de.indymedia.org / samedi 8 février 2025
Le 31 octobre, notre compagnon anarchiste Kyriakos Xymitiris a été tué et notre compagnonne anarchiste Marianna M. a été grièvement blessée, lors d’une explosion dans un appartement à Athènes. Elle a été transportée à l’hôpital Evangelismos, où elle a été soignée sous la surveillance constante de la police, puis transférée à la prison de Korydallos, en détention préventive. Suite à ce qui est arrivé ce jour-là, notre compagnonne anarchiste Dimitra Z., nos compagnons Dimitris et Nikos R., ainsi qu’une autre personne, ont été arrêté.es aussi et emprisonné.es dans le cadre de la même affaire.
Depuis, la tristesse et la rage sont présentes dans nos vies. La tristesse d’avoir perdu un compagnon qui s’était engagé jusqu’au bout et par tous les moyens dans la lutte ; la rage parce que c’est ce système capitaliste, raciste et patriarcal qui l’a tué. Kyriakos a choisi de ne pas fermer les yeux sur les intérêts économiques et politiques de quelques-uns, qui nous condamnent à une vie de misère, par la vente des maisons à des fonds vautours, la précarité du travail, les féminicides, les frontières et les guerres. Dans la ville de Berlin, Kyriakos s’était engagé pendant des années dans la défense des espaces libérés et contre la gentrification, dans la lutte internationaliste, dans l’abolition des prisons, ainsi que dans toutes les luttes sociales et de classe.
Sa passion et ses convictions en un monde nouveau, libéré de l’oppression, laissent un grand vide chez ceux/celles qui étaient autour de lui, ainsi que dans la lutte elle-même. Cependant, son empreinte, à travers ses paroles et ses actions, nous encourage à maintenir vivant le fil de l’insurrection, en prolongeant ainsi la vision de la révolution sociale présente dans nos cœurs et nos esprits. Une action révolutionnaire qui entend la lutte armée comme un moyen décisif, dans l’équilibre des pouvoirs, en faveur de celles/ceux qui sont en bas, qui essaye et réussit à rendre à l’État une partie de la violence qu’il nous impose chaque jour.
Par la défense de sa mémoire, nous entendons aussi être aux côtés de tou.tes celles/ceux qui ont donné leur vie ou/et qui ont été emprisonné.es pour avoir lutté contre l’injustice, l’inégalité et l’exploitation.
Pour toutes ces raisons et en répondant à l’appel des compas grec.ques d’Athènes pour les jours 7 et 8 février, nous voulons faire face à ceux qui tentent de pervertir cette mémoire. Ainsi qu’exprimer notre solidarité avec les compas emprisonné.es dans la même affaire. Pour cette raison, nous avons décidé de faire une courte manifestation sauvage à Friedrichshain, où nous avons partagé ensemble de nombreux moments collectifs de bonheur et de rage. Des obstacles ont été mis en travers des routes, des tags en mémoire de Kyriakos ont été tracés. Par la suite, dans la Rigaerstrasse, les forces d’occupation qui arrivaient ont été affrontées à coups de pierres.
Ce quartier de Berlin, comme d’autres métropoles dans le monde, a fait face à un énorme processus de gentrification. Ces dernières années, alors que des espaces collectifs ont été expulsés pour être transformés en restaurants et magasins pour bobos, les personnes à faibles ressources sont déplacées vers la périphérie, les Airbnb augmentent alors que les loyers deviennent intolérables et que les politiques d’utilisation de l’espace public sont de plus en plus répressives.
Nous, comme Kyriakos, ne pouvons pas détourner les yeux de ce processus qui détruit la ville et les différentes communautés qui y vivent. Nous, personnes qui croyons en un monde meilleur, voulons sortir de cette précarité où ceux/celles qui ne se conforment pas à la norme sont condamné.es. Pour cette raison, alors que beaucoup d’autres protestations et réponses ont lieu dans différentes villes, nous voulons nous y opposer et continuer le chemin que nous avons déjà parcouru avec notre ami et compagnon Kyriakos. Ce chemin qui lui a coûté la vie. Lui dans nos esprits, ses idées dans nos cœurs. Ensemble, en reprenant les rues de Berlin et d’Athènes. Les cœurs des révolutionnaires brûlent à jamais !
Liberté pour nos compas Marianna M., Dimitra Z, Dimitris et Nikos R. !
Kyriakos présent !