Deux camarades emprisonnés en Pologne

Sur les camarades arrêtés – Appel à la solidarité avec les deux de Silésie 

325 / lundi 29 octobre 2018

Pologne, Katowice, 2015: Anti-Congrès (AntyKongres): des compagnons anarchistes qui vivent en Pologne ont organisé « AntyKongres », une protestation contre le Congrès économique européen (EEC) qui se tenait à Katowice, Pologne. Les anarchistes ont organisé des manifestations et des conférences et le soir ont décidé de squatter un bâtiment abandonné pour protester contre le capitalisme et les décisions économiques prises au-dessus de nos têtes par les politiciens et les bourgeois et contre la politique du logement en Pologne. La police a essayé d’entrer et de les faire sortir, faisant taire les voix antagonistes, évitant qu’ils perturbent le congrès de l’EEC.  Nos compagnons se sont défendus courageusement avec des pétards et des jets de bouteilles, mais le lendemain matin les unités antiterroristes ont fait irruption, utilisant des grenades assourdissantes et ont arrête 21 anarchistes.


Lors du procès, la plus grande partie des personnes arrêtées a accepté une reconnaissance préalable de culpabilité sous condition, en contrepartie du fait de plaider coupable, ce qui a fait qu’elles n’ont pas été condamnées. Six personnes ne l’ont pas accepté. Une personne, à cause de sa pension d’invalidité, a eu une amende; pour les autres, c’était des Travaux d’intérêt général. Deux personnes ont accompli leur TIG, les trois autres les ont refusées et se sont mises au vert.

La nuit du 19 octobre, deux de nos compagnons anarchistes recherchés ont été arrêtés lors d’un contrôle de papiers, après 3 ans de cavale. Les compagnons arrêtés sont dans deux prisons différentes et seront enfermés pendant les deux prochains mois. Un des arrêtés a été privé de repas pendant 5 jours puisqu’il n’était pas inscrit sur la liste de la cuisine de la taule. Maintenant qu’il est sur la liste, il ne peut pas avoir de nourriture végan. Les personnes qui vont aux parloirs ne peuvent pas lui amener de la nourriture depuis l’extérieur, tout doit être acheté à la cantine de la prison à des prix 5 fois plus chers que dehors.

Le 27 octobre, des dizaines d’anarchistes et d’activistes se sont rassemblés en solidarité avec les anarchistes arrêtés. Des fumis ont été craqués pour se souvenir de ceux qui sont enfermés et celui qui est toujours en cavale.

La situation des anarchistes emprisonnés est dure, difficile et compliquée. Ils manquent de nourriture et d’autres produits de premières nécessités. Si vous pouvez, envoyez svp des lettres ou de l’aide financière de façon qu’ils puissent cantiner.

Pour écrire aux deux prisonniers :

Piaskowy Smok
ul. Reymonta 20a
40-029 Katowice
Poland

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Deux camarades emprisonnés en Pologne

reçu par mail / lundi 29 octobre 2018

Le 19 octobre, nos deux compagnons ont été arrêtés à cause d’une condamnations pour avoir participé à une protestation anarchiste contre le Congrès économique européen (EEC), qui a eu lieu en 2015 à Katowice.

Nos amis ont été condamnés à des Travaux d’intérêt général, pour le délit de « atteinte à la vie privée ». Ils étaient en train de protester dans un immeuble de propriété de la mairie. Ils voulaient protester contre la contradiction entre des propriétés vides et le fait qu’il y ait des gens à la rue et montrer l’injustice du capitalisme sauvage.

Leur arrestation est une conséquence du fait qu’il n’ont pas fait leurs TIG. Un des activistes est allé en taule pour deux mois, jusqu’au 15 décembre. Il est enfermé dans la taule de Tarnowskie Góry (en Silésie). Depuis le début, il a commencé une grève de la faim, puisqu’il n’a pas la possibilité de manger de nourriture végan. L’Administration Pénitentiaire refuse de lui passer des habits chauds. Sa cellule n’est pas chauffée et il n’a même pas de veste. Selon le règlement, la prison garde la moitié de l’argent qui lui est envoyé. Cependant, le directeur de cette taule lui empêche de cantiner, ou que de la nourriture lu soit amenée lors des parloirs.

Nous n’avons pas d’informations par rapport à l’autre prisonnier. La police n’a voulu informer personne de sa situation, avec des excuses procédurales (l’AP lui refuse les parloirs avec ses proches parce qu’il ne se souvient pas de leur adresse exacte). C’est pourquoi nous ne savons rien de ses conditions d’enfermement.

Nous soutenons nos amis. La loi considère les TIG comme une opportunité pour consolider la société, mais à notre avis cela n’est qu’une autre façon d’obliger les gens à faire quelque chose et les exclure des débats économiques. Nos compagnons sont en train d’essayer de montrer que l’auto-organisation et les actions radicales peuvent faire beaucoup plus pour la société que des TIG.

La police avait dérangé leur proches sur leur lieux de travail, chez eux. Ils ont essayé d’avoir des informations sur les lieux où se trouvaient nos amis anarchistes. La police a menacé les familles en racontant des balivernes à propos de prolongation des condamnations ou avec la mensonge reconnue qu’un de nos compagnons serait condamné pour harcèlement.

Nous sympathisons avec les activistes arrêtés. Aujourd’hui chacun.e de nous est un harcèleur.euse de l’élite économique, des membres de la Commission européenne, des Premiers ministres et des chefs des multinationales qui discutent une fois par an lors de l’EEC, derrière des portes fermées. Ils prennent des décisions concernant la société future et c’est la société qui porte le fardeau de leurs décisions.

En protestant contre l’EEC, nous voulions montrer que ce n’est pas l’élite, mais le peuple qui doit décider du futur – travailleur.e.s, réalités locales qui ont besoin de s’auto-organiser pour leur bien commun.

Nous voulons souligner que les compagnons arrêtés ne sont pas des victimes – ils sont des résistants et nous soutenons leur décision de refuser d’accomplir leur TIG.

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