Budapest Antifascist Solidarity Committee / mardi 11 août 2026
Depuis fin juin, la direction et les fonctionnaires de la prison de Budapest, où Maja est détenu.e, essayent d’empêcher Maja de porter des vêtements dits féminins. Les harcèlements se sont intensifiés le 17 juillet 2026, lorsque plusieurs fonctionnaires ont écrasé et légèrement blessé Maja, dans sa cellule de prison. L’établissement [pénitentiaire] a ensuite engagé une procédure disciplinaire à l’encontre de Maja, car Maja aurait prétendument agressé les fonctionnaires. La procédure est en cours. Maja risque d’être exclu.e des activités récréatives et de vie en commun pendant trois mois et donc de se trouver à nouveau dans un isolement complet.
Depuis mai 2026, Maja portait le plus souvent, en détention, des jupes et des robes reçues dans des colis de vêtements envoyés par sa famille. Fin juin 2026, il y a eu un entretien avec la direction de la prison, au cours duquel la demande de Maja de participer à la promenade collective a été rejetée sans aucune justification. À cette occasion, le chef de la sécurité a communiqué oralement à Maja que le port de vêtements féminins serait interdit.
Maja a continué à porter des jupes, des robes et d’autres vêtements prétendument féminins. Certains fonctionnaires ont essayé de l’en empêcher, d’autres non. À la fin, Maja s’est imposé.e et, pendant un petit peu de temps, a pu s’habiller selon son libre choix.
Ensuite, l’établissement a commencé à profiter des visites (de la famille, de l’avocat, de parlementaires et du pasteur) pour harceler Maja : Maja devait porter des leggings sous sa robe, qui arrivait aux genoux, ou alors mettre la robe dans un pantalon ; lors d’un parloir, un fonctionnaire a pris une photo de Maja ; les fonctionnaires cherchaient querelle à Maja et prétendaient que le port de vêtements féminins serait interdit dans une taule pour hommes. Le 13 juillet 2026, un haut fonctionnaire a lui aussi déclaré à Maja que les vêtements féminins seraient interdits. Maja n’a jamais reçu de justification écrite ou juridique à ce sujet.
Puis, le 17 juillet 2026, un commando de cinq fonctionnaires, dont le chef de la sécurité et un fonctionnaire masqué, est entré dans la cellule de Maja. Ils voulaient fouiller la cellule à la recherche d’objets interdits. Maja a exigé le règlement intérieur en langue allemande, ainsi qu’un appel téléphonique à son avocat et au consulat. Les fonctionnaires ont refusé tout cela. En ce moment, Maja portait une culotte et un débardeur et devait s’habiller un peu. Maja a mis une robe. Les agents ont sommé Maja de porter autre chose. Maja a refusé. Après cinq minutes de dispute, ils ont menacé de recourir à des mesures coercitives. Maja en a demandé la justification juridique, en vain. Sur un signe du chef de service, l’agent cagoulé a plaqué Maja au sol, plusieurs fonctionnaires se sont agenouillés sur Maja, lui ont pressé la tête contre le sol et lui ont mis les menottes.
Maja a été traîné.e de force dans une salle de soins. À partir de ce moment, le directeur de l’établissement était aussi présent. La médecin a constaté une lèvre fendue et des douleurs sur le côté gauche du front. Pour cet examen, Maja a été déshabillé.e sous la contrainte. La robe a été prise et à sa place Maja a reçu un polo. Quant aux blessures, plus tard Maja a constaté elle/lui-même : une lèvre fendue, une contusion à l’oreille, des douleurs au côté gauche de la mâchoire et à la tempe gauche et des forts maux de tête.
Après cette agression, les fonctionnaires ont retiré de la cellule de Maja tous les vêtements féminins, ou ce qu’ils considèrent comme tels, et les ont emmenés au dépôt. Un fonctionnaire a ensuite informé Maja qu’une procédure disciplinaire allait être engagée à son encontre, car Maja aurait agressé les fonctionnaires. Par la suite, un commando de six personnes, armées de mitraillettes, a conduit Maja, avec des menottes, une ceinture de contention et des entraves aux pieds, à l’hôpital municipal, où on lui a effectué une radiographie de la tête.
Dans le cadre de la procédure disciplinaire, deux audiences ont eu lieu, le 30 juillet et le 4 août 2026, au cours desquelles les cinq fonctionnaires et Maja ont été interrogé.es. L’établissement a décidé d’exclure Maja des activités récréatives et de vie en commun pendant trois mois. Les avocats de Maja ont présenté un recours contre cette décision, ce qui a un effet suspensif.
En tant que comité de solidarité avec Maja, nous considérons ces événements comme une nouvelle escalade dans le conflit que Maja mène pour son autodétermination. Maja, une personne non-binaire, est détenu.e dans un système carcéral qui insiste pour imposer sa norme binaire quant au genre. À cause de sa résistance quotidienne et de plus en plus directe à ces normes dominantes, Maja est confronté.e à des fortes violences psychologiques et désormais aussi physiques. Cet incident montre une fois de plus que Maja n’aurait jamais dû être extradé.e vers la Hongrie. L’Allemagne doit en assumer la responsabilité. Au contraire, le ministère des Affaires étrangères et l’ambassade ne font que de promesses creuses et brillent par leur silence et leur absence.
À ce sujet, Maja écrit : « Je veux en parler, car ils n’arrêtent pas de nous traiter avec condescendance, avec des règles, des interdictions et des consignes, au besoin avec la force, comme aujourd’hui. Nous pouvons nous respecter ou nous devons nous battre pour cela ». Et plus loin : « Je savais que cela arriverait. J’ai profité de chaque jour où j’ai trouvé la confiance nécessaire pour être bienveillant.e et honnête envers moi-même. Beaucoup de regards dédaigneux, de commentaires stupides, des cris, d’indifférence – tout cela parce que je portais ce qui me plaît ».
Nous sommes aux côtés de Maja, dans sa lutte pour son autodétermination et dans sa résistance contre les normes de genre et contre la taule. Montrez votre solidarité avec Maja. Protestons contre la procédure disciplinaire et la menace d’une exclusion de trois mois de toutes les activités récréatives et de vie en commun.
Comité de solidarité avec Maja
le 11 août 2026






















































