Indonésie : Arrestations et tortures à Bali, Makassar et Surabaya

Dark Nights / mardi 6 janvier 2026

Le 16 septembre 2025, quatorze individus ont été arrêtés par la police de Bali, accusés d’avoir vandalisé des bâtiments et des véhicules dans la zone du quartier général de la police de Bali et du Conseil régional de Bali, pendant la manifestation du 30 août.

Depuis septembre, 288 personnes ont été arrêtées à Surabaya, province de Java oriental, pour le soulèvement d’août. Certaines d’entre elles ont été relâchées dans des mauvaises conditions, car la police les a salement torturées pendant trois jours. Cela laisse environ 80 personnes emprisonnées à Surabaya, dont une trentaine d’anarchistes en état d’accusation. Cette semaine, certains d’entre eux/elles subiront la première audience de leur procès. Le cas de Surabaya est particulièrement triste, parce que beaucoup des personnes arrêtées sont des gens ordinaires, comme des travailleur.euses ou des chauffeurs de moto-taxi à commander en ligne, qui se trouvaient par hasard à proximité des émeutes. Certain.es étaient simplement en train de regarder les émeutes, mais ont ensuite été arrêté.es à droite et à gauche. Bien qu’ils aient finalement été relâché.es, après avoir été malmenés, la police ne leur a pas été rendus certains de leurs affaires, comme leurs téléphones portables. Les chauffeurs de moto-taxi n’ont même pas récupéré les motos avec lesquelles ils gagnaient leur vie.

De plus, la police continue d’arrêter toute personne dont l’implication dans les manifestations du mois d’août a été prouvée, en particulier des étudiant.es et des militant.es, dans plusieurs villes. Cette fois, ils ont introduit des infiltrés dans le Mouvement, pour identifier des cibles à arrêter. En conséquence, beaucoup de gens sont paranoïaques et méfiant.es les un.es envers les autres.

Cela révèle aussi que le pouvoir est fragile et instable, car la crise politique qui existait déjà au sein de la structure du pouvoir de l’État a été exacerbée par l’impact des émeutes d’août dernier. Les élites dirigeantes, divisées en deux grands blocs, se rejettent mutuellement la faute et renforcent leurs forces respectives. En conséquence, plusieurs nouvelles lois répressives, telles que la révision du Code de procédure pénale (KUHAP), qui élargit les pouvoirs de la police, ont été adoptées, dans l’intérêt du pouvoir et pour réprimer les menaces potentielles. Cela explique pourquoi, à ce jour, des arrestations sporadiques de civils continuent. La loi KUHAP [est entrée] en vigueur le 2 janvier 2026, ce qui [a donné] à la police plus de marge de manœuvre pour arrêter des personnes sans preuves solides au préalable (surtout dans la phase initiale, « d’enquête », avant qu’un crime ne soit complètement confirmé). Les critiques disent que cela mènera à plus d’arrestations arbitraires et à des abus policiers, comme plus de fouilles et de détentions, sans aucun contrôle sérieux. On soupçonne que cette loi sera utilisée pour réprimer les anarchistes et les non-conformistes qui restent. Il y a une hostilité considérable qui se forme contre cette modification répressive de la loi.

Le 23 décembre 2025, un anarchiste individualiste a été arrêté à Makassar ; il s’appelle Amal. Amal est détenu au poste de police de Makassar jusqu’au 12 janvier 2026. Il est accusé d’avoir incendié un poste de police, à Makassar, il y a cinq ans. Selon le dossier, il s’agit d’une enquête basée sur des informations provenant d’un supposé informateur/infiltré. Amal a été arrêté chez lui. Une heure plus tard, la police a fait une descente dans une discussion sur la crise environnementale, qui se tenait dans un espace collectif appelé « Munisipal Kongsi Dagang ». Le nom de l’événement était « Prelude to a Disaster » [Prélude à un désastre]. Le prétexte a été une descente anti-drogue, mais en réalité, les participant.es ont été emmené.es pour témoigner contre Amal et ensuite relâché.es.

 

Des nouvelles des conditions des prisonnier.es de l’affaire Chaos Star

Au 23 décembre 2025, il ne reste plus que deux prisonniers anarchistes de l’affaire Chaos Star dans le centre de détention de la police régionale de Java occidental : Eat (Reyhard Rumbayan) et Dena, dit Apip ou Scoobydoomz.
Dena a été arrêtée récemment, le 20 novembre, à Bali, par le Densus 88 (équipe spéciale anti-terrorisme/anti-makar de la police ; « Makar » est un terme indonésien signifiant « renversement de l’État »). Ces compas ont été envoyés au quartier général de la police régionale de Java occidental, qui centralise l’enquête sur le groupe Chaos Star. Entre-temps, les 42 autres prisonnier.es ont été transféré.es dans un centre de détention préventive (prison de Kebon Waru), en vue de leurs procès. 24 d’entre eux/elles ont déjà commencé leur procès, dont :

M. Subhan Abdul Ghoni
Eli Yana
Muhammad Vanza Alfarizy
Very Kurnia Kusuma
Muhammad Rifa Aditya
Joy Erlando
Muhammad Jalaludin
Jatnika Alan Ramdhani
Ariel Octa Dwiyan
Angga Friansyah
Putra Rizwan Annas
Wanda Abdul Rahman
Wawan Hermawan
Reyhan Fauzan Akbar
Arfa Febrianto
Rizal Zhafran
Muhibuddin
Muhammad Zaki
Arya Yudha
Rifa Rahnabilla
Marshall Andy Kaswara
Yusuf Miraj
Deni Ruhiyat
Rizky Fauzi

Ils/elles ont tou.tes été accusé.es d’agression de policiers et d’avoir commis des violences en public, en vertu des articles 170 (violence en public), 214 (résistance collective) et 406 (destruction de la propriété d’autrui) du Code pénal indonésien. La plupart de ces prisonnier.es sont des gens ordinaires, qui n’ont aucun lien avec les anarchistes individualistes/nihilistes, des victimes d’arrestations arbitraires de la part de la police et de procès sans avoir eu accès à leurs propres avocats.

Envoyez du courrier de solidarité aux détenu.es anarchistes de la prison de Kebon Waru, en anglais ou en indonésien :

[Nom]
JI. Jakarta No.42-44,
Kebonwaru, Kec. Batununggal,
Kota Bandung, Jawa Barat
Indonésie

Écrivez à Eat and Dena
(Depuis la publication [originale] de cet article, Dena et Eat ont été transférés dans d’autres prisons. Leur lieu de détention actuel est, pour le moment, inconnu)

 

Palang Hitam/Anarchist Black Cross

Nous avons un besoin urgent de solidarité financière, pour continuer les activités de soutien aux prisonnier.es et pour obtenir des avocats professionnels pour les inculpé.es. Pour faire un don, contactez l’IWOC, Dark Nights ou des groupes de longue date de l’Anarchist Black Cross.

 

source originale : IWOC

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