Oise : Un drone espion ne sera jamais banal

Hauts-de-France : Des drones avec caméras pour la surveillance privée

Le Parisien / dimanche 13 janvier 2019

[…] Le drone veut désormais se faire une place dans le monde… de la surveillance. C’est en tout cas le pari fait dans l’Oise par une jeune société de sécurité privée et de gardiennage, Protection sécurité maximum. L’entreprise implantée à Berlancourt, dans le Noyonnais, entend bien s’engouffrer dans les mois à venir dans l’aérosurveillance. Le principe : en cas d’effraction au sein d’une entreprise ou d’un site industriel, un agent de sécurité, présent sur place et formé au télépilotage, dirige l’aéronef en direction de la zone où l’alarme s’est déclenchée.

Pour l’heure, la société est la seule à proposer cette offre de service dans les Hauts-de-France. « C’est un domaine encore novateur, méconnu, mais qui va exploser dans les années à venir », parie Arrysson Covemacker, le dirigeant de la société. Samedi, le dirigeant organisait, en partenariat avec la société Drones d’école, une démonstration grandeur nature sur le parking du Auchan drive de Noyon. Avec l’ambition de démontrer au grand public et au monde de l’entreprise l’intérêt de la surveillance par drone. « Ce couplage de sécurité et de technologie est une vraie plus-value, assure Arrysson Covemacker. C’est d’abord un gain de temps en termes d’intervention. Une ronde, pour un gardien, c’est environ 20 minutes. Là, il ne faut plus que quelques secondes. »
Autre avantage, en cas d’intrusion de malfaiteurs sur un site, le drone permet d’identifier au mieux les individus, sans exposer le gardien. Surtout, l’engin dispense à la société de multiplier le nombre de caméras de vidéosurveillance sur un même site. « D’autant qu’aujourd’hui, la caméra ne fait plus peur, elle s’est banalisée et peut être contournée, souligne le gérant. Le drone, lui, apporte une présence qui peut-être dissuasive. »

Aujourd’hui, l’offre de la société noyonnaise s’adresse en priorité aux sites industriels, aux hypermarchés, aux plateformes logistiques ou encore aux patrons de petites et moyennes entreprises. Pour l’heure, aucun contrat n’a encore été signé, mais des contacts sont engagés avec des sociétés du département. Le dispositif pourrait ainsi séduire Thermal products, implantée à Guiscard. Entre les rondes, les détecteurs et les caméras déployées sur son site de 6 500 ha, l’entreprise dépense un budget « conséquent » pour sa sécurité chaque mois.
« Dans l’idée, le principe est plutôt séduisant, appuie Fabrice Rogations, son directeur. Si ça permet de remplacer un gardien classique et de réduire le temps de ronde, je dis pourquoi pas. Il faudrait pouvoir réfléchir à un partenariat avec notre société de gardiennage. »
Bientôt, les premiers agents de surveillance employés par Protection sécurité maximum seront formés au télépilotage par la société Drones d’école, implantée sur le campus Inovia, à Noyon. Pour son dirigeant, Yan Hélin, l’intérêt du drone pour la surveillance est une évidence : « Je suis même surpris que ce service ne soit pas arrivé plus tôt, confie le professionnel. Le potentiel est pourtant énorme. C’est la preuve qu’aujourd’hui, il n’est plus perçu comme une menace mais comme un nouveau service. »

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Si vous passez par là :
Protection sécurité maximum
275 bis rue de l’Église
60640 BERLANCOURT

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Compiègne (Oise) : Les flics équipés de drones

Le Parisien / mardi 17 juillet 2018

[…] A Compiègne, les drones devraient servir les forces de l’ordre, police municipale et police nationale. Lancée il y a quelques mois par Philippe Marini, le maire (LR) de la ville, l’idée fait son chemin. Après des rencontres, dont la dernière en date vendredi dernier, avec le Premier ministre, Edouard Philippe, et ses équipes, la cité impériale doit servir de terrain d’expérimentation pour toute la France.

Les engins, très performants et larges d’environ 50 cm, seront dirigés à distance par des agents de la police municipale formés. « Ils seront silencieux, équipés de caméras de très haute qualité, si possible infrarouge, capables d’identifier et de suivre un objet ou une personne grâce à une sorte de tracker », détaille-t-on du côté de la municipalité. Les images seront retransmises en direct au centre de supervision intercommunal et ses 27 écrans où un agent sera en contact avec les équipes terrains.

La première pensée des élus vise les rodéos sauvages. Si plusieurs saisies d’engins ont été réalisées en début d’année, le fléau est toujours présent dans la ville. « Nous pourrons voir où les motos sont garées », prévoit Philippe Marini. Pour éviter de dangereuses courses-poursuites — comme la collision qui avait enflammé Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) — les drones pourront suivre les individus discrètement et sans risques pour les agents. « Pour des interventions programmées avec la police nationale, les trafics ou pour observer manifestations et rassemblements : les usages seront potentiellement nombreux », prévient la municipalité. Les domaines privés seront toujours floutés.

« Le territoire est propice », martèle une source proche du dossier. « Il y a une bonne entente entre les polices, un centre de supervision très performant avec bientôt 341 caméras et l’une des universités technologiques (UTC) les plus compétentes de France en domaine de drones », promeut-on. A l’UTC, les chercheurs sont impatients de découvrir le cahier des charges. « Nos drones sont déjà capables de suivre un visage qu’il a identifié », montre Pedro Castillo, chercheur, vidéo de démonstration à l’appui.

L’Etat est bien sûr partenaire prioritaire. Ce dernier et la ville se partageront l’addition de cette expérience estimée à 100 000 €. Le préfet « semble emballé par l’idée » et sera contacté pour autoriser les vols, en même temps que le commissaire local et le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP). […] Il faudra notamment un cadre dérogatoire pour voler et définir les missions. « La loi pourra bouger si cela se généralise en France après cette expérience d’environ 6 mois », avance un observateur. Il reste un dernier rendez-vous, en août, avec le ministère de l’Intérieur avant de constituer le comité de pilotage avec tous les acteurs (UTC, Cnil, groupement d’intérêts économiques, police…). Premiers essais attendus en 2019.

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