reçu par mail (en espagnol) / mi-août 2026
Revendication de l’attaque avec un engin explosif contre la Caisse Militaire, à Montevideo, Uruguay
À minuit, le 15 juin de cette année, nous avons fait détoner un engin explosif à la Caisse des retraites et des pensions des Forces armées, à Montevideo, en Uruguay. Il a été fabriqué avec des matériaux accessibles à tout le monde et activé avec un simple système mécanique.
La Caisse Militaire est une concrétisation claire de la manière dont le pouvoir nous vole, nous exploite et nous réprime. Une caisse subventionnée avec le sang de tout le monde, pour enrichir et corrompre les militaires qui, le cas échéant, tireront sur les révolté.es.
Nous traînons nos chaînes, nous vivons en raclant le fond de nos salaires, pour alimenter le mécanisme de l’exploitation. Le capital et les forces répressives vont toujours main dans la main, pour nous sucer nos vies et, si jamais nous nous rebellons : tuer, torturer et faire disparaître.
Nous avons choisi de cibler l’infrastructure de nos misères et de nos angoisses. Ce n’est pas la voisine, ce n’est pas celui/celle qui vit dans la rue, ce ne sont pas les toxicomanes, ni le petit voleur. Ce ne sont pas les gamin.es qui finissent au service des narcotrafiquants. L’ennemi, c’est une poignée de privilégiés, c’est l’autorité, ce sont ceux qui sont en haut de la hiérarchie et les partis politiques qui tirent profit de l’administration de leur fief.
Ils savent où ils sont.
Ici, les tortionnaires constituent une véritable institution, qui fait ce pour quoi elle existe : protéger les intérêts des riches et des puissants. Avant et pendant la dictature, les militaires ont agi en fonction de leur raison d’être et non pas à titre exceptionnel. Ici, au Congo ou à Haïti, il n’y a pas eu d’erreurs, il n’y a pas eu d’excès, la fonction de l’armée est de garantir l’exploitation.
Cette année, ils ont eu un rôle de protagonistes. Ils ont placé des chars dans des quartiers. Mais pas avant d’avoir promené à travers le territoire et traité comme une star l’armée coloniale, en jouant à la guerre sur leurs porte-avions. Aimez-vous jouer à la guerre, Monsieur le Président ?
La ministre a qualifié cette action de fait isolé. Au contraire, cette action s’inscrit dans la longue trajectoire de la lutte contre l’oppression. Elle est une mémoire active contre les bourreaux que vous protégez et dirigez. Les rebelles disparu.es [desaparecidxs], torturé.es et emprisonné.es d’hier et d’aujourd’hui sont présent.es dans l’action directe, dans la confrontation avec le capital et l’État qui le protège. Mille funérailles avec mille personnes en silence ne compensent pas l’abandon de la lutte.
La nuit du 15 juin, une fois de plus, il a été évident qu’il est possible d’attaquer de manière percutante, que leur panoptique ne nous observe pas tout le temps, qu’il y a suffisamment de fissures pour transformer l’ennui, la colère en rébellion. Il s’agit de mettre la main à l’œuvre.
La répression ne vient pas seulement sous forme de bottes militaires. Les écrans sont des chaînes, l’offensive s’y distrait.
Dans le Río de la Plata, il y a du bois qui brûle sans fumée [il y a des choses qui se passent sans qu’on ne les voie ; NdAtt.]. Avec des essais et des erreurs, avec détermination et prudence, avec ce que l’on a sous la main. Arme ton groupe !
Sara Ardizzone, Alessandro Mercogliano, Kyriakos Ximitris, Mauricio Morales et Santiago
Maldonado dans la mémoire active.






















































