Indonésie : Liste des détenu.es pour les manifestations de masse à Bandung

Dark Nights / jeudi 1er janvier 2026

Liste des détenu.es pour les manifestations de masse à Bandung – Soulèvement d’août 2025

Groupe « Loi TNI »
Compagnons MTH et MSA

Au milieu des vives protestations contre la loi TNI [Loi sur les forces armées nationales indonésiennes, qui rétablit une orientation vers un ordre paramilitaire de la société civile] à Bandung (le 20 et 21 mars 2025), au début ces deux amis étaient simplement en train de passer par là, en rentrant chez eux. Cependant, en voyant l’esprit impétueux de la jeunesse, cette nuit-là, ils ont garé leur moto et ont rejoint la manifestation. Avant d’arriver chez eux, ils se sont brièvement arrêtés à la radio CK Taman, parce que MSA ne pouvait plus contenir son envie.
De manière inattendue, un mois plus tard, ils ont été mis en cause par la police de Java occidental pour agression et dégradation de biens – seulement sur la base des images de la vidéosurveillance d’un magasin. Ils devraient être libérés le 3 janvier 2026, après avoir purgé une peine d’un an. Préparons-nous à accueillir leur retour avec le plus grand respect !

 

Groupe des arrestations injustifiées et des cas de torture
Compas Very Kurniaa Kusuma, Joy Erlando, EY, MVA, MSAG, MRA, MJM, JAR

Huit jeunes ont fait face à des circonstances tragiques. Ils/elles n’avaient pas l’intention de rejoindre la manifestation du 30 août 2025, mais un destin cruel les a impliqué.es, avec des accusations de jets d’objets et d’agression contre de policiers. Leurs arrestations ont été aussi déchirantes que leurs histoires : Very a été embarqué pendant qu’il achetait des cigarettes près de la zone de la manifestation et JAR a été arrêté.e alors qu’il/elle mangeait du riz frit. Les autres ont connu des interpellations tout aussi malheureuses, victimes d’arrestations injustifiées, se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment.
Leurs malheurs ne se sont pas arrêtés là. On raconte que, derrière les barreaux, des tortures brutales les attendaient. Des rapports ont fait état de mauvais traitements lors des interpellations, du transport au commissariat et d’interrogatoires poussés. Assistez aux procès de ces huit inculpé.es et aidez à faire entendre jusqu’au bout la voix de la vérité.

 

Groupe des arrestations arbitraires
Compagnons AOD, AF, PRA, WAR

La mort tragique d’Affan Kurniawan (un chauffeur de moto-taxi à commander en ligne, renversé par un véhicule de la Brigade motorisée), le 28 août, a profondément affecté les quatre amis, les incitant à exprimer leur indignation. Avant même de participer à une quelconque protestation, ils ont été arrêtés par la police. Dans le parking, avant même d’avoir finit de se garer, ils ont été attrapés par les mains de la loi. L’un d’eux a été accusé de transporter un cocktail Molotov. Ils ont été arrêtés sans résistance, réduits au silence avant d’avoir pu parler.

 

Groupe des arrestations aléatoires
Compagnons WH et RFA

La nuit à Bandung est, depuis longtemps loin, d’être paisible, mais remplie de violence : vols, bagarres entre bandes et affrontements entre clans criminels. Du coup, W. portait parfois un objet tranchant pour se protéger, en travaillant comme employé dans un parking près de la zone DPRD-Dukomsel [le Conseil municipal de Bandung ; NdAtt.]. Cependant, dans la nuit de la manifestation du 30 août 2025, il a été soudainement interpellé. Les autorités lui ont collé plusieurs chef d’inculpation, simplement parce qu’il portait un outil de défense.
Comme W., R. – à qui il est arrivé de passer à travers le secteur des manifestations, le 30 août après avoir terminé son travail – a été bloqué par des agents en faction. Sans une raison claire, il a été arrêté lui aussi, seulement pour avoir transporté un objet tranchant qu’il avait gardé cette nuit-là pour se protéger, craignant d’être attaqué à tout moment par des clans criminels, des bandes ou des groupes similaires.

 

Groupe des poursuites pour délits liés à internet
Compas Rifa Rahnabila, Arfa Febrianto, Rifal Zhafran, Deni Ruhiyat, Rizky Fauzi, Azriel Agung, Yusuf Miraj, Moch Sidiq, Muhibuddin

La tragédie de la mort d’Affan Kurniawan, renversé par un véhicule de l’anti-émeute, le 28 août 2025, a enflammé les cœurs de Rifa et de ses six ami.es, les poussant à protester pour réclamer justice. Comme beaucoup de jeunes, ils/elles ont documenté les événements sur leurs comptes Instagram privés – un archive personnel de leur activisme. Cependant, les autorités chargées de surveiller internet ont rapidement agi pour les faire taire. Rifa et ses ami.es ont été accusé.es de provocation aux crimes et délits.
À un autre endroit, Sidiq (« Acil ») a été arrêté pour une publication sur les réseaux sociaux, accusé a tort d’avoir brûlé un drapeau, alors qu’il a seulement filmé des banderoles.
Muhibuddin, un chauffeur de moto-taxi à commander en ligne, a été arrêté lui aussi simplement pour avoir diffusé sur TikTok un live de la manifestation.

 

Groupe des personnes arrêtées en vertu de la Loi ITE
Compas Muhammad Zaki, AY et MAK

Les histoires de Zaki et d’AY relèvent de l’ironie. Ils voulaient simplement diffuser en direct sur TikTok la manifestation du 29 août 2025, comme le font les médias grand public. Savoir n’est pas un droit du public ? Pourtant, aux yeux des autorités, il s’agissait d’une violation grave des lois. Leurs téléphones, une fois ouverts, ont été considérés comme une violation de certains articles de la loi ITE [Loi sur l’information et les transactions électroniques]. La liberté d’expression a été étouffée, remplacée par des menaces de poursuites pénales.
MAK a été une victime directe, touchée par une balle en caoutchouc pendant la manifestation. Ses blessures, recousues par des street medics et attestées au tribunal, étaient une preuve claire de la violence qu’il a subie. Au lieu de lui rendre justice, quand il a partagé sur TikTok son supplice, les autorités ont traité cela comme une provocation aux crimes et délits.

 

Groupe de la chasse aux admins
Compagnons M. Ainun Komarullah, Andi Muh. Ashabufirdaus, Dana Ditya Pratama

Komar, Dana et Andi ont ouvertement reconnu être les administrateurs du site de propagande Black Block Zone. Ils ont leurs propres opinions et méthodes pour exprimer leur protestation contre l’État. Maintenant, ils font face à des poursuites en vertu de la loi ITE, concernant les SARA (questions ethniques, religieuses, raciales ou liées à des groupes). Le contenu qu’ils ont produit était clairement une critique des institutions et une protestation et non des attaques en raison de l’ethnie, de la religion, de la race ou de l’appartenance à un groupe. Ils sont prêts à prendre la responsabilité de leurs actions réelles. Cependant, en ce qui concerne les accusations fausses et infondées, ils ne resteront pas silencieux.ses – la vérité sera ouvertement révélée au tribunal.

 

Groupe de la chasse à l’expression politique
Compas AD, TA, RF, RS, JF

AD, TA, RF, RS et JF sont étudiant.es universitaires à Bandung. Ils/elles ont des perspectives différentes sur la réalité politique, dépendant de leurs préoccupations et exprimant celles-ci. Pour elles/eux, les manifestations pacifiques répétées, ignorées par l’État, ne suffisaient plus ; des méthodes alternatives étaient nécessaires pour exprimer la résistance contre la brutalité de l’État. Pendant qu’ils/elles exprimaient leurs idées politiques, elles/ils ont été arrêté.es et font face à plusieurs chefs d’inculpation – dont la véracité sera vérifiée au tribunal. Ironiquement, depuis leur arrestation, leurs droits fondamentaux en tant que suspect.es ont été ignorés : l’accès à l’aide juridique a été entravé, les familles ont été intimidées et la protection juridique leur a été refusée.

 

Deuxième groupe de la chasse à l’expression politique
Compas GH, RM, HS, MN, MJF

Comme dans l’affaire d’AD, TA, RF, RS et JF, ces cinq accusé.es ont été arrêté.es seulement pour leurs activités politiques, considérées par l’État comme une menace. Ils/elles ont ouvertement admis leur participation à plusieurs manifestations qualifiées comme « violentes », ce qu’ils considèrent comme des tactiques de protestation. Leur détention souligne la manière dont l’expression politique différente est immédiatement présentée comme dangereuse, sans aucune place pour le dialogue ou la compréhension de la raison profonde de leur résistance.

L’original de ce texte et les photos des compas emprisonné.es peuvent être trouvés à cette adresse, sur les médias commerciaux :
https://www.instagram.com/p/DSqzOzCEzQj/?img_index=17&igsh=MWljd3NtbzlhODdwZg

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