Bobigny (Seine-Saint-Denis) : Évasion spont, presque réussite

Le Parisien / jeudi 24 novembre 2016

[…] Mercredi soir, juste après l’énoncé de sa condamnation à cinq ans de prison — le parquet en avait requis sept — un homme a tout simplement tenté de se faire la belle. Il était jugé, avec deux autres prévenus, pour une affaire d’escroquerie en bande organisée et comparaissait détenu, puisqu’il purge actuellement une autre peine. Il n’a été rattrapé qu’à l’extérieur du tribunal, par un brigadier du dépôt qui courait plus vite que lui.

Il était 21 h 45, se souvient un témoin présent dans l’enceinte du tribunal ce mercredi soir : « Une avocate, les yeux rougis par le gaz lacrymogène, a dit à un policier de monter aider ses collègues ». Le détenu avait déjà réussi à sortir du box de la 15e chambre, situé ce jour-là dans une salle du bas, en descellant la vitre du box. Il a ensuite rejoint l’escalier central pour monter la vingtaine de marches qui mènent à l’entrée du tribunal. Lancés à sa poursuite, deux majors de police âgés d’une cinquantaine d’années — des policiers du dépôt qui assurent les escortes de prévenus. Un corps à corps s’en est suivi, le prévenu tentant même de s’emparer de l’arme du fonctionnaire. C’est alors qu’est intervenu un complice. « Un homme est intervenu auprès des policiers, disant Je vais le calmer mais en fait, c’était un proche de celui qui tentait de s’évader. Il a poussé les policiers, et permis à l’autre de partir », raconte encore le témoin.

Un troisième fonctionnaire est alors arrivé à toutes jambes depuis la salle d’assises du bas, où se tient le procès-fleuve d’un ancien capitaine de l’armée rwandaise, rejugé en appel pour complicité de génocide. L’audience venait de s’achever pour la journée, le policier terminait son service… Ce quinquagénaire a pu confirmer sa réputation de sportif, féru de course à pied. « Il y avait du gaz lacrymogène partout, mais il a réussi à rattraper le fuyard sur le parvis extérieur », explique une source au tribunal. D’une « balayette », il a fauché le fuyard, ensuite menotté au sol. Des renforts sont alors arrivés.

Le fuyard a été reconduit au dépôt et s’expose désormais à un nouveau procès pour évasion. Le proche qui l’aurait aidé à s’enfuir s’est volatilisé par l’escalier menant à l’avenue Paul-Vaillant-Couturier. La scène aurait été en partie filmée par un jeune homme. Les deux majors intervenus en premier ont été conduits à l’hôpital pour subir des examens. En juin dernier, un jeune homme a été condamné à 15 mois de prison ferme, pour avoir lui aussi tenté de fuir, en pleine audience. Jugé dans une affaire de stupéfiants, il avait bondi hors du box, armé d’un couteau artisanal. Ces tentatives d’évasion attisent le sentiment amer, parmi les policiers du dépôt, d’être en sous-effectifs.

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