Aux abords du col de l’Escrinet, point culminant de la route qui assure la liaison entre Privas et Aubenas; une antenne relais, une grappe d’ édifices d’inspiration militaire, une clôture de trente pas par trente pas, des logos bien connus, Bouygues, SFR, Free, Orange.
C’est là que nous décidons d’attaquer, là où sont concentrées les technologies nécessaires à la couverture de milliers de foyers en téléphonie fixe et mobile, en TV et Radio. Là où nous pouvons provoquer une syncope temporaire dans l’écoulement frénétique des informations et communications.
Le décervelage cathodique, l’abrutissement radiophonique ou l’aliénation profonde occasionée par les téléphones nous sont intenables. Nous faisons ici l’économie d’une critique argumentée des médias car leurs ravages manifestes obligent plutôt les imbéciles à les défendre qu’à nous de les condamner. Nous ne caressons ni l’illusion de démanteler les entreprises imputables de l’intoxication des consciences ni l’espoir de déclencher un réveil desdites consciences. Si certaines personnes se réjouissent de ce court répit dans l’enfer communicationnel tant mieux, les autres, on les emmerde. Qu’elles continuent à payer leurs abonnements, à acheter de nouveaux écrans, à mettre des tablettes dans les mains des enfants. Nous ne nous battons pas pour elles, au contraire, elles font partie du problème.
Partant du constat que la technostructure qui nous enchaîne est omniprésente, nous pouvons la saboter partout, tout le temps. En nous lançant témérairement à l’assaut de ses forteresses et/ou en perforant les points faibles et sensibles de ses remparts. Nous ne postulons aucune préférence stratégique, l’essentiel est d’attaquer. Tout ce qui peut nuire à la normalité mortifère de cette société qui nous a vu naitre par erreur peut être tenter. Avec ténacité.