Annuaire utile du marché de l’insertion et du contrôle des allocataires

Indymedia Lille / lundi 11 mai 2026

Le marché de l’insertion est en plein essor pour permettre aux entreprises tout comme à France Travail de se faire de l’argent sur le dos de ceux qu’ils veulent mettre au travail : de belles enveloppes sont promises aux entreprises qui sous-traitent avec France Travail, et cette dernière a d’autant plus de billes pour obliger les allocataires à aller s’aliéner dans des travaux mis à la sauce formation/compétence à bas coût, car sinon, risque de sanctions sous la forme de suspension des allocations. Il est hors de question que nous nous laissions faire, c’est pourquoi nous avons jugé utile de publier un document répertoriant les noms et adresses du réseau actuel de la mise au travail des chômeurs et allocataires RSA. Enrayons notre insertion plutôt que de nous adapter au marché du travail !

Brève explication de la manière dont l’État via France Travail et ses sous-traitants entend nous foutre au taf (ou nous le faire mimer) :

C’est toujours la CAF qui verse les minima donc c’est toujours elle qui appliquera la sanction sur demande de France Travail, par contre ce qui change c’est que ce n’est désormais plus seulement elle qui via un contrôle se rend compte qu’elle doit sanctionner, c’est France Travail, et c’est à ce moment là qu’interviennent les sous-traitants. En effet, afin de nous « rapprocher de l’emploi » ou pire de nous en trouver un, France Travail va nous envoyer faire des formations ou des ateliers qui sont censés correspondre aux demandes des entreprises. Pour ce faire France Travail va faire appel à des sous-traitants souvent spécialisés dans l’insertion ou la formation professionnelle comme les groupe Proman Expansion, Alixio ou Manpower. Ces formations qui visent plus à l’obtention de « compétences » plutôt qu’à l’acquisition d’un savoir-faire permettent dans un même temps aux formateurs d’évaluer notre « savoir-être » avec pour objectif de déterminer si l’on est apte au travail en entreprise (grosso modo si on a envie de bosser ou pas). La forme que prennent ces formations semble assez variée : il peut s’agir de cours, d’ateliers, ou de RDV (en physique ou non). S’en absenter peut entraîner des sanctions (la « suspension-remobilisation ») ; ce sont donc ces soustraitants qui vont transmettre à France Travail le fait qu’on n’ait pas respecter nos obligations, puis France Travail le transmettra à la CAF qui appliquera ensuite la sanction. Le fait de se révolter contre les sous-traitants (qui ne sont d’ailleurs sûrement pas habitués à être pris pour cible) peut permettre de mettre plus de pression sur France Travail et, espérons, de lancer un mouvement contre la mise au travail, le travail, et le travaillisme.

Nous pouvons élargir la question de la sous-traitance de France Travail à des dispositifs publics tels que les GRETA (groupements d’établissements spécialisés dans la formation continue des adultes, dépendant du ministère de l’éducation nationale) mais aussi aux lycées professionnels (les GRETA ont parfois même leurs locaux dedans). Ce qui vise actuellement les chômeurs et RSAstes pourrait s’étendre aux lycées pro, avec une inscription automatique à France Travail à la fin du lycée si l’élève n’a pas trouvé d’entreprise. Les lycées pro ont de toute façon déjà un savoir faire dans le fait de mettre à disposition des entreprises une main d’œuvre pas chère…
Dans cet annuaire sont également inscrits les sous-traitants qui conçoivent les « questionnaires » – interrogatoires liés au contrat d’engagement. Le flicage de l’allocataire commence bien souvent dès le RDV préalable à la signature du contrat d’engagement, et pendant la signature dudit contrat on doit répondre à des questions sur son parcours, ses projets (et on sent bien qu’il faut dire qu’on en a un). Les réponses données permettent de nous orienter vers différentes structures qui sont censées être les plus adaptées. Tout ce qu’on raconte dans ces entretiens se retournera contre nous, comme chez les flics. Ce sont également ces mêmes sous-traitants qui vont concevoir les ateliers France Travail destinés aux chômeurs et RSAstes.Plusieurs de ces sous-traitants sont organisés en réseaux qui interviennent dans plusieurs régions ou font partie de groupes qui sont présents partout en France. Ils partagent aussi parfois le même bâtiment avec d’autres sous-traitants (ex : la tour britannia à Lyon qui concentre Aksis, Alixio, et le BGE local).

Ces mêmes sous-traitants ont plusieurs pieds dans la misère sociale puisqu’ils effectuent bien souvent aussi des missions pour le CCAS (c’est le cas à Nantes), et certains participent également à la machine à expulser en dispensant des formations en langue française nécessaires à l’obtention de titres de séjour ou de naturalisations alors que depuis 2026 il y a désormais une obligation de résultat et plus seulement une obligation de formation.
Le flicage informatique s’organise dans les DSI (Direction des Systèmes d’Information ) de France Travail qui possède 12 sites en France. Contrairement à la CAF, France Travail a fait appel à des sous-traitants (principalement Capgemini) pour développer son flicage informatique ce qui le rend relativement dépendant vis à vis d’eux. Cette dépendance est peut-être une faiblesse dont nous devrions profiter ! En 2025 Capgemini a par exemple obtenu ce genre de marché : « Dans les domaines de la conception, du développement, de test et d’intégration d’applications, • De support au développement, • De gestion des environnements, • De l’ingénierie des systèmes, du réseau, de la
téléphonie, de la sécurité, du poste de travail ainsi que des activités de support dans ces domaines.
L’objet du marché inclut les prestations liées à la veille sur les innovations et la réalisation d’expérimentations et de preuves opérationnelles de concepts innovants. »
Cela englobe probablement le fait de mettre à jour et/ou de faire la maintenance des différents outils utilisant l’algorithme de France Travail.

On retrouvera également dans cet annuaire les CARIF OREF et les AFPA qui, s’ils n’apparaissent pas comme sous-traitants pour le moment, disposent néanmoins de locaux qui peuvent être utilisés par d’autres sous-traitants de France Travail.
Dans une autre partie sont listés les marchés et les sous-traitants qui s’adressent aux entreprises afin d’identifier le besoin en main d’œuvre ou ce qui les empêche de recruter. Ces sous-traitants permettent à France Travail d’envoyer des formations aux RSAstes/chômeurs en fonction de ce que ces derniers ont pu déclarer à leur agence. C’est ce qui rend ensuite possible la justification de leurs possibles sanctions quand les allocataires n’y vont pas, puisque ces sous-traitants avancent qu’il y aurait une demande précise de la part des entreprises qui conviendrait aux différents profils.
Le groupe Proman Expansion, l’un des plus gros sous-traitants, a d’ailleurs obtenu plusieurs de
ces marchés. France Travail investit beaucoup d’énergie et d’argent à prouver qu’il y a un travail qui existe et évidemment qu’une entreprise qui fait tout pour faire en sorte que les gens soient aptes au travail est ravie de l’y aider.
C’est l’idéologie du travail qui permet à ces entreprises d’exister et de prospérer ainsi qu’à France Travail de toujours plus fliquer et sanctionner ceux qui refusent le travail et son idéologie.
L’absence de lutte contre le travail a laissé ouvert un boulevard aux développements et aux renforcements des mesures de mise au travail. La sous-traitance se développe massivement partout en France, et pas seulement dans les régions test des 15H de travail hebdomadaires obligatoires pour les RSAstes et chômeurs. C’est l’absence d’opposition qui fait que les agences France Travail et régions osent utiliser ces outils et réseaux.

Alors… à toutes fins de lutte anti-travailliste utiles, voici ci-après l’annuaire !

 

Pour télécharger la brochure, cliquer ici

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