Saint-Just-en-Chaussée (Oise) : S’en prendre à qui nous enchaîne et nous exploite (MAJ 6/02)

L’Observateur de Beauvais / mercredi 18 décembre 2019

Le réveil a été rude, ce mercredi 18 décembre au matin, pour les représentants de plusieurs institutions de Saint-Just-en-Chaussée : certaines d’entre elles ont été la cible d’actes de vandalisme, dans la nuit de mardi 17 à mercredi 18 décembre.
Un véhicule de la Police municipale de la Ville a été dégradé, la porte vitrée de l’entrée de la mairie également, le volet des locaux de la Police municipale a aussi été touché. Une voiture de la Mairie de Paris, stationnée sur la Place Théron, a été incendiée, et le feu s’est propagé à un véhicule appartenant à la mairie de Saint-Just. Rue de Montdidier, la porte vitrée des services des Finances publiques a été touchée par deux impacts. L’agence du Crédit Agricole, située tout près de la mairie, a vu sa vitrine prise pour cible également et son distributeur automatique de billets est hors service. […]

« C’est quelqu’un qui s’attaque aux institutions, est convaincu le maire de Saint-Just, Frans Desmedt, qui souhaite toutefois insisté sur le caractère sporadique de ces faits : Ce sont des faits isolés mais je ne laisserai pas passer ça« . Rien que pour les actes contre la mairie, le maire évalue le préjudice à une somme variant entre 30 000 et 40 000 euros.

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Mise à jour du 6 février 

« Haine envers l’administration »

actuOise / jeudi 6 février 2020

Dans la nuit du 17 au 18 décembre, Y. D., 38 ans, se livre au saccage du centre-ville de Saint-Just-en-Chaussée (Oise). Cet ancien fonctionnaire territorial qui a assigné, sans résultat, la mairie qui l’a employé jusqu’en 2016, devant le tribunal administratif, se défend pourtant d’en vouloir à l’administration.
Un témoin assure l’avoir vu, vers 17 heures, vociférer en passant devant la mairie. Cette dernière va recevoir la visite d’un homme portant des baskets à bande noires et porteur d’une capuche qui cache son visage, au cours de la nuit.
La caméra de vidéosurveillance a filmé la scène où on le voit arracher à coups de masse le lecteur optique d’empreintes de la mairie.
Il se dirige ensuite vers l’agence du Crédit Agricole où il s’en prend aux portes qui résistent, puis attaque, toujours avec la masse, le distributeur de billets.
Il met le feu à une voiture de la mairie garée sur une place réservée avant de s’en prendre au rideau qui protège le local de la police municipale.
Après quoi, il s’en prend à la porte du local des Finances Publiques et détruit par le feu un véhicule, sérigraphié « Mairie de Paris » prêté à l’un de ses collaborateurs afin de remédier au manque de train en cette période de grèves.
« À chaque fois, remarque le procureur, on voit sa voiture », une Renault Laguna noire, première génération. Dans son coffre, lors de la perquisition de son domicile, on trouve une masse à manche bicolore, semblable à celle vue sur les vidéos.
Le prévenu trouve cela normal : « J’ai des outils dans mon coffre, j’ai même des clés plates… ». Le tribunal trouve normal d’avoir des clés, ça peut servir en cas de panne, mais quid de la masse ? « Une masse, ça ne peut servir qu’à démolir » ?
Un témoin l’a vu circuler devant la mairie, le 8 novembre, vitre baissée, brandissant un couteau. Le témoignage est recoupé par des captures vidéo. Mais Yoann D. ne se reconnaît pas sur la photo qui en est extraite.
Le procureur adjoint, Luc Pèlerin, pense que Yoann D. a agi ainsi « par haine envers l’administration ». Il s’en est pris au Crédit Agricole, banque où il a un compte sur lequel une saisie-arrêt de 508 euros a été faite par le trésor public. Son opération punitive achevée, il est rentré chez lui.
L’immatriculation de la voiture a été relevée et le responsable de la Police Municipale, en le voyant déambuler, une masse sur l’épaule a pensé au prévenu, qui possède une Laguna noire et qu’il connaît à cause de son intempérance notoire.
Le 23 décembre, Y. D. est interpellé devant son domicile alors qu’il est assis, en train de siroter une bouteille de rosé, la cigarette à la bouche. Il n’oppose aucune résistance. Il portait, dissimulé dans son pantalon un couteau et une feuille de boucher qu’il a expliqué vouloir amener chez l’affûteur.

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