Marseille : Des engins explosifs lancés contre le consulat russe

Le Monde / lundi 24 février 2025

Trois engins explosifs de fabrication artisanale ont été lancés, lundi 24 février, vers 8 heures sur la façade du consulat général de Russie à Marseille [au 3, avenue Ambroise Paré, VIIIème ; NdAtt.] sans faire de blessés, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de source policière. Les faits se sont produits au troisième anniversaire du début de la guerre en Ukraine. […]

Franceinfo / lundi 24 février 2025

Trois engins explosifs ont été lancés dans les jardins du consulat général de Russie à Marseille, lundi 24 février, a appris franceinfo auprès de la préfecture de police de Marseille. Il s’agissait de bouteilles de soda en plastique, d’une contenance de 50 cl. « Deux d’entre elles ont éclaté et généré des détonations », a précisé cette source. Les résidus de produits contenus dans ces récipients sont en cours d’analyse. Les faits se sont produits vers 8 heures du matin et un homme a été vu prenant la fuite, avait appris franceinfo un peu plus tôt, de source policière. Il n’y a pas eu de blessé ni même de dégât.
Le périmètre entourant le consulat, situé dans le 8e arrondissement de Marseille, avait été entièrement bouclé par les forces de l’ordre. Une équipe de démineurs, dépêchée sur place, a terminé son intervention. Contacté par franceinfo, le parquet de Marseille a annoncé l’ouverture d’une enquête en flagrance pour dégradation par substances explosives ou incendiaires. Celle-ci a été confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée, anciennement police judiciaire. […]

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Mise à jour du 25 février : deux interpellations

extrait de Franceinfo / mardi 25 février 2025

Les deux hommes interpellés lundi 24 février dans le cadre de l’enquête sur le jet de projectiles dans les jardins du consulat de Russie à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône, ont été placés en garde à vue du chef de « dégradations par substance incendiaire ou explosive », a appris franceinfo auprès du parquet de Marseille.

Les deux suspects sont âgés de 48 ans et 60 ans, et ont interpellés lundi soir, lors d’un rassemblement en soutien à l’Ukraine devant l’Hôtel de ville de Marseille, a appris de source policière, la journaliste de Radio France à Marseille […]

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Mise à jour du 26 février : jugement en comparution immédiate le jeudi 27

Libération / mercredi 26 février 2025

Un chimiste et un ingénieur du plus grand organisme de recherche français vont être jugés jeudi en comparution immédiate. Les deux membres du CNRS, interpellés lundi soir dans le cadre de l’enquête sur les jets d’engins explosifs contre le consulat général de Russie à Marseille sont renvoyés des chefs de «dégradation ou détérioration du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes» et «fabrication non autorisée d’engin explosif ou incendiaire ou de produit explosif», a précisé dans un communiqué ce mercredi 26 février Nicolas Bessone, le procureur de la République de Marseille.
Ils sont déférés ce jour devant le juge des libertés et de la détention, «en vue d’une comparution immédiate» jeudi, a ajouté le procureur, soulignant qu’ils «reconnaissent les faits et motivent leur action dans le cadre du conflit entre la Russie et l’Ukraine».

Selon le quotidien régional La Provence, les deux chercheurs, âgés d’une quarantaine et d’une cinquantaine d’années, avaient été «repérés par les policiers alors qu’ils participaient à une manifestation de soutien à l’Ukraine» devant l’hôtel de ville lundi soir. Ils ont indiqué en garde à vue que le mélange contenu dans les bouteilles en plastique lancées dans le jardin du consulat étaient un cocktail d’azote et de substances chimiques, rapporte le procureur. […]

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Mise à jour du 27 février : condamnés à huit mois fermes 

Franceinfo / jeudi 27 février 2025

G. S. et V. H. dormiront ce soir dans une cellule à la prison des Baumettes. Les deux physiciens du CNRS ont été condamnés ce jeudi 27 février à huit mois de prison ferme, avec mandat de dépôt. Ils pourront cependant effectuer leur peine à leur domicile sous bracelet électronique. Le juge des libertés a cinq jours pour mettre en place l’aménagement de la peine.

Les deux prévenus étaient jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Marseille pour « tentative de dégradation ou détérioration du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes » et de « fabrication non autorisée d’engin explosif ou incendiaire ou de produit explosif ».

« Le côté terroriste du dossier a fait « Pschiit » comme la bouteille. Ce n’est pas du terrorisme, ni dans la volonté, ni dans la personnalité. Il y a des périodes où on ne fait pas ça. C’est très contrariant et c’est l’aspect moche du dossier. Vous avez des opinions respectables, mais vous ne le faites pas comme ça ! », a expliqué l’avocat général, qui a requis un an de prison ferme sous bracelet électronique. Le tribunal s’est retiré pour délibérer.

Vers 7h 30, le lundi 24 février, marquant le troisième anniversaire de l’invasion russe en Ukraine, G. S., 60 ans, Français d’origine espagnole et V. H., 48 ans, Français d’origine roumaine, ont jété trois projectiles par-dessus les grilles du consulat de Russie à Marseille (8ᵉ arrondissement), dont deux ont provoqué des détonations. Ils avaient expliqué aux enquêteurs lors de leur garde à vue, mardi, que le liquide contenu dans les bouteilles en plastique était un mélange d’azote et de substances chimiques. Les engins n’ont fait ni dégâts, ni victime.

Les deux prévenus ont reconnu les faits. Ils ont expliqué leurs motivations devant la cour. G. S. est marié à une femme d’origine ukrainienne. V. H. s’est dit quant à lui concerné par la situation en Ukraine. Ils affirment avoir mal apprécié l’impact diplomatique de leur action, et avoir d’abord prévu de se rendre à la police avant de finalement se rendre à la manifestation de soutien à l’Ukraine organisée en fin d’après-midi devant l’Hôtel de Ville.

Partie civile, le consulat de Russie estime qu' »ils ont commis des actes graves qui présentent tous les signes d’un acte terroriste. Il y a eu une tentative d’attaque d’une représentation diplomatique. Nous demandons une enquête criminelle complète ». Le 25 février, la chaîne télévisée russe Zvezdanews avait posté sur Télégram les images de la vidéosurveillance montrant un homme, un masque sur le visage et portant des gants jetables bleus, lancer des projectiles par-dessus les grilles des jardins du consulat de Russie.

Le ministère des Affaires étrangères français avait condamné une « atteinte à la sécurité des emprises diplomatiques ». De son côté, le ministère des Affaires étrangères russes avait dénoncé une « attaque terroriste ». Le Comité d’enquête de la Fédération de Russie, organe chargé des principales investigations criminelles en Russie, a ouvert une enquête pour « attaque contre des personnes ou des institutions bénéficiant d’une protection internationale », des faits passibles en Russie d’une peine allant jusqu’à douze ans de prison.

La direction du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a condamné avec la plus grande fermeté l’acte perpétré contre le Consulat de Russie à Marseille. Elle a appris avec consternation que les auteurs étaient des agents CNRS et s’est constitué partie civile. Créé en 1939, le CNRS est le plus grand organisme public de recherche en France. Il compte plus de 1100 laboratoires répartis sur l’ensemble du territoire, employant quelque 33 000 personnes, et 80 laboratoires de recherche internationaux, peut-on lire sur son site.

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