EPM d’Orvault (Nantes) : Débuts d’incendies et riposte physique dans la taule pour mineurs

Breizh-info / dimanche 26 avril 2015

EPM orvaultLe 10 avril, trois feux de cellule avaient eu lieu à Nantes dans les geôles de l’Hôtel de Police, à l’établissement pénitentiaire pour mineurs d’Orvault (EPM) – un établissement notoirement difficile – et à la maison d’arrêt. Ces incidents ont eu une suite inattendue : le 24 avril deux feux de cellule ont éclaté dans l’EPM d’Orvault et un troisième a été empêché de justesse.

Le premier feu a été constaté vers 21 heures, le détenu avouant avoir allumé le feu sans en donner le motif. Quelques minutes plus tard un autre feu se déclare dans une autre cellule de la même unité où un détenu a mis le feu à ses vêtements et à d’autres objets inflammables. Peu après un troisième incendie a été évité de peu – le détenu ayant déjà fait un tas de vêtements sur son lit. Pour venir à bout des tensions, le personnel pénitentiaire a été épaulé par les pompiers et l’ERIS (Equipes Régionales d’Intervention et de Sécurité), une sorte de GIGN de la pénitentiaire dont les agents sont habitués à intervenir lorsque les prisons sont au bord de l’explosion.

De source proche du dossier, il est plausible que les détenus incendiaires – bien emmitouflés avec plusieurs épaisseurs de vêtements – s’étaient concertés et pouvaient avoir l’intention de faire une mutinerie ou d’en découdre avec le personnel.

Le syndicat FO-Pénitentiaire, qui n’a cessé de dénoncer les multiples agressions sur le personnel pénitentiaire qui émaillent le quotidien de l’établissement depuis son ouverture, pointe une fois de plus le sous-effectif : « il n’est plus possible de fonctionner aujourd’hui avec les moyens d’un quartier mineur de maison d’arrêt ». Par ailleurs ils pointent aussi l’indisponibilité croissante – du fait des coupes budgétaires – des éducateurs présents dans les EPM et qui aident à faire baisser la tension entre détenus et encadrement.

Une surveillante copieusement insultée et frappée par un jeune détenu

Agressions, incidents divers, feux de cellule… le quotidien de l’EPM d’Orvault n’est en effet pas un long fleuve tranquille, pas plus que celui d’autres prisons bretonnes souvent au bord de l’explosion. Le 23 avril encore, un mineur raccompagné après des activités par une surveillante l’a copieusement insultée puis l’a violemment frappée au moment de réintégrer sa cellule. Il a été mis à l’isolement suite à ces faits.

A l’époque de son ouverture en 2008, l’EPM d’Orvault était censé être un établissement modèle pour jeunes détenus en situation de réinsertion. Bien plus confortable que les autres prisons (60 places sur 1.5 hectare), il dispose notamment d’un terrain de sport et d’un gymnase. Mais force est de constater que du fait notamment de l’évolution des pratiques judiciaires, les mineurs ne sont condamnés à de la prison ferme que pour les infractions les plus graves et ce sont donc souvent des profils difficiles qui se retrouvent concentrés dans cet établissement.

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