knack.news / dimanche 4 janvier 2026
L’arrêt des centrales électriques à combustible fossile est un travail manuel. Courage. Des vœux militants pour le Nouvel an.
DES VŒUX POUR LE NOUVEL AN 2026. COURAGE !
Nous ne pouvons plus nous permettre les riches.
Nous pouvons entamer la fin du mode de vie impérial.
Nous pouvons arrêter la surexploitation de la terre.
La terre est épuisée, vidée, brûlée, maltraitée, incendiée, violée, détruite par la cupidité d’énergie. Des régions entières sont rendues inhabitables par la chaleur. Elles brûlent, tout simplement. Ou alors, des habitats disparaissent sous les flot, lors d’inondations, ou en raison du niveau de la mer qui monte.
L’arrêt des centrales électriques à combustible fossile est un travail manuel. Courage.
Nous savons que nous devons interrompre cette destruction. Nous savons que nous ne sommes pas seul.es. Ne renoncez pas à l’espoir en un monde où c’est la vie qui a sa place et non la cupidité d’argent, de pouvoir et de destruction.
Cette nuit, nous avons saboté avec succès la centrale électrique à gaz, dans le quartier berlinois de Lichterfelde. Il y a eu des coupures de courant dans les quartiers riches de Wannsee, Zehlendorf et Nikolassee. Le but de l’action n’étaient pas les coupures de courant, mais le secteur des énergies fossiles. Nous nous excusons auprès des personnes moins riches du sud-ouest de Berlin. Pour les nombreux propriétaires de villas dans ces quartiers, notre compassion est limitée. Nous expliquons pourquoi dans notre contribution ci-dessous.
Notre action d’intérêt général a du sens d’un point de vue social. Dans notre texte relatif à l’action, nous avons aussi pris position de manière plus détaillée là-dessus.
L’attaque contre la centrale électrique à gaz est un acte de légitime défense et de solidarité internationale avec tou.tes celles/ceux qui protègent la terre et la vie. Les infrastructures qui servent à l’« attaque technologique » et qui favorisent la destruction de la terre peuvent être sabotées. La production d’énergie fossile peut être arrêtée. Les métropoles-smart city, ce que Berlin devrait devenir, peuvent être évitées. Avec l’entreprise Stromnetz Berlin, c’est un composant de cette vision catastrophique d’une smart city qui a été touché.
Pour nous, il est évident que nous avons exclu à tout moment le risque de mettre en danger des vies humaines.
Notre déclaration détaillée est jointe à cette information.
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DES VŒUX POUR LE NOUVEL AN 2026. COURAGE !
Cupidité de pouvoir, cupidité d’énergie, cupidité de destruction
La terre est épuisée, vidée, brûlée, maltraitée, incendiée, violée, détruite par la cupidité d’énergie. Des régions entières sont rendues inhabitables par la chaleur. Elles brûlent tout simplement. Ou alors, des habitats disparaissent sous les flot, lors d’inondations, ou en raison du niveau de la mer qui monte. Ainsi, plusieurs milliers d’habitant.es de Tuvalu, dans le Pacifique, cherchent déjà un refuge en Australie.
L’année dernière, la concentration de CO² dans l’atmosphère est montée à 423,9 parties de dioxyde de carbone par million. Une valeur qui surpasse toutes les précédentes. Dans le même temps, les climatologues s’accordent à dire que les gigantesques courants océaniques transatlantiques seront tôt ou tard endigués, en raison du réchauffement climatique. Cet effondrement des courants marins, qui ont apporté jusqu’ici un climat doux au nord, n’est qu’une partie de la catastrophe qui nous attend.
Mais la soif d’énergie est insatiable et elle se fraye un chemin à travers la croûte terrestre et notre vie, entre autres, pour nourrir l’intelligence artificielle, qui ensuite produit des stéréotypes, des absurdités et qui nous confond, nous désoriente et/ou nous manipule. Pendant que le langage, l’expression et la vivacité sont de plus en plus réduits, mutilés et limités par chaque nouvel « apprentissage » de l’IA avec les données précédentes.
Nous alimentons avec nos données les « nuages » appelés clouds, qui ne sont rien d’autre que des centres de calcul et des serveurs gigantesques et énergivores. Qui, en plus, boivent aussi notre eau potable et excrètent des nombres, nous bombardent sur nos écrans avec beaucoup de spam inutile, prétendument important, jusqu’à ce que nous ayons désappris à regarder notre voisin.ne dans les yeux. Devenu.es dépendant.es de ces petits appareils, nous sommes toujours prêt.es à envoyer un émoji et à nourrir le « grand frère », dont l’algorithme enregistre nos écarts par rapport à la norme et répond à nos recherches avant même que nous ayons fini de formuler nos pensées. Au lieu de bavarder en direct avec nos ami.es, nous sommes assis.es, pendant que les flux de données nous dévorent et nous noient dans les appareils. Nous servons notre propre surveillance et elle est totale. Les entreprises de la technologie sont entre les mains d’hommes qui ont le pouvoir que nous leur donnons. Nous bouffons les images colorées que les machines nous présentent filtrées et nous mourons de faim devant nos écrans, de solitude et d’aliénation. Nous devenons des zombies qui se piétinent les un.es les autres dans la circulation routière. Nous sommes prisonnier.es dans un système numérique qui nous retire de plus en plus notre droit à l’existence, si nous ne nous soumettons pas aux règles du jeu et si nous ne transférons pas notre vie sur les réseaux sociaux, les chats, les réalités artificielles. Nous ne pouvons pas recevoir d’argent, nous ne pouvons rien réserver ou acheter en espèces. Sans accès au monde numérique, nous sommes de plus en plus exclu.es, nous perdons le contact avec ce qui semble être la normalité. Nous avons peur de ce qui nous arrive et nous nous enfouissons encore plus profondément derrière les écrans, au lieu d’éteindre les appareils et de reprendre le pouvoir à ceux qui nous traquent, nous suivent, nous observent et nous manipulent. Nous nous rendons aveugles à la connaissance qu’Edward Snowden à diffusé au risque de sa vie. Nous nous rendons sourd.es aux cris muets des indigènes, des paysan.nes, qui voient brûler sous leurs yeux les fondements de la vie sur la planète. Au contraire, avec chaque publication nous alimentons le feu qui nous encercle et qui, chaque année, fait grimper les températures à un nouveau record. Un jour, nous mourrons simplement de soif et de faim, assis.es devant des écrans lumineux ou des appareils morts. Il n’est plus si difficile d’imaginer cela.
Nous ne disons pas que nous connaissons la porte de sortie. Mais nous savons que nous devons mettre fin à cette destruction. Le hédonisme ne peut plus nous capturer, une fois que nous avons senti la sueur de la peur qui se répand, quand il n’y a plus de porte de sortie. Plus d’avant, plus de retour en arrière. Seul l’effroi de voir où nous, en tant qu’humanité, en sommes arrivé.es. Quand la question nous sera posée : Qu’as-tu fait, au juste, pour empêcher ce qui nous arrive ? Tu l’a pourtant vu venir, nous demanderont les survivants, les générations futures. Ne nous parle pas, s’il te plaît, de partis politiques. Ne nous parle pas d’alternatives brunes en costumes à rayures et tailleurs. Ni, non plus, des Verts ou de la gauche. Ne nous parle pas de l’économie, dont le libre marché réglera bientôt le problème. L’économie et la politique dealent tous les jours avec la mort. Avec des dictatures et des bouchers. Les préoccupations sont proches de zéro, par exemple quand il s’agit de satisfaire la soif d’énergie. La Russie continue de livrer du gaz à l’Europe, via Nord Stream 1. Et les États-Unis veulent le pétrole du Venezuela. C’est pourquoi il y a maintenant des attaques militaires. Et la production de gaz de schiste est extrêmement polluante. Déjà lors de l’extraction, on compte une perte de méthane de 6 à 10%, ce qui réchauffe encore plus l’atmosphère.
Le 95 % du gaz brûlé en Allemagne est importé. Les sommets sur le climat ne donnent lieu qu’à des déclarations tactiques, faites du bout des lèvres, car les pays producteurs de pétrole n’ont aucun intérêt dans la protection du climat, seulement dans l’argent. Parce que les pays développés orientent leur politique vers l’argent et la croissance, les lobbyistes en Europe se voient offrir l’abandon des voitures thermiques.
La ministre allemande de l’Économie, Katharina Reiche, a par exemple été secrétaire d’État au ministère fédéral des Transports, lobbyiste auprès de l’Association des entreprises municipales (VKM) et directrice de Westenergie, une filiale d’E.ON. La ministre d’E.ON, Reiche, se présente comme une partisane de l’hydrogène, mais elle mise surtout sur le gaz naturel. Elle devrait donc lancer des appels d’offres pour d’autres centrales électriques à gaz, d’une puissance de 10 gigawatts, qui devraient être raccordées au réseau d’ici 2031, ce qui correspondra à environ 25 nouvelles centrales. Vingt milliards d’euros sont prévus pour ces nouvelles centrales électriques à gaz.
Reiche préféreraient de toute façon reporter la neutralité carbone de l’Allemagne de 2045 à 2050.
Les principaux responsables de la destruction du climat par l’être humain ne sont pas celles/ceux qui en souffrent le plus, qui en paient le prix avec leur santé et leur vie. Les peuples du Sud paient déjà le prix le plus élevé. Les pays du Nord global, et bientôt aussi la Chine, entre autres, décident de la vie de tout le monde. La Chine, en tant que dictature communiste, raciste et patriarcale, peut, avec les « terres rares », faire pression sur les pays qui ne suivent pas sa ligne et ainsi, petit à petit, intégrer des pays, des cultures et des systèmes politiques dans le cocon de la nouvelle puissance dictatoriale mondiale. Plus de 85 % des « terres rares » raffinées dans le monde proviennent de Chine. Et ce sont les riches qui sont un problème. Ce sont les super-riches qui mettent le feu au monde. À l’est, à l’ouest, au sud et au nord. 60 % des investissements des super-riches dans le monde vont dans le secteur du le gaz et du pétrole. Et environ 300 super-riches émettent plus de CO² que les 110 pays les plus pauvres du monde. Ces criminels le savent. Ça leur est égal. Leur cupidité d’encore plus de richesses et de pouvoir fixe la norme que tous suivent. Ils préparent leur propre « sauvetage » sur des îles retirées ou dans l’espace, une fois qu’ils auront brûlé cette terre. Il y a quelques années, nous aurions encore ri de ces cinglés misogynes, mais ils prennent cela très au sérieux. Zuckerberg veut plus d’« énergie masculine ». Musk « produit » des enfants à la chaîne, pour que son clan survive.
Parmi les responsables, personne ne résout le « problème ». Et, surtout, le problème fondamental ne sera pas résolu au niveau régional. Au contraire – le monde entier s’arme pour la dernière grande bataille pour les ressources, l’eau, la nourriture et l’accès à des régions stratégiquement importantes, afin d’éviter ou du moins de retarder autant que possible l’issue fatale de sa propre sphère de pouvoir. Afin de pouvoir proposer aussi longtemps que possible une participation à sa population. Afin que nous, dans le Nord global, pris.es dans un monde de consommation et un mode de vie impérial, collaborions et confirmions le pouvoir, avec ses conceptions de plus en plus autoritaires. Car il ne s’agit plus de liberté pour tou.tes, mais seulement de sécurité pour quelques-un.es. La promesse de sécurité est un droit exclusif de ceux qui peuvent l’imposer. Nous faisons payer notre mode de vie impérial aux perdant.es, à ceux/celles qui sont trop faibles pour se défendre contre « nous ».
Avec notre action militante, nous rejetons les offres à participer à un monde brûlé. C’est pourquoi nous avons mené l’action contre la centrale électrique à gaz de Lichterfelde.
De cette manière, nous n’empêchons pas notre propre implication dans un mode de vie impérial, aux frais d’autres vies, mais nous envoyons un signal. Une fois de plus, comme le font de nombreuses personnes et groupes dans différents endroits du monde. Comme certains groupes, tel par exemple les Vulkangruppen [groupes Volcan], le font constamment ici aussi, depuis 2011.
Nous savons que ces mots n’atteignent pas beaucoup de gens – elles/ils sont tellement éloigné.es de l’idée d’un monde et d’une vie en commun qui ne reposent pas sur la destruction, que ces mots les atteignent aussi peu que la misère du monde quotidiennement diffusée en haute définition sur les écrans. Nous pouvons énumérer des kilomètres de faits et ne pas être entendu.es.
Nous ne sommes pas les premier.es et nous ne serons pas les dernier.es à essayer malgré tout d’atteindre les gens avec des mots. Nous ne sommes pas les premier.es ni les dernier.es à passer au sabotage, car nous jouons la carte du temps. En même temps, nous et d’autres utilisons le temps gagné pour inverser le processus de destruction de toutes les formes de vie. On nous traite d’écoterroristes, alors que nous respectons la vie. On nous appelle irresponsables, alors que nous assumons la responsabilités de mettre fin à ce mode de vie impérial et destructeur.
Notre action d’intérêt général a du sens d’un point de vue social. Nous essayons ainsi d’interrompre l’exploitation de la terre, d’empêcher les morts liées au CO² et d’arrêter les maladies liées à la catastrophe climatique. Nous essayions ainsi de mettre un terme à l’extinction des espèces et de rendre le monde à nouveau plus digne d’être habité, par tou.tes. Ceux qui nous appellent « écoterroristes » sont eux-mêmes les vrais écoterroristes et ils formulent cela dans le sens d’intérêts égoïstes et de calculs de pouvoir.
Nous voyons les inconscient.es se croire intelligent.es et croire que le changement climatique, ce sont des fake news. Croire que l’empathie, c’est du wokisme et n’avoir en tête que des pensées pour leur propres avantages, sans se rendre compte de la façon dont les choses qui les entourent sont liées entre elles. Nous voyons derrière cette résistance croissante aux faits un système de ceux qui investissent dans la destruction de la terre. Ils sont les mêmes qui ont dans leurs mains le pouvoir sur les grandes entreprises technologiques, ce qui leur permet d’élever une espèce humaine qui applaudit quand des gens se noient, meurent de soif ou de faim ou crèvent d’autres manières, dans la tentative d’atteindre l’Europe ou les États-Unis. Ces chauvins de la prospérité et ces adhérents à des partis, manipulés, soutiennent Trump, Modi, Milei, Netanyahou, Merz, Weidel, Poutine, Höcke, Orban, Vans [probablement Vance ; NdAtt.], Xi et tous les autres, dans leur « défense » de la liberté. La liberté de décider qui doit mourir et qui non. Qui a accès à la richesse et qui non. Ainsi, chaque réfugié.e mort.e pendant sa fuite a son/sa correspondant.e ici, dans un état de profonde dépression. Chaque personne qui meurt de faim nous rend plus gros.ses et plus malades, ici.
Nous, gens du Nord global, des métropoles riches, ne tirons aucun profit de la misère d’autres personnes. La richesse matérielle n’est pas une richesse au sens d’une idée, qui peut se réjouir de la vie de tou.tes.
Si seulement, dans chaque pays, une petite partie de la population disait : « Ça suffit, maintenant. Plus avec nous, pas en mon nom. Aucun être humain ne doit plus mourir à cause de nous. » Si nous refusons de fonctionner et de jouer le jeu, si nous devenons le sable dans la machine que nous avons nous-mêmes jusqu’ici alimentée, alors quelque chose se met en mouvement, alors nous pouvons développer la force nécessaire pour arrêter les causes, une bonne fois pour toutes.
Nous avons donc besoin d’une Internationale du refus d’un progrès qui ne se fonde que sur la destruction, le meurtre et le pillage. Nous appelons, désespéré.es, en colère et déterminé.es à la fois, et nous nous joignons aux appels des autres : sabotez l’infrastructure des énergies fossiles, les réseaux électriques, l’exploitation de la terre, les data centres, l’industrie des puces électroniques et leurs fournisseurs, détruisez les conditions préalables à l’industrie automobile et à l’industrie de l’armement, au transport aérien, aux villas, aux yachts, aux vaisseaux spatiaux et aux terrains de golf. Détruisez les locaux de la police, qui est le garant des rapports de propriété patriarcaux, car la terre appartient à elle-même et à tous les êtres vivants et non pas aux êtres humains, ou plutôt seulement aux hommes, ou plutôt seulement aux plus riches d’entre eux. Cet appel de désespoir est aussi un tocsin, un cri d’espoir et il n’a pas de limite territoriale, il est global. Nous parlons d’une Internationale qui ne se réclame pas d’un patriarche, ni de la galerie de têtes que les communistes vénèrent, mais qui part de conditions différentes. Qui soit comprise en Chine, en Europe, aux États-Unis, en Inde et au Pakistan, dans tous les coins du monde couverts par Starlink, dans chaque pays où le drone meurtrier cherche sa cible et a donc besoin d’électricité. Dans chaque pays où, sans énergie, les forces belligérantes sont aveugles et les gens peuvent quitter les champs de bataille sans que personne ne puisse plus donner l’ordre de les tuer. Où les bourses ne fonctionnent plus et où les Bitcoins ne peuvent plus être récupérés.
Nous le disons encore une fois, nous avons quelques idées, mais aucune réponse définitive sur le chemin. Mais sur l’objectif, si. Chaque contribution compte. Mais tout essayer, dans la mesure de nos possibilités, pour mettre fin à ce mode de vie impérial, ne peut pas être une erreur. Le progrès de la destruction est fait par l’être humain, nous pouvons aussi l’arrêter. Dans les pas de la résistance, dans les échos des langues et des cultures les plus différentes, dans ce que d’autres nous envoient, nous nous trouverons et nous nous reconnaîtrons. Il s’agit de la terre. Il s’agit de la vie. Il s’agit de lutter contre des hommes immatures et stupides, aux leviers du pouvoir, qui se comportent comme s’ils actionnaient une une pelleteuse-jouet.
Il n’y a pas de temps pour la frustration quant à la résistance au changement climatique d’origine humaine et le nombre croissent de personnes qui nient ce changement. Nous devons tirer des leçons de nos défaites, non pas en allant dans des partis ou nous renfermant dans le privé ou en nous adaptant à l’effondrement, mais en établissant des faits. Éteindre une centrale électrique à gaz est l’un de ces faits, mais il peut s’agir aussi d’occupations de terres, de places et de forêts, de la destruction de terrains de golf et d’aéroports des riches. Il faut de l’imagination et aussi notre détermination.
Switch off la cupidité d’énergie, switch off la gestion numérique de la vie, switch off le progrès de la destruction.
Aujourd’hui, nous avons attaqué la centrale électrique de cogénération, à gaz et à turbines à vapeur, de Licherfelde. La centrale produit une puissance électrique totale de 300 MW à partir de gaz naturel. La cible étaient les lignes électriques à haute tension, afin de causer des dommages importants à l’entreprise. Nous avons mis le feu à la passerelle des câbles, qui n’est pas répertoriée publiquement et qui traverse le canal de Teltow depuis la centrale électrique de Lichterfelde, du côté des espaces verts. En plus, nous avons court-circuité les faisceaux de câbles brûlés, avec des barres d’acier qui se trouvaient là.
Dès que la panne de livraison sera constatée, l’entreprise d’énergie devra acheter de l’électricité en temps réel sur le marché libre, pour respecter les obligations contractuelles qu’elle a contractées, pour la livraison d’électricité. Nous ne pensons pas avoir déconnecté de cette manière 100 000 foyers du réseau [comme disent les journaux ; NdAtt.], mais seulement du réseau de cette centrale électrique. Le réseau énergétique, qui dispose de plusieurs systèmes de sécurité, reconnectera rapidement les foyers, via d’autres voies de distribution d’énergie d’un réseau électrique largement ramifié. L’achat à court terme d’énergie aux prix du marché est peut-être plus cher qu’au moment où l’entreprise d’énergie a acheté l’électricité à la Bourse de l’électricité de Leipzig (EEX). Pour éviter de payer des pénalités aux différents consommateurs d’énergie, comme prévu au contrat, ils n’ont pas d’autre choix. Nous avons court-circuité plus de vingt lignes de 110 kV, sans que les conduites du chauffage urbain soient impliquées. Mais nous ne pouvons pas exclure un effets sur le réseau de chauffage urbain.
Notre action se différencie dans la pratique de celle d’Adlershof, le 9 septembre 2025, contre le centre technologique. Il s’agissait là d’une ligne d’alimentation, en négligeait la protection redondante. La situation était similaire dans le cas du groupe Vulkangruppe Tesla ausschalten [Groupe Volcan éteindre Tesla] qui a coupé du réseau l’usine Tesla, en détruisant une ligne d’alimentation [le 5 mars 2024, à Grüneheide, près de Berlin ; NdAtt.], en touchant environ 5 000 foyers privés. Dans notre cas, ce n’est pas une infrastructure comme le parc technologique ou la Gigafactory qui est débranchée, de sorte que cette infrastructure rentre dans le black-out, mais la centrale électrique, avec sa vaste ramification de câbles, qui est débranchée du réseau électrique. Elle produit encore de l’électricité, mais ne peut plus l’injecter dans le réseau et du coup ne peut plus la livrer. La possibilité d’approvisionner les foyers privés par d’autres centrales électriques est toutefois maintenue et c’est aussi ce qui est envisagé par les autorités et les géants de l’énergie. Cependant, il n’est pas exclu que notre action puisse avoir des répercussions plus importantes sur certains transformateurs.
Nous n’avons pas interrompu l’approvisionnement en chauffage urbain (puissance thermique de 690 MW).
Les foyers individuels ne sont pas la cible de l’action. La cible de l’action est infliger un coup dur à l’industrie du gaz et à la cupidité d’énergie.
Si des pannes prolongées ont lieu dans des foyers privés, nous voulons par la présente préciser qu’ils ne sont pas la cible de l’attaque. Et cet effet n’était ni envisagé, ni calculé par nous. Nous avons à tout moment exclu la mise en danger de vies humaines.
Puisque nous n’avons pas la certitude à 100% des réactions en chaîne, qui ne relèvent pas de notre responsabilité, que notre arrêt de la centrale à gaz pourrait avoir, nous adressons la demande suivante aux foyers éventuellement touchés : sonnez chez vos voisin.es. En cas de panne d’électricité, pensez à aider les personnes âgées ou dans le besoin. Prenez soin de vous-même et des autres, en apportant un soutien solidaire. Informez-vous les un.es des autres.
La centrale électrique de cogénération était une filiale à 100 % du groupe énergétique étatique suédois Vattenfall AB, qui, avec un chiffre d’affaires annuel de 7,6 milliards d’euros, était le quatrième plus grand groupe énergétique, après E.ON, RWE et EnBW.
À partir de 2021, la centrale électrique a été « remunicipalisée » et appartient désormais à la ville de Berlin. Ainsi, la centrale électrique sera aussi partiellement démantelée et adaptée à d’autres fonctions. Cela semble bon seulement à première vue.
Stromnetz Berlin GmbH [entreprise publique, propriétaire et exploitant du réseau électrique de la ville de Berlin ; NdAtt.] effectue actuellement d’importants investissements dans l’extension de l’infrastructure du réseau berlinois, afin de répondre aux exigences croissantes de la prétendue transition énergétique. Pour cela, la société mère de Stromnetz Berlin, BEN (Berliner Energie und Netzholding GmbH), reçoit 380 millions de la Banque européenne d’investissement – « pour préparer la transition énergétique en cours ». La « transition énergétique » est un écran de fumée qui dissimule le fait qu’il s’agit d’une énergie sans transition et sans discussions. L’essentiel, c’est l’énergie, durable ou non. Ainsi, Stromnetz Berlin veut doubler ses capacités, d’ici début 2030. L’objectif est un réseau électrique « moderne » et numérisé. Concrètement, cela signifie des centaines de milliers de mètres de nouveaux câbles électriques et de composants du réseau, ainsi que plus de services numériques. On peut penser que cela n’est pas fait par altruisme. À première vue, il s’agit de la sécurité de l’approvisionnement de la ville, mais en y regardant de plus près, il s’agit d’une folie de croissance dans une course à la concurrence imposée par le gouvernement. Le champ de bataille sont la ville et nos conditions de vie. La ville est une marchandise. La compétitivité avec d’autres grandes villes doit favoriser l’installation de plus de start-ups, de plus d’entreprises de recherche et de production d’armement, de prestataires de services numériques et d’entreprises technologiques, qui consomment plus d’électricité que les millions de Berlinois.es à titre privé. Il s’agit aussi d’une mobilité électrique qui, naturellement, n’a pas pour objectif la promotion des transports en commun, mais encore plus de ferraille qui roule dans les rues, avec des batteries au lithium, encore plus de systèmes dominés par l’IA, qui crachent des véhicules à conduite autonome, appartenant à des particulier.es. Cela se fera dans le cadre du « développement de l’infrastructure », qui coûtera à la ville-Land 3 milliards d’euros de plus, d’ici 2029, alors que l’A100 s’enfonce de plus en plus dans la ville. Pour le renouvellement du réseau électrique seront effectués des investissements jusqu’à 770 millions d’euros.
Tout cela semble plus qu’ennuyeux, mais est d’une grande importance pour nous, en tant qu’habitant.es de Berlin et du Brandebourg, car c’est notre vie, notre pays, notre eau, notre avenir qui sont en jeu ici. Pour Giffey [Franziska Giffey, maire de Berlin ; NdAtt.], partisane du libéralisme économique du SPD, le développement des capacités du réseau et de nouvelles lignes électriques sont une condition centrale pour faire de Berlin un lieu d’investissements. Ces destructeurs d’un avenir digne d’être vécu, partisans du libéralisme économique, conçoivent la ville en termes de chiffres, de sommes d’argent, de taux de croissance et de course à la concurrence avec d’autres villes. Les être humains ne sont pas pris en compte, ou seulement en tant que quantités, à faible revenu ou à revenu élevé. Il faut gérer et limiter, d’une manière ou d’une autre, la première – y compris au moyen de mesures policières et répressives, et clôturer ainsi un parc à Kreuzberg [référence à la lutte contre l’installation de grillages autour du Görlitzer Park et à sa fermeture nocturne ; NdAtt.]. Et on flatte l’autre partie, car son argent stimule la consommation. Pour cette partie, la ville est rendue smart et jolie. Berlin est une marque et elle est commercialisée en tant que telle.
Pour Giffay, le développement du réseau électrique correspond à la numérisation rapide de la vie quotidienne, comme s’il s’agissait d’une force naturelle qui s’abat sur nous. Comme si ce n’étaient pas les grandes entreprises de la technologie et les techno-fascistes qui décident de l’adoption de l’IA, qui, selon le ministère fédéral de l’Économie, doublera d’ici 2030 la consommation mondiale d’électricité. Comme si ce n’étaient pas les politiciens et les partisans du libéralisme économique qui décident qu’on ne peut plus payer en liquide dans les bus de la BVG [Berliner Verkehrsbetriebe, la compagnie des transports en commun de l’agglomération de Berlin ; NdAtt.] et que les gens sont obligés de payer de manière numérique, le suivi étant ainsi immédiatement garanti, dans une ville rebelle, où il existe une tradition de mouvements militants qu’il s’agit de contrôler. Comme si ce n’était pas la classe politique qui décide de mettre entre les mains de la police et des services secrets le logiciel de surveillance Palantir, dont le fondateur est un fasciste des États-Unis et dont le logiciel prévoit un réseau numérique pour la surveillance des gens. Giffay fait la promotion de l’extension du réseau avec « nos » entreprises et de l’électrification croissante de la mobilité : « Par amour pour Berlin, le réseau électrique le plus moderne, pour la capitale climatiquement neutre ». Et, habituée à désamorcer les critiques, Stromnetz Berlin a intégré comme cache-misère des « conseils citoyens », qui participent de manière ridicules à des futilités, mais qui n’ont rien à dire sur l’orientation des décisions en matière de politique énergétique et sur la conception de la ville. Après que Vattenfall et la ville ont été obligés, en raison d’une large initiative citoyenne, de lancer une « remunicipalisation », une étatisation du réseau électrique, et de mettre en place BEN comme propriétaire, ils continuent le business as usual et l’absurdité continue sans faiblir. La vision est claire : smart city – Stromnetz Berlin s’exprime ainsi : « Berlin est en voie de devenir l’une des principales métropoles smart city. Ce processus de transformation a déjà commencé dans tous les domaines de la vie urbaine. » Et : « les infrastructures intelligentes, et en particulier le smart grid (réseau électrique intelligent), en constitueront le fondement – en tant que système d’exploitation en réseau, il deviendra l’épine dorsale et le catalyseur de la transition énergétique. » Au delà du fait que nous considérons le terme « transition énergétique » comme de la poudre aux yeux et que nous le remplacerions par « attaque technologique contre les relations interhumaines », nous sommes d’accord là-dessus.
Les attaques concrètes contre le parc technologique d’Adlershof, contre la Gigafactory de Tesla, contre l’infrastructure de la centrale électrique à charbon Reuter, de Vattenfall, et contre le nœud de communication de Vodafone à Adlershof sont des références pour notre action, tout comme les nombreuses actions militantes qui mettent l’accent sur la destruction de notre terre. Même si ces actes de sabotage entraînent des pertes financières importantes, ils ne peuvent pas, à eux seuls (!), forcer un changement d’orientation politique. Mais ils montrent un chemin et une direction que nous recommandons pour toutes les métropoles. Paralysez les infrastructures qui servent à « l’attaque technologique » et qui favorisent la destruction de la Terre. Le consensus à la participation au projet d’un mode de vie impérial peut être retiré. Un mouvement social de masse contre la destruction mondiale des moyens d’existence et contre toutes les guerres et les pillages des ressources va de pair avec la capacité de saboter les réseaux électriques et les veines de l’énergie.
L’attaque contre la centrale électrique à gaz est un acte de solidarité internationale avec tou.tes celles/ceux qui protègent la terre et la vie. Notre résistance est multiple et, souvent, dans le brouillard de la désinformation, des différentes approches culturelles, des diversités linguistiques, nous avons encore besoin de trop de temps pour reconnaître les points communs. Mais nous sommes convaincu.es que, dans l’obscurité, la lumière n’est pas lointaine. Si nous plaçons cette action dans le contexte d’une résistance mondiale, que ce soit aux États-Unis, en Amérique latine, en Asie, en Chine ou en Russie, en Europe ou en Australie, qui s’oppose à toutes les formes de domination, d’autorité et de destruction de la terre, nous sommes convaincu.es que nous serons entendu.es, que ces contributions seront traduites, que des contributions traduites nous parviendront, que sur les sentiers tortueux de la résistance a lieu une communication subversive, qui nous permet de nous reconnaître les un.es les autres. Et d’intervenir. Et cela, si possible, sans verser de sang, mais déterminé.es à couper le jus aux dominants.
Nous ne pouvons plus nous permettre les riches.
Nous pouvons entamer la fin du mode de vie impérial.
Nous pouvons arrêter la surexploitation de la terre.
Liberté pour tou.tes les antifas, les militant.es pour le climat et tou.tes les autres récalcitrant.es.
Vulkangruppe : Den Herrschenden den Saft abdrehen
[Groupe Volcan : Couper le jus aux dominants]
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Couper le jus aux dominants – Mise au point
knack.news / mardi 6 janvier 2026
Nous vous écrivons à nouveau, parce que, après notre première déclaration, beaucoup de choses ont été délibérément mal interprétées ou déformées.
Tout d’abord :
Notre action n’a pas été dirigée contre des personnes, mais contre une infrastructure qui détruit chaque jour des êtres humains, l’environnement et l’avenir. L’approvisionnement énergétique n’est pas un processus technique neutre, mais un instrument de domination politique. Qui exploite des grandes installations de combustibles fossiles s’engage activement pour la destruction du climat, pour des guerres pour les ressources et pour l’inégalité sociale.
En même temps, nous voyons la situation des gens sur place. Aucun.e d’entre nous ignore que la coupure de courant représente un vrai fardeau pour beaucoup de monde – en particulier pour les personnes âgées, les malades, les enfants et tou.tes celles/ceux qui se trouvent déjà en marge de cette société. Ces difficultés ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un système qui centralise les approvisionnements essentiels, les organise en vue du profit et les rend délibérément vulnérables. Ce ne sont pas ceux/celles qui attaquent qui ont créé cette dépendance, mais ceux qui la maintiennent depuis des décennies.
Ceux qui parlent, soudainement, aujourd’hui, d’« irresponsabilité », sont les mêmes acteurs qui mettent dans le compte, tous les jours, des black-out, des catastrophes environnementales et le froid social – seulement de manière plus lente, plus discrète et plus exploitable médiatiquement.
Quant aux insinuations qui circulent à propos d’une prétendue action de type false flag, d’un pays étranger, nous disons clairement :
Ces spéculations ne sont rien d’autre que la tentative de cacher leur propre impuissance. Le fait que des gens, ici sur place, soient en mesure d’attaquer des infrastructures ne cadre pas avec le récit sécuritaire de la classe politique et des autorités. Ainsi, un ennemi extérieur est construit. C’est pratique, cela décharge [des responsabilités] et déplace le débat.
Nos motivations ne sont ni secrètes, ni nouvelles. Elles se nourrissent de longues années d’expérience avec un discours creux sur le climat, d’une politique d’actes symboliques et d’un approvisionnement énergétique fondé sur la destruction. Qui prétend maintenant que derrière chaque forme de sabotage doit nécessairement y avoir un service secret étranger refuse la réalité des conflits sociaux internes.
Nous ne nous laisserons pas impressionner par l’indignation morale qui se manifeste seulement quand la propriété est touchée.
La véritable violence est structurelle. Elle agit chaque jour. Elle reste généralement invisible.
Notre intervention est une rupture avec cette normalité.
Qu’elle soit comprise ou non, ne dépend pas de nous.
Vulkangruppe
[Groupe Volcan]





















































