Épernay : La justice se venge contre les émeutes du quartier de Bernon (mars 2010)

L’union-L’Ardennais / mercredi 12 mars 2014

CHÂLONS (51). Poursuivis pour rebellion en réunion et menaces de mort réitérées, cinq hommes mis en cause dans les échauffourées qui avaient enflammé le quartier de Bernon, en mars 2010, à Épernay, comparaissent ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne. Un gardien de la paix de 49 ans y avait été grièvement blessé en recevant une pierre dans la tempe, puis placé en coma artificiel.

Les faits s’étaient produits à la suite d’un contrôle routier au cours duquel un homme recherché avait été aperçu à bord d’une voiture, lequel était parvenu à prendre la fuite à pied grâce au soutien d’un groupe de personnes qui avait pris les policiers à partie à grand renfort de jets de projectiles. Dans la soirée, des affrontements avaient eu lieu dans le quartier où sept véhicules avaient été incendiés.

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Deux ans de prison ferme requis contre le rappeur Saï

L’union-L’Ardennais / jeudi 13 mars 2014

CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE (51). Avec quatre jeunes du quartier, le rappeur sparnacien était jugé, hier, à Châlons, dans le cadre des émeutes de Bernon. Délibéré au 14 mai.

Un nouveau volet judiciaire s’est ouvert, hier, dans l’affaire des émeutes de Bernon. L’affaire avait été renvoyée devant une juridiction collégiale le 17 février dernier. En mars 2010, le brigadier-chef Michel Husson y avait été grièvement blessé à la tempe après avoir été la cible d’un jet de pierre. Les faits avaient fait grand bruit, d’autant qu’à l’époque, en pleine campagne des régionales, ce quartier sensible d’Épernay était le théâtre de caillassages récurrents sur les pompiers et les forces de l’ordre.

Mis en cause dans l’agression qui avait plongé le policier dans le coma, alors âgé de 49 ans, un mineur de 17 ans au moment des faits ainsi qu’un jeune homme de 20 ans, ont été respectivement condamnés, en décembre dernier, à six et quatre ans d’emprisonnement par la cour d’assises des mineurs de la Marne. Un troisième volet s’ouvrira en outre, mardi, devant le tribunal pour enfants, où sera jugé un mineur de moins de 16 ans.

Faute d’avocat, Saï préfère garder le silence

Cette fois, cinq prévenus de rébellion en réunion comparaissaient à la barre du tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne, en présence de la victime, devenue major. Parmi eux, Mouhamadou Danfakha, 28 ans, alias Saï, le rappeur sparnacien qui avait été à l’origine de l’affaire. Celui-ci devait aussi répondre de menaces de mort réitérées, mais, faute d’avocat, a préféré garder le silence sur les faits qui lui étaient reprochés.

Le 8 mars 2010, vers 16 heures, un équipage de police l’avait croisé à bord de la voiture de son frère alors qu’il était recherché. Mais très vite, son interpellation n’avait pas manqué de dégénérer, du côté de la place Fada N’Gourma. L’intervention de jeunes du quartier lui avait ensuite permis de prendre la fuite, tandis qu’un attroupement faisait monter la tension autour des policiers pris à partie, notamment par son frère. Jusqu’à ce que Michel Husson ne s’écroule, victime d’une importante plaie à la tête causée par un morceau de béton.

Entre non-dits et mensonges éhontés, l’audience correctionnelle n’a cependant pas permis de déterminer avec exactitude le rôle joué par chacun des protagonistes. Amnésique, le major Husson n’a pu éclairer, pour sa part, le tribunal sur les minutes qui ont précédé son agression. Quelques regrets ont toutefois été émis en fin d’audience à son endroit. Le procureur de la République, Christian de Rocquigny, a, quant à lui, requis des peines allant de cinq mois à deux ans de prison ferme contre le rappeur Saï, actuellement écroué pour d’autres causes, et ses coprévenus. Le rappeur a rejoint sa cellule à l’issue des débats. Le jugement sera rendu le 14 mai prochain.

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