Serrès (Grèce) : Une attaque incendiaire contre une banque

Act for freedom now! / samedi 7 septembre 2024

Aux premières heures du vendredi 23 août, nous avons rendu visite à la succursale de la Piraeus Bank de la rue Gr. Rakintzi, dans le centre de Serrès [ville de Macédoine, dans le nord de la Grèce ; NdAtt.], et aspergé d’essence sa façade et le distributeur de billets à côté. Même si l’alarme de la banque s’est déclenchée quand le feu s’est allumé, le temps que les flics ignorants réalisent ce qui s’était passé, nous avions déjà quitté le secteur depuis longtemps. Nous aurions pu tout aussi bien quitter les lieux et nous arrêter pour prendre un verre en chemin, au lieu de prendre le temps de trouver une bonne voie de fuite. L’action a eu peu de succès, puisque nous n’avons pas réussi à détruire complètement le distributeur automatique, comme nous l’avions prévu à l’origine. Nous ferons en sorte que la prochaine fois ne se passe pas comme ça.

Nous nous trouvons dans une situation qui ne nous laisse rien d’autre à faire qu’attaquer frontalement et détruire. Nous ne cherchons aucune justification morale auprès des masses, pour agir avec violence. Les tactiques politiques qui visent à la construction progressive d’un mouvement anarchiste de masse, avec des caractéristiques sociales, pour finalement atteindre la révolution, en reportant en permanence l’attaque à un avenir indéfini, nous laissent extrêmement déçu.es. Nous pensons que les contre-propositions et le théories sur comment une société meilleure pourrait être sont complètement secondaires face à la destruction totale de celle qui existe. Nous voulons souligner ici que nous ne rejetons pas les mouvements de masse en général et de manière vague. De plus, nous croyons qu’une guérilla (sans caractériser cette action particulière comme telle) fonctionne idéalement en combinaison avec un mouvement anarchiste militant de masse. La lutte sera toujours diversifiée. Les incendies, les explosions et les exécutions ne sont pas assez. Mais les marches pacifiques, les balades à vélo et les occupations ne sont pas assez non plus, des occupations dont beaucoup, comme d’autres l’ont justement fait remarquer avant nous, sont devenues des lieux de divertissement alternatifs pour les jeunes. La rébellion est TOUJOURS ICI ET MAINTENANT.

Nous vivons dans un monde où tous les jours des gens dorment dans la rue, se pressent dans les ruelles et luttent pour survivre, pour exister sans vie, liés par l’esclavage salarial. Dans un monde où des gens sont torturés dans des taules et emprisonnés pendant des décennies simplement parce qu’ils/elles ont osé vivre dignement, en luttant contre la brutalité du système capitaliste, étatique et patriarcal, ou parce qu’elles/ils ont commis quelque chose que les autorités considèrent, de manière arbitraire, comme immoral. Dans un monde où d’innombrables êtres vivants sont enfermés dans de petites cellules étouffantes, pendant toute leur vie, en attendant l’abattage. Dans un monde où chaque partie possible de la nature est exploitée sans merci au nom du profit et du « développement ». Tout cela pendant que le pouvoir développe constamment de nouvelles méthodes pour opprimer le corps et l’esprit, de nouvelles machines de mort, de nouvelles techniques de manipulation de la population, de nouvelles méthodes d’exploitation et de destruction de tout ce qui est beau dans ce monde, peignant cela parfois en rose, parfois en vert et faisant la promotion d’une image pseudo-progressiste, chaque fois de manière plus provocatrice, insidieuse et hypocrite.

Face à cette immense injustice et exploitation, que certaines personnes appellent développement, tout ce que nous avons à faire c’est développer à notre tour de nouveaux plans d’action et de nouvelles méthodes d’attaque, dans un processus continu d’évolution politique, stratégique et logistique. Après tout, l’autocritique et donc l’évolution font partie intégrante de la rébellion. Évidemment, le fait que, contrairement à la plupart des gens, nous choisissions d’agir ne nous rend pas infaillibles. Au-delà de toute possible fantasme ou illusion que nous pourrions nourrir et au-delà de toute possible erreur politique que toute action peut entraîner, nous continuons à reproduire ce système pourri dans notre vie quotidienne, peu importe la forme qu’elle peut prendre. Nous devons donc chercher et analyser nos erreurs, afin d’évoluer pour le mieux.

Nous devons aussi essayer de surmonter nos peurs. Nous avons très peur de la torture, de la captivité et des conséquences que notre capture impliquerait pour nous proches. Après tout, c’est la raison pour laquelle cette action précise ne s’est pas si bien passée, car, dans le stress de l’action, nous n’avons pas distribué correctement l’essence, pour maximiser la destruction. Mais nous avons encore plus peur du compromis, de finir par tolérer tout ce que nous voyons chaque jour et qui nous met en colère, ainsi que de devenir inactif.ves. Nous avons aussi peur de l’assimilation, de finir par chercher des théories rassurantes pour vivre un mode de vie alternatif, en conservant une illusion de résistance. De vivre une existence vide, sans vie, sans action. Nous reconnaissons que beaucoup de gens ne peuvent pas supporter le stress de l’action et nous le comprenons. Mais nous savons que tout le monde peut contribuer à sa manière à la rébellion, quelles que soient ses particularités. Derrière chaque action directe il y a des repérages, la préparation du matériel et des textes incendiaires. Nous pensons que tout le monde peut participer à différents aspects de la lutte, indépendamment de sa condition psychologique et physique. Les autres cherchent juste des excuses. Nous faisons appel à toutes les personnes conscientes, aux anarchistes sociaux.les et aux non-anarchistes, aux anarcho-nihilistes, aux anarcho-communistes, aux communistes et aussi aux personnes qui choisissent de ne pas être identifiées par une idéologie particulière, à cesser de tolérer cet enfer, à se soulever et attaquer la dystopie moderne, avec rage et conscience. Nous n’aimons pas les initiatives de soutien financier, les interventions, les marches pacifiques, même pas les plus habituels des bars mal organisés, tout autant que nous apprécions tout cela. Tout ce que nous mentionnons dans ce texte nécessite beaucoup plus d’analyses, qui viendrons probablement avec des actions futures.

Solidarité avec celles/ceux qui sont prisonnier.es dans les enfers de la démocratie, en Grèce et dans d’autres pays. Nous aimerions avoir la capacité opérationnelle de vous sortir de vos cellules, au lieu d’envoyer des mots creux. Notre sincère appréciation et notre amour pour ceux/celles qui continuent d’agir.

DU CHILI À LA GRÈCE ET DE TURQUIE AUX PHILIPPINES, TANT QUE NOUS SERONS EN VIE NOUS VOUS BRÛLERONS.
RIEN N’EST FINI.
TOUT CONTINUE.

Συνωμοσία για την Αύξηση της Εντροπίας
[Conspiration pour augmenter l’entropie]

Ce contenu a été publié dans Bouffe du riche, International, Réflexions et débats sur l'attaque et l'anarchisme, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.