Lannion (Côtes-d’Armor) : Contre l’extraction de sable, le local PS incendié

Ouest-France / Mardi 13 septembre 2016

attentat-contre-la-permanence-du-ps-de-lannion_0À Lannion, la permanence du Parti socialiste a été la cible d’un engin incendiaire qui a sérieusement endommagé la porte d’entrée. Les faits remonteraient à la nuit de dimanche à lundi durant laquelle une inscription en breton contre l’extraction de sable en baie de Lannion a aussi été taguée sur la façade.

C’est un passant qui a alerté le maire, Paul Le Bihan (PS), ce mardi matin vers 8 h. Il venait de constater que la porte d’entrée de la permanence du Parti socialiste, rue de Kergariou, en plein centre-ville de Lannion, avait été endommagée par une explosion ou un engin incendiaire. Ce matin, on découvrait un trou au bas de la porte noircie par les flammes. Il n’y a pas de dégâts à l’intérieur mis à part des projections de verre.

Il semblerait que les faits remontent à la nuit de dimanche à lundi, où vers 3 h 30 du matin, plusieurs habitants de la ville ont entendu un bruit d’explosion. Il pourrait s’agir de l’explosion du double vitrage de la porte sous l’effet de la chaleur. Mais personne n’avait donné l’alerte avant ce mardi matin. Il est vrai que bon nombre de voisins de la permanence reconnaissaient, ce matin, n’avoir rien entendu.

C’est durant cette même nuit de dimanche à lundi qu’a été taguée une inscription en breton sur la façade de la permanence, protestant contre l’extraction de sable en baie de Lannion. Son ou ses auteurs pourraient être à l’origine des dégâts sur le bâtiment.

Les élus socialistes qui se sont rendus sur place, ce matin, ont, en tout cas fait le lien et fait part de leur indignation. « C’est vraiment scandaleux, on manifestait ensemble le matin même contre l’extraction de sable, et le soir même on nous prend pour cible. »

Les politicards locaux tirent la gueule ! De gauche à droite: le maire, le secrétaire génral du PS local et l'adjoint au maire

Les politicards locaux tirent la gueule devant les dégâts et le tag disant « Côtes insoumises contre l’extraction »! (De gauche à droite: le maire, le secrétaire génral du PS local et l’adjoint au maire)

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Le Parisien / Lundi 12 septembre 2016

En baie de Lannion (Côtes-d’Armor), l’extraction de sable coquillier a commencé la semaine dernière. Les opposants ne baissent pas les bras.

Ils veulent être le grain de sable qui va gripper la machine. Entre 4 000 et 5 000 personnes ont manifesté hier matin dans les rues de Lannion (Côtes-d’Armor) pour dire, une nouvelle fois, non à l’exploitation sous-marine de sable coquillier en baie de Lannion par la Compagnie armoricaine de navigation (CAN), filiale du groupe Roullier. Avec des slogans sans équivoque : « Non au pillage ! », « Dunes à défendre », « Sauvons nos poissons ».

Ce dossier polémique, ouvert depuis plusieurs années, est vu par les habitants du Trégor, au nord-ouest des Côtes-d’Armor, comme une « véritable menace écologique ». Deux actions en justice ont été engagées pour s’y opposer, d’abord par les élus de treize communes littorales, puis par des associations environnementales locales réunies sous le nom Peuples des dunes de Batz à Bréhat.

« Le recours des collectivités pour contrecarrer cette extraction a été rejeté lundi dernier par le tribunal administratif de Rennes et il aura fallu moins de 24 heures à la CAN pour venir extraire, en pleine nuit, des milliers de mètres cubes de sable », s’indigne Yves-Marie Le Lay, membre du jeune collectif.

Ces premières extractions nocturnes ont déclenché un véritable branle-bas de combat en Bretagne. « Nous allons, nous aussi, faire appel et saisir le Conseil d’Etat dans les dix prochains jours », prévient Alain Bidal, président de Peuples des dunes, qui sera reçu, cet après-midi à Paris par la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, elle-même opposée à l’extraction.

Une nouvelle qui soulage un peu les opposants, après un week-end passé à grincer des dents à la suite des propos tenus par Emmanuel Macron. L’ancien ministre de l’Economie a en effet déclaré samedi qu’il n’était « pas acceptable » que ces extractions « à la sauvette » aient été faites avant « toute décision définitive du tribunal ». « Il est gonflé ! C’est quand même lui qui a donné son feu vert à la CAN en avril 2015 », s’offusque le collectif.

Un décret paru en septembre 2015 autorisait officiellement l’entreprise à commencer des prélèvements. La zone d’extraction, d’une surface totale de 4 km², est située entre deux zones Natura 2000. Le volume d’extraction ne pourra pas excéder 250 000 m³ par an (pas plus de 50 000 m³ la première année). La vente de ce sable calcaire se ferait principalement aux agriculteurs.

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