Poitiers-Vivonne : Révolte au Centre pénitentiaire

France Bleu / lundi 12 septembre 2016

CP POitiers Vivonne 12 9 2016Durant près de six heures lundi soir, la prison de Vivonne a été le théâtre d’une mutinerie, menée par une cinquantaine de détenus qui ont mis le feu au deuxième étage d’un bâtiment. Le calme est revenu vers 23h, après l’intervention de forces spécialisées.
Le calme est revenu ce lundi soir vers 23h, après l’intervention de forces spécialisées à la prison de Vivonne, près de Poitiers. La mutinerie  a débuté à 17 heures .Une cinquantaine de  détenus ont mis le feu à un bâtiment de ce centre pénitentiaire, qui compte à la fois un centre de détention et une maison d’arrêt. Une dizaine de cellules ont été détruites. Ce mardi matin, deux  détenus sont placés  placés en garde à vue. La mutinerie serait partie d’une permission de sortie refusée à un détenu.

Vers 17h00 deux détenus  libérables en 2018 et 2019, et condamnés pour trafic de drogue pour l’un et violence volontaire pour l’autre, ont  bousculé un surveillant, et attrapé son trousseau de clefs. Ils ont alors ouvert les portes des cellules. Environ cinquante prisonniers se sont barricadé et ont mis le feu à leur étage, et  à plusieurs coursives.
Une épaisse fumée noire s’est alors échappée des bâtiments, et une odeur âcre se faisait sentir aux alentours. Le bâtiment concerné abrite 180 détenus, sur environ 600 prisonniers incarcérés à Vivonne.
Les pompiers et les forces de l’ordre ont mobilisé des moyens importants. Une cellule de crise a été mise en place. Il aura fallu l’intervention de l’ ERIS de Bordeaux et Rennes (équipe régionale d’intervention et de sécurité) pour mettre fin à la mutinerie. 1 en permettant à la centaine de pompiers de progresser dans le bâtiment et d’éteindre les 3/4 foyers. 2 en reprenant au fur et à mesure le contrôle des cellules. Le bilan fait état d’une dizaine de personnes prises en charge (détenus et gendarmes) pour avoir inhalé de la fumée. Un détenu plus gravement atteint a été victime d’un malaise cardiaque. […]

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Quelques collabos de l’enfermement

NdAtt. : Le Centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne, conçu pour enfermer 562 personnes, a été projeté par le Groupe Synthèse Architecture et Alain Derbesse Architecture et construit en 2009 par la société Thémis, filiale du groupe Bouygues.
Le CP est géré, selon un Partenariat Public-Privé, par la societé Gepsa (filiale d’Engie), en association avec Eurest et… la même Thémis.

Voici quelques adresses :

Groupe Synthèse
35-37, rue Bertholet
94110 – Arcueil
tél. : 0149691850

Derbesse Delplanque architectes
3, rue Decrès
75014 – Paris
tél. : 0156801420

Thémis FM
72, avenue Jean Baptiste Clément
92100 – Boulogne-Billancourt

Gepsa
8-10, rue Henri Sainte Claire Deville
92563 – Rueil-Malmaison
tél. : 0147103240

Eurest
Immeuble le Carat
200, avenue de Paris
92320 – Chatillon

Engie et Boygues : ils ont des chantiers, des magasins et des voitures à tous les coins de rue, dans toute la France…

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Le Parisien / lundi 12 septembre 2016

poitiers vivonne 12 9 2016Une mutinerie d’une cinquantaine de détenus pendant près de six heures, sans otage, et sans blessé confirmé à ce stade, a été maîtrisée lundi soir à la prison de Vivonne, près de Poitiers (Vienne), après intervention des forces spécialisées.
« Aucun personnel n’a été blessé » et, « en l’état actuel, aucun détenu n’a été hospitalisé », a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué, précisant que les équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS) et la gendarmerie nationale « sont intervenues vers 20h30, prenant le contrôle du 2e étage » du centre pénitentiaire. De source pénitentiaire distincte, on précise que la situation avait été maîtrisée vers 22H15.
La mutinerie avait débuté vers 17H00, lorsque des détenus « sont parvenus à s’emparer du trousseau de clés du surveillant d’étage, qui a pu s’extraire de la coursive et n’est pas blessé », a indiqué le ministère. A cet étage, hébergeant une cinquantaine de prisonniers, « des détenus ont alors provoqué un départ d’incendie, entraînant d’importants dégagements de fumée ».
De source syndicale pénitentiaire, on indique que l’incident aurait eu comme origine le refus de permission de sortie à un détenu, qui s’est rebellé, et a entraîné d’autres détenus dans son mouvement.
« Deux détenus ont bousculé un surveillant et ont réussi à lui subtiliser son trousseau de clefs, ce qui leur a permis d’ouvrir toutes les cellules » du deuxième étage du bâtiment, a expliqué à l’AFP Emmanuel Giraud, délégué régional du syndicat FO pénitentiaire pour la Nouvelle-Aquitaine. Après avoir « mis le feu aux coursives et à l’atrium » (le rond-point central), des détenus « ont tout cassé à l’intérieur », a indiqué le syndicaliste.
L’incendie, touchant un étage d’un bâtiment qui en compte trois, a été maîtrisé, vraisemblablement arrosé de l’extérieur par les pompiers qui n’ont pas eu accès au foyer, mais ont « évacué les quelques détenus présents au troisième étage pour les protéger de la fumée ».
Aucun blessé parmi les détenus n’a été confirmé de source officielle dans un premier temps lundi soir, mais un plan « nombreuses victimes » avait été déclenché dans l’éventualité de victimes d’intoxications.
Le nombre exact de participants actifs était impossible à déterminer lundi en fin de soirée, mais six détenus s’étaient rendus peu avant 20H00, soit parce qu’ils se désolidarisaient, soit qu’ils avaient été incommodés par les fumées, a-t-on précisé de source syndicale.
A la suite de l’intervention des forces ERIS, « les détenus à l’origine du mouvement ont été placés en garde à vue », a précisé le ministère de la Justice, sans qu’un porte-parole puisse en préciser dans un premier temps le nombre exact. « Les autres ont été évacués vers le gymnase » de la prison.  Des poursuites judiciaires devraient être engagées à mesure de l’éclairage sur la responsabilité des participants, a-t-on précisé au ministère.
Une demi-douzaine de véhicules d’unités d’intervention spécialisées ERIS, basées à Bordeaux, étaient arrivées en début de soirée sur le site, ainsi qu’une dizaine de véhicules de gendarmes mobiles et des équipes du SAMU. La préfecture avait établi une cellule de crise à l’intérieur du centre pénitentiaire.

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