Belfort l’incendiaire : « Vieilles techniques policières » pour proteger Optymo, mais Optymo brûle !

estrepublicain / dimanche 26 octobre 2014

le-deuxieme-peugeot-bipper-incendie-photo-er-le-paysUn Belfortain de 50 ans a été interpellé, vendredi soir,par des policiers. En possession d’une fronde, il tentaitde leur échapper, à vélo,après un nouveau caillassage d’un bus de la ligne 1. La persévérance a finalement payé. La police a interpellé, vendredi vers 22 h 10, un Belfortain âgé de 50 ans le long d’un parking de la rue de Zagreb. Celui-là est suspecté d’avoir vandalisé une vitre rue de Zaporojie à Belfort. Son modus operandi ressemble à celui employé pour le vandalisme, à l’aide d’une fronde, de 24 à 29 bus (le chiffre varie selon que l’on part du début d’année ou du mois de juillet). Cette interpellation est le résultat d’un dispositif de surveillance que les fonctionnaires de police ont mis en place ces dernières semaines.

Déplorant une recrudescence des bris de vitres sur les bus du réseau Optymo, les enquêteurs analysent chacun des faits et s’intéressent aux lieux des faits dans l’agglomération belfortaine. Parmi leurs constatations, ils notent que le suspect agit après 20 h sur les véhicules du service de nuit et qu’il se dissimule dans des zones où se trouvent des bosquets ou des buissons. Et notamment aux Résidences, un quartier dont il connaît chaque recoin pour s’échapper facilement. Les policiers tentent plusieurs stratégies. Au début, ils suivent les autobus. Des équipes jouent les passagers.

Vieilles techniques policières

Devant l’inefficacité de ce travail, ils reviennent aux « vieilles techniques policières ». Ils se font discrets et se cachent eux aussi dans des buissons, des cages d’escaliers, des containers poubelles et même des arbres. Pour encore plus d’efficacité, les horaires de travail des équipes sont décalés, des policiers ne prennent plus de congés ou de vacances et n’ont plus qu’un seul objectif : prendre en flagrant délit le suspect. Pour leur offrir un répit et un renfort, le préfet a même demandé des CRS le temps d’un week-end, début octobre.

À l’hôtel de police, on précise néanmoins que le personnel s’était mis un point d’honneur à interpeller l’auteur. Le jeu du chat et de la souris reprend en début de semaine, après la décision du Syndicat mixte des transports en commun de restaurer le service de bus de nuit suite à une période de réduction de service destinée à prévenir le vandalisme.

Jeudi soir, les fonctionnaires étaient en place. Mais une vitre de bus a tout de même été touchée par une pierre à l’angle de la rue de Delémont et de l’avenue Leclerc. Ce n’est que partie remise. Vendredi vers 20 h, les policiers de la brigade anticriminalité et de la brigade canine aperçoivent le suspect, dont le visage est masqué par une capuche et un passe-montagne, se dissimuler dans des buissons de la rue de Sofia dans un secteur où il a une vue imprenable sur le boulevard Kennedy. Mais il ne reste que quelques minutes puis repart. À ce moment-là, les policiers le perdent de vue avant de le repérer, une demi-heure plus tard. Il traverse le parc de la Douce. Ils le suivent jusqu’à la rue de Sofia. En parallèle, ordre est donné à un fonctionnaire en planque rue de Bruxelles, de monter dans le bus n° 9 de la ligne 1 (Valdoie Résidences).

« Il arme sa fronde »

A son passage rue de Zaporojie, les policiers voient le suspect armer sa fronde verte fluo et tiré en direction du bus. Une vitre étoilée, il s’arrête. Le policier en descend pour rejoindre son collègue qui veut procéder à l’interpellation du Belfortain. Contre toute attente, celui s’enfuit à bicyclette. Ils le poursuivent au pas de course jusqu’au parking de la rue de Zagreb. Là un troisième policier lui barre la route et lui ordonne de s’arrêter. Il est heurté par le cycliste, tandis que ses collègues le rejoignent pour maîtriser le fuyard.

Celui que la rumeur publique [sic] désigne comme l’auteur des caillassages de bus et de diverses dégradations ces deux dernières années, dont certaines destructions par incendie d’engins de chantier, a été placé en garde à vue. Lors de son audition, le Belfortain a nié toute participation aussi bien dans l’ensemble des caillassages de bus que dans celui où il a été pris en flagrant délit. Le parquet estime que les éléments sont suffisants pour le déférer à une audience du tribunal dans le cadre de la procédure d’urgence de comparution immédiate, mardi. En attendant, il a été déféré au parquet de Belfort en milieu d’après-midi. Il a ensuite été écroué à la maison d’arrêt, pour garantir sa représentation à l’audience. Dans l’état actuel de l’enquête, il n’y comparaîtra que pour une dégradation d’autobus. Avec des présomptions sur les autres.

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Voiture Optymo en flammes

estrepublicain / lundi 26 octobre 2014

Belfort.- Situé à l’angle des rues Jean-Dollfus et Jardon, un couple fermait ses volets, hier soir vers 18 h 15, lorsqu’ils ont aperçu des flammes dans une Peugeot Bipper. « Les flammes paraissaient venir de l’habitacle côté conducteur », explique une personne âgée. Il semblerait effectivement que la vitre avant gauche ait été brisée et qu’un objet enflammé ait été jeté à l’intérieur. À l’arrivée des pompiers de Belfort-Sud, l’intérieur du véhicule brûlait et des flammes léchaient la carrosserie après l’éclat des vitres. Les sigles d’Optymo ont notamment fondu sous l’effet de la chaleur. Les secours ont utilisé une barre à mine pour forcer la porte arrière pour éteindre l’incendie avec une lance à mousse. Cet incendie a cependant créé un début de psychose dans la portion de la rue Jardon située à l’arrière de la cité scolaire Raoul-Follereau. « Cette voiture était garée très près de nos fenêtres », ajoute une retraitée. « J’ai vraiment eu peur que le feu se communique à la maison. Aujourd’hui je ne souhaite plus de voitures Optymo devant mes fenêtres. Elles provoquent trop d’insécurité. » Du côté de l’enquête, aucune piste n’est écartée, y compris des représailles par rapport à une interpellation vendredi soir. C’est la seconde fourgonnette Peugeot Bipper en accès libre qui brûle depuis le début de l’année et la sixième voiture toutes marques confondues depuis janvier. Tous ses feux ont eu lieu dans un périmètre restreint qui va de Bavilliers au boulevard Anatole-France.

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