Trottinettes, vélos électriques et… créativité destructrice

Pourquoi les trottinettes en free floating sont sabotées

Rebellyon / mardi 3 septembre 2019

Il y a plein de raisons de lutter contre l’envahissement de nos vies par ce gadget, et des moyens très simples pour enrayer le phénomène. Un feutre suffit.

Pourquoi saboter ces trottinettes ?

  • Parce qu’elles marchandisent encore un peu plus la rue. Les voitures qui stationnent privatisent l’espace public, les trottinettes vont plus loin : Chaque bout de trottoir occupé par une trottinette est un espace marchand accaparé par la société qui la loue.
  • Parce qu’il a largement été démontré que leur fabrication et leur faible durée de vie les rendent ultra polluantes [1].
  • Parce que les personnes qui les rechargent la nuit sont exploitées sous le statut d’auto-entrepreneur [2].
  • Parce qu’elles ne remplacent pas la bagnole, mais la marche à pied [3].
  • Parce qu’elles participent à une transformation de la ville en smartcity, cauchemardesque terrain de jeu pour hipster [4] content d’être géolocalisé dans tous ses mouvements.
  • Parce que les déplacements urbains ne peuvent pas être gérés par une meute de sociétés privées domiciliées aux îles Caïman.
  • Parce que des transports en commun gratuits [5], des deux roues non électriques gratuits en self service [6], c’est possible.
  • Etc, etc…

[NdAtt. : par simple haine de cette société, même de ses cache-misère « écolos »… et ce qui est dit pour les trottinettes vaut aussi pour les vélos électriques etc. On pourra voir que c’est une pratique bien établie, par exemple ici]

Donc le moyen le plus simple, c’est un coup de feutre bien opaque sur le QR code (ne pas oublier de masquer le numéro sous le QR code).

P.S. Si cela ne vous semble pas assez radical, il est bien sur possible de balancer la trottinette dans un 4X4, une vitrine de banque ou une permanence LREM par exemple.

Notes :

[1] Voir l’étude publiée par la North Carolina State University : hXXps://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/ab2da8

[2] Voir cet article de Bastamag : hXXps://www.bastamag.net/trottinettes-electriques-juicer-travail-uberise-Lime-Flash-Tier

[3] Comment auraient été effectués ces trajets en absence des trottinettes ? Réponse : 47% à pied, 29% en transport en commun, 9% à vélo. Et seulement 8% en taxi ou en voiture avec ou sans chauffeur d’après une enquête reprise par le blog d’Olivier Razemon : hXXps://www.lemonde.fr/blog/transports/2019/06/06/enquete-inedite-utilisateurs-trottinettes-electriques/

[4] Les trottinettistes sont légèrement plus aisés que la moyenne des habitants dans leur ville respective et on trouve parmi eux une forte proportion de cadres (53%) toujours d’après l’ enquête reprise par le blog d’Olivier Razemon

[5] Voir Reporterre.net, Les transports en commun gratuits, ça roule ! : hXXps://reporterre.net/Les-transports-en-commun-gratuits-ca-roule

[6] Les premiers vélo en libre service (VLS) étaient gratuits avant une vague de marchandisation dans les années 2000. Voir la page wikipedia sur les VLS

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Lyon : Vélo’vandalisme !

Le Progrès / lundi 8 juillet 2019

Depuis trois mois, les vélo’v sont victimes de dégradations majeures, les équipes de JCDecaux se mobilisent.
Plus de 1200 vélo’v ont été vandalisés dans l’agglomération lyonnaise sur un parc de 4 000 appareils. Du jamais vu pour l’entreprise JCDecaux. C’est au centre de réparation de Villeurbanne que sont retournés tous les appareils dégradés.
Au vue de l’ampleur de la situation, des vélos premières générations ont dû être remis en service. L’entreprise affirme avoir même embauché plusieurs intérimaires pour subvenir aux innombrables réparations. A cause des nombreuses commandes, toutes les pièces ne peuvent être livrées, retardant la remise en service des cycles. […]

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Région Parisienne – Le grand jeu : alimenter le cimetière des Vélib’

Le Parisien / lundi 8 juillet 2019

Dès l’entrée du grand hangar de Vélib’ à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), le parking donne le ton : il est envahi sur une bonne partie de monceau de vélos, certains quasi à l’état d’épaves. « Et encore, il y a quelques jours, il y en avait deux fois plus », souffle Pierre Heyraud, directeur des opérations pour Smovengo, l’entreprise chargée de faire fonctionner les nouveaux Vélib’ depuis 18 mois.
Grâce à une nouvelle organisation et des recrutements, Smovengo a en effet pu augmenter sa capacité de collecte et de réparations de vélo. Une nécessité alors que Smovengo réinjecte de plus en plus de vélos (19 000 prévus à la fin du mois contre 13 000 aujourd’ hui), pour redresser la barre face, notamment aux demandes d’usagers et d’élus. […]

Mais si Smovengo s’est mis en ordre de bataille dans ses ateliers, c’est aussi pour absorber l’énorme masse de vandalisme dont sont victimes les vélos en libre-service. « Dans les autres villes où nous avons des vélos, à Clermont, Montpellier, Helsinki, Moscou, ils n’en reviennent pas. Personne ne connaît autant de dégradations », indique Pierre Heyraud.
A voir l’état de certains Vélib’ dans ces ateliers, on le comprend. Ces roues tordues, ces câbles arrachés, ces boîtiers sur les guidons fracassés ne sont pas juste les séquelles d’un usage intensif, ou le résultat d’un accident. Mais bel et bien d’un déchaînement de violences gratuites sur les vélos.
« On a l’impression que le grand jeu dans Paris, c’est de casser les feux arrière des Vélib’ », ajoute un autre cadre de Smovengo, dépité. Autres exemples de vandalisme affirmé et assumé : les vélos repeints, brûlés ou jetés à la Seine se comptent par dizaines.

Et parfois on perd leur trace : 600 à 1 000 vélos sont volés ou privatisés chaque semaine ! Smovengo en récupère une bonne partie pas toujours intacts, mais, en valeur nette, ce sont 100 à 300 vélos qui disparaissent purement et simplement chaque semaine. Pour les récupérer, des maraudes régulières sont effectuées par les équipes sur le terrain. Et Smovengo essaye tant bien que mal de sauver ce qui est possible sur ces vélos en piteux état.
« Ce phénomène de dégradations volontaires nous a un peu pris de court, reconnaît Pierre Heyraud. Cela ralentit notre capacité de réparation. Là où on pouvait réparer 400 vélos par jour avec 60 personnes, on n’en répare que 300. » Difficile toutefois de chiffrer précisément la part de vélos dégradés délibérément par rapport à ceux victimes d’une usure normale liés à un usage intensif (un Vélib’ fait jusqu’à 10 trajets par jour).

« Mon impression, c’est qu’environ 60 % des dégradations sont dues au vandalisme, poursuit Pierre Heyraud. On se fie aux nombres de réparations à faire sur un vélo. Normalement, c’est 3 ou 4 par vélo. Là, on en est à 8 ou 9 ». Et parfois même une quinzaine de pannes lourdes à réparer. C’est pour cela que Smovengo a recruté, en interne, une équipe de réparateurs spécialisés qui œuvrent toute la journée à Villeneuve-La-Garenne depuis le mois dernier.
Mais cela ne suffit pas toujours. « Parfois, nous faisons appel à des spécialistes de grosses réparations en externe, pour des opérations coups de poing pour réparer des centaines de vélos », explique Pierre Heyraud. Et ainsi vider le parking des épaves qui s’accumulent…

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