Paris : Gobee.bike rejoint Velib’… au fond des canaux

Les Echos / samedi 18 novembre 2017

Un mois après leur apparition dans les rues de Paris, le service privé de vélos en libre-service Gobee.bike connaît quelques mésaventures. Trois de ces vélos verts estampillés d’une abeille ont été retrouvés… dans les cours d’eau parisiens.
« Deux d’entre eux ont pu être remis en service, l’autre est parti en réparation », explique Geoffroy Marticou, directeur de l’antenne française de Gobee.bike. Pour l’entreprise, qui propose plusieurs milliers vélos en libre-service via une application mobile à Paris, Reims et Lille, retrouver leurs véhicules sous l’eau est une première.
Repêcher des vélos dans la Seine et les canaux Saint-Martin, de la Villette et de l’Ourq est pourtant le lot commun de la brigade fluviale des pompiers de Paris. Chaque année, ils retrouvent en moyenne une centaine de Vélib’ dans les cours d’eau parisiens.

En témoigne la récente vidange du Canal Saint-Martin, aux mois de janvier, février et mars 2016. Une fois vidée de son eau, la portion entre la place de la Bastille et le quai Stalingrad laissait découvrir plusieurs dizaines de Vélib’ parisiens emprisonnés dans la vase.
La Mairie de Paris, qui propose ce service depuis 10 ans, connaît bien le problème. Si le vandalisme sur le service est pris en charge par l’opérateur du service, JCDecaux (qui sera remplacé par Smoovengo au 1er janvier 2018), la ville lui reverse pourtant chaque année une participation de 1 à 2 millions d’euros par an.
Selon les services de la Mairie de Paris, c’est l’intégralité du parc Vélib’ – soit 19.000 vélos – qui ont déjà été vandalisés. Mais pour JCDecaux, la part de Vélib’ retrouvés dans la Seine et anecdotique au regard des nombreuses dégradations faites aux 2 roues parisiens.
Une statistique que confirme Gobee.bike. « 50 % des cas de vandalisme et d’incivilités que nous constatons sur nos vélos sont en fait des ‘privatisations’», indique Geoffroy Marticou. Autrement dit, le fait, pour l’usager, de garder le deux-roues plutôt que de le rendre à nouveau disponible.
Le vandalisme et le vol sont choses courantes. A tel point que tous les opérateurs y affectent directement un budget pour y répondre. « C’est malheureux, mais nous l’avions prévu », explique le directeur France de Gobee.bike.

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