Marseille : Coup de fil de flic…

Marseille Infos Autonomes / mercredi 9 septembre 2020

Un flic passe des coups de fil pour essayer de gratter des infos sur différentes personnes des « milieux militants ». La deuxième semaine du mois de mars, une personne qui habite à Marseille et qui fait partie d’une « scène squat » a reçu un appel d’un keuf, qui a tenté de lui coller la pression en lui parlant d’une lettre qu’elle aurait soit-disant écrite et de lui poser des questions à propos d’une troisième personne.

Voici l’appel téléphonique en question :

Une personne – qu’on a qu’à appeler « A » – reçoit un appel sur son téléphone de la part de quelqu’un qui se présente simplement comme Bruno. Il commence à lui poser des questions concernant une lettre sans vouloir donner plus d’information sur le contenu, la date etc. de celle-ci.
Il justifie son appel en expliquant que la lettre en question est signée « A » et qu’il appelle donc « la seule « A » que il connaît ». A demande alors à qui elle a à faire, et Bruno finit par se présenter comme policier d’un service dont il est difficile de se rappeler précisément mais qui pourrait être la direction départementale de la sécurité publique. Difficile de savoir si il y a vraiment une lettre ou si c’est du mytho. Il propose en tout cas de se rencontrer pour lui faire lire la lettre (en restant très très vague) et essaye de foutre la pression : « si tu l’as écrite tu sais très bien de quoi il s’agit ». Voyant que A ne répond pas aux questions et ne sait pas de quoi il s’agit, il enchaîne ensuite en demandant si elle connaît le « groupe » de A., B., et C., citant ainsi trois noms. A répond qu’elle n’en sait rien et Bruno lui dit que son numéro s’est affiché et que donc si elle a des choses à dire elle peut le rappeler.
Le même jour, un appel a été passé à la famille de A par quelqu’un qui s’est fait passé pour un ancien ami de lycée pour demander si A habite toujours là-bas.

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On est pas très surpris.es. Ce genre de méthodes sont couramment utilisées par les flics et on sait pas ce que ça présage dans ce cas-ci (on a pas envie de traiter ça comme une situation exceptionnelle ni de la banaliser). Rendre publique ce type d’informations pourrait aider à désamorcer des mécanismes qui peuvent être présents assez rapidement quand il est question des méthodes des flics : soit parce que les personnes en face renvoient un truc de « t’es parano ça n’existe pas » (les micros ou les caméras dans les domiciles ou les filatures etc.) soit « tu t’es pris pour Mesrine ou bien ? » ou encore une valorisation chelou qui ne permet pas d’aller au fond des choses. Et pourquoi pas aider aussi à briser les appréhensions qu’il peut y avoir à se visibiliser auprès de personnes qu’on ne connaît pas trop comme quelqu’un qui « intéresse les flics » par peur de subir du rejet ou de la mise à distance, de devenir « cramé » à fréquenter.

Enfin, c’est une manière de signifier à ce Bruno et aux autres que ça sert à rien de rappeler la personne en question et d’encourager d’autres personnes qui auraient reçu des coup de fils, des intimidations diverses et variées ou des propositions faites par les keufs à en parler afin de repérer et tenter de déjouer leurs manœuvres dégueulasses.

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