Malacoda / mercredi 9 juin 2021
Contribution pour la série de présentations « Guérilla et révolution » (Turin, 18 mai et 1er juin 2021)
C’est peut-être parce que je vais passer en taule une bonne partie du temps qui me reste à vivre, que, ce derniers temps, je suis porté sur la « nécrophilie », sur le fait d’« historiciser » des choses qui viennent juste de se passer. Après tout, la dernière action revendiquée par la Federazione Anarchica Informale – Fronte Rivoluzionario Internazionale [Fédération Anarchiste Informelle – Front Révolutionnaire International ; Note d’Attaque] en Italie date d’un an « seulement ». D’habitude on historicise les choses « mortes », passées, mais la peur que tout ce qui a eu lieu soit effacé ou, pire, déformé, a pris le dessus en moi. Et je dis cela tout en état convaincu (mais peut-être que je me trompe) que la FAI-FRI a épuisé son élan et qu’elle a « passé le flambeau» à quelque chose de plus essentiel, les campagnes révolutionnaires. Des campagnes qui, d’un continent à l’autre, relancent la solidarité révolutionnaire, car elles sont appelées non par une organisation, mais par des groupes et/ou des compas qui n’auront jamais la nécessité de se rencontrer en personne. Une dynamique vivante, un processus linéaire et efficace que l’on connaît sous le nom d’« internationale noire » et qui, de facto, n’a même pas besoin d’une coordination, il n’y a pas besoin de se rencontrer, de se connaître de personne. Généralement, les anarchistes d’action délaissent l’introspection historique, les anarchistes qui reportent l’action violente à plus tard ont par contre la tendance à déterrer des expériences lointaines, ce qui difficilement portera à des rétorsions de la part de la Justice, ainsi qu’à des « imitations » dans le monde d’aujourd’hui. « C’était une autre époque… » cette phrase me revient à l’esprit, elle m’a été répétée une nombre incalculable de fois quand j’étais jeune, par des anarchistes plus consciencieux.ses, des anarchistes d’une autre époque, justement…
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