des unités de la police nationale ont été appelés en renfort mais n’ont pas été prises à partie et aucun autre incident n’a été signalé.
Il n’y a pas de blessé à déplorer. Aucun dispositif particulier n’a été mis en place selon le maire (PS) de Sarcelles, François Pupponi. «Nous restons vigilants», a-t-il toutefois précisé.
A Goussainville, des heurts ont éclaté vers 21h15, avec des tirs de mortier en direction des forces de l’ordre, selon la préfecture. Un passant a été légèrement blessé par un débris de cocktail Molotov et transporté à l’hôpital de Gonesse. Les incidents ont pris fin à 22h40.

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Torcy (Seine-et-Marne) : Des équipements publics dégradés

Le Parisien / lundi 13 février 2017

« C’est signé », souffle un passant ce lundi midi en désignant le graffiti jaune et gris apposé sur un mur de l’Arche Guédon, à Torcy. Le message est explicite : l’inscription « pour Théo », le jeune habitant d’Aulnay-sous-Bois victime de violences policières jeudi 9 février, orne le dessin représentant un postérieur et une matraque. L’inscription anti-police est sans équivoque.
Dimanche, vers 22h30, d’importantes dégradations matérielles sur des équipements publics ont été commises aux abords de la Place des Rencontres, en pleine zone de sécurité prioritaire (ZSP). Outre le tag injurieux envers la police, dix baies vitrées de l’Office municipal d’animation de la cité (Omac) ont été caillassées. Après avoir forcé la porte principale, les casseurs ont gagné le premier étage. Le hall a été incendié et complètement détruit mais, par chance, les salles n’ont pas été touchées grâce aux portes coupe-feu. Les pompiers sont parvenus à éteindre le feu dans la nuit mais les épaisses fumées ont noirci les murs.
La Ville a porté plainte. « Nous ressentons de l’amertume et un peu de colère. On fait tellement pour ce quartier ! L’Omac est un lieu de convivialité de regroupement pour la jeunesse, les familles et les associations. Nous ne comprenons pas… », se désole Michel Vermot, adjoint au maire délégué à l’habitat et à l’urbanisme. Le montant des dégradations, qui incombera à la commune, n’a pas encore été évalué.

Des vitres de la direction du réseau des médiathèques, à quelques dizaines de mètres de là, avaient été brisées juste avant, ainsi que celles d’un véhicule de la télévision locale Canal Coquelicot. C’est finalement une alarme qui a mis les vandales en fuite. Plusieurs « individus » ont été aperçus par les policiers de la brigade anticriminalité, mais ils se sont enfuis dans les dédales piétonniers et personne n’a été interpellé. Il n’y a pas eu de heurts avec la police. « Nous restons en alerte », indique une source policière. « Dimanche, je suis resté jusqu’à 4 heures du matin. Les jeunes ne sont pas revenus nous menacer. Nous avons sécurisé les lieux », poursuit Michel Vermot. Le commissariat de police de Noisiel mène l’enquête.
Sur place, ce lundi, des agents communaux de Torcy et de l’agglomération Paris-Vallée-de-la-Marne nettoyaient les dégâts. Les riverains de l’Omac se montraient très affectés, tout comme les adultes relais et médiateurs de rue, présents sur le secteur tout au long de l’année. « Je comprends la colère des jeunes mais ce qu’ils ont fait là ne sert à rien », commente une mère de famille. [à propos des mère pacificatrices, lire ci-dessus; NdAtt.]

[…] A Melun, plusieurs conteneurs à détritus ont été brûlés dans la nuit de dimanche à lundi, dans le quartier de l’Almont. Le même quartier où ont eu lieu des jets de projectiles sur les pompiers et des feux de poubelles, deux nuits plus tôt. Trois véhicules ont été brûlés, cette même nuit du vendredi au samedi, sur un parking, le long de la D 605.
À Roissy-en-Brie, une trentaine de personnes se sont rassemblées avenue Panas, vendredi soir, avec barricades et jets d’engins enflammés. Les policiers ont utilisé des lanceurs de balles de défense en réponse aux attaques, mais ne font aucun lien avec l’affaire Théo. Il n’y a eu aucune interpellation.

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Ah, les mamans (républicaines), cet ultime rempart de la pacification sociale…

extrait du Monde / mardi 14 février 2017

Elles sont quasiment absentes de l’espace public. Mais omniprésentes en coulisses. Elles, ce sont les femmes, les mères, les « daronnes », les piliers du quartier. « Si on ne les avait pas écoutées, la cité se serait enflammée », assure Abdel, 20 ans, étudiant en gestion, un bonnet noir vissé sur la tête. […] « La colère des jeunes envers la police s’accentue d’année en année. L’affaire Théo, c’est la goutte d’eau qui risque de détruire des années de travail », s’inquiète Aïssa Sago, 46 ans, mère de cinq enfants, adjointe du maire (LR) d’Aulnay-sous-Bois et fondatrice, en 2000, de l’Association des femmes relais (médiation sociale) [sa photo ci-contre; NdAtt.]. Avec les mères de famille du quartier, elle partage une même obsession : s’assurer que le scénario de 2005 – l’embrasement des quartiers – ne se reproduise pas. Les signes sont inquiétants, mais elles se sentent mieux organisées, moins seules. […]

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Les Ulis : Des cocktails Molotov contre le commissariat

Le Parisien / lundi 13 février 2017

Le commissariat des Ulis (Esonne) a été attaqué dans la nuit de dimanche à lundi, tandis que des violences urbaines ont aussi été perpétrées dans le Val d’Oise et en Seine-Saint-Denis. Les dégradations du poste de police ont duré une bonne partie de la nuit. Trois voitures des forces de l’ordre ont été détériorées. Tous les effectifs de police de nuit du département ont été mobilisés.
Selon nos informations, trois vagues successives d’attaque du commissariat des Ulis ont eu lieu, entre 23h30 et 4h du matin. Une vingtaine de personnes auraient jeté des cocktails Molotov et pierres sur l’édifice public. Plusieurs voitures de particuliers ont également brûlé à cause des cocktails Molotov.

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Argenteuil : Emeute

Le Parisien / dimanche 12 février 2017

Une échauffourée au cours de laquelle un chauffeur de bus a été blessé. Après Bobigny samedi, c’est à Argenteuil (Val-d’Oise) que de violents incidents se sont produits ce dimanche soir, au lendemain du rassemblement organisé pour Théo et qui a dégénéré en Seine-Saint-Denis. La police a procédé à 11 interpellations.
Vers 17 heures, une cinquantaine de jeunes se sont rassemblés dans le quartier du Val d’Argent nord, autour de la Dalle. Ils répondaient ainsi à un appel diffusé sur Facebook, incitant à reproduire les violences de 2005 : « 17 heures dimanche sur la dalle à la ZUP venez nombreux même si vous êtes pas d’Argenteuil. Venez équiper et capucher y’a des caméras. En masse et foutez le zbeul. #Adama #Théo. La France comme en 2005 », peut-on lire sur le réseau social. « On a vu arriver une trentaine de jeunes cachés derrière des écharpes avec des barres de fer. Il y avait des bidons avec de la fumée renversés par terre », témoigne une habitante du quartier du Val d’Argent Nord, désignant le lieu du rassemblement au niveau de la rue Jean-Lurçat. Rue où des véhicules ont été touchés par des départs de feux.
Plus loin, au pied de la Dalle, des poubelles encore fumantes étaient renversées. Des grilles et des pavés de chantier gisaient au sol en plein milieu de la route. Les pompiers sont arrivés vers 17 h 30 suite à un feu de poubelle rue de la Bérionne. Un chauffeur de bus Lacroix a été blessé à la tête suite au jet de pavés sur son véhicule près de la gare du Val d’Argenteuil, où s’est déplacé le rassemblement. Ce dernier a été transféré à l’hôpital d’Argenteuil.
« Il y avait plein de monde, des fumigènes, c’était dingue ! » raconte une habitante qui a tout vu depuis sa fenêtre. « Ils se sont déplacés vers le Simply Market et puis les policiers ont bloqué les routes », ajoute-t-elle. Lorsque les policiers sont arrivés, une dizaine de voitures avec à leur bord de potentiels émeutiers se sont éparpillées à toute allure.
Peu avant 19 heures, les secteurs du Val Nord et de l’hôpital étaient quadrillés par les forces de l’ordre. Des CRS équipés de flash-ball et de boucliers empêchaient encore les riverains de monter sur la Dalle. Des dizaines de camionnettes et voitures de police étaient stationnées le long de la gare. Le calme est finalement revenu un peu avant 19 h 30. Mais la tension se faisait encore ressentir auprès de quelques groupes de jeunes disséminés ici et là.
« C’était violent, ils ont tiré au flash-ball, certains ont bien été amochés », témoigne un jeune qui rentrait chez lui, seul. Certains participants ont pu être identifiés grâce aux caméras de vidéosurveillance. Onze suspects, dont huit mineurs, ont ainsi été placés en garde à vue, selon la préfecture. Tous originaires d’Argenteuil.
Si au début des événements 90 policiers ont été mobilisés, les effectifs sont montés en puissance au fil de la soirée. Les forces de l’ordre devaient continuer à quadriller la ville une bonne partie de la nuit pour éviter de nouveaux débordements.

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Nanterre : police caillassée, abribus et vitrine dégradés

Le Parisien / lundi 13 février 2017

l semble bien que le coup de chaud dans le quartier Pablo-Picasso, à Nanterre, dimanche soir, allonge la liste des incidents recensés ces derniers jours après la violente interpellation de Théo à Aulnay-sous-Bois, le 3 février dernier. Dans cette cité connue pour le trafic de stupéfiants – donc habituée à ne pas faire de vagues – une vingtaine de jeunes gens s’en sont pris à une voiture de police en la caillassant, ont détruit deux abribus et la porte vitrée du bureau de poste du quartier. Des murs ont aussi été tagués. « J’ai vu les inscriptions avant qu’elles ne soient nettoyées, témoigne une riveraine ce matin. C’était écrit police = violeur (sic), et Je suis Théo.»
Les incidents ont eu lieu vers 23 h 15. Les forces de l’ordre patrouillaient dans le secteur quand une voiture s’est trouvée face à un « attroupement armé » – des garçons munis de morceaux de bois notamment – puis encerclée. Et ciblée par des jets de projectiles qui l’ont endommagée. Mais personne n’a été blessé. Les fauteurs de trouble ont aussi attaqué les abribus et la vitrine de La Poste. Le groupe qui s’en est pris à la police a manifestement réagi au passage de la patrouille ; il n’y aurait pas eu de guet-apens.

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Yvelines : Ça chauffe là aussi

Le Parisien / lundi 13 féverier 2017

Les Yvelines ne sont pas épargnées par la montée de la tension dans les quartiers sensibles. Durant la nuit de dimanche à lundi, les feux de poubelles et agressions envers les forces de l’ordre se sont multipliés.
Huit feux de poubelles ont été allumés à Trappes, Achères, Mantes-la-Jolie et Sartrouville. Quatre voitures ont été incendiées à Limay, aux Mureaux et à Viroflay. A Sartrouville, vers 17 heures, un adolescent de 15 ans a été interpellé après avoir insulté un policier qui contrôlait l’identité d’un groupe de jeunes gens avenue Georges-Clemenceau.
A Mantes-la-Jolie, vers 21 h 30, les policiers ont été pris à partie rue Fragonard par une soixantaine de jeunes après avoir été appelés pour assurer la sécurité des pompiers venus éteindre un feu de poubelle. Dans le quartier plongé dans l’obscurité, les forces de l’ordre ont essuyé des pierres et d’un cocktail Molotov. Ils ont répliqué avec leur flash-ball et leur lanceur de grenades assourdissantes, tirant trente-neuf fois pour se défendre. Un fonctionnaire a été blessé au tibia. Aucune arrestation n’a pu être réalisée. Dans la soirée, la patrouille de policiers a essuyé des projectiles à plusieurs reprises dans le même secteur.

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