Maubeuge, Sequedin et Longuennesse (Haut-de-France) : Révolte à la prison contre le mouvement d’humeur des matons

Mutinerie à Maubege

La Voix du Nord / Samedi 20 janvier 2018

La mutinerie, qui avait débuté en fin de matinée, ce samedi, au centre pénitentiaire de Maubeuge, a pris fin aux alentours de 14h50, suite à l’intervention des équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS). Aucun blessé ne serait à déplorer. Les détenus n’avaient, ce samedi midi, fait part d’aucune revendication officielle [Juste en lutte directe contre la prison et ses gardiens… et c’est tant mieux! NdAtt.]. Selon nos informations, en fin de matinée, 24 détenus se seraient regroupés dans la coursive de l’aile A2. Ils y auraient cassé des vitrages, entassé des poubelles et déversé de l’eau savonneuse pour perturber toute intervention.
Par ailleurs, environ 70 détenus auraient été à l’extérieur de leur cellule dans trois autres ailes de la prison. « Ils ont bouché les serrures, afin qu’on ne puisse pas les fermer », explique Christophe Muzzolin, secrétaire du syndicat FO.


Depuis 13 h 30, des pompiers et une équipe régionale de sécurité étaient regroupés à l’entrée de la prison. Des équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS) sont intervenues. Les pompiers de Maubeuge étaient sur place pour leur porter éventuellement secours et venir en aide en cas de blessés. À 14 h 25, la mutinerie était terminée. Cinq détenus ont été placés au quartier disciplinaire. Aucun blessé n’est à déplorer.
Vendredi, en fin d’après-midi, un prisonnier avait contacté La Voix du Nord pour faire part du mal-être qui gagnait certains détenus, . Ce samedi, sur le parking visiteurs, les familles de détenus étaient passablement énervées par une situation qui dure depuis le début de semaine. «  On est venu mercredi et vendredi pour voir notre cousin, explique Hakim*. Ça nous a été refusé. On l’a eu au téléphone, à l’intérieur, ils n’en peuvent plus d’être coincés dans leur cellule. Ils sont énervés, et ils n’ont pas à tous payer parce que certains font n’importe quoi.  »

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A Sequedin aussi…

20minutes / dimanche 21 janvier 2018

Dimanche, en fin d’après-midi, plusieurs dizaines de détenus ont refusé de regagner leur cellule à la fin de la promenade dans les prisons nordistes de Sequedin et Maubeuge, a-t-on appris de sources concordantes.
« Une quarantaine de détenus à Maubeuge et environ 160 à Sequedin ne veulent pas regagner leur cellule après la promenade », a déclaré à l’AFP Guillaume Pottier, secrétaire Ufap-Unsa pour les Hauts-de-France. Selon le syndicaliste, des dégradations ont également eu lieu dans la cour de la prison de Sequedin, toute proche de Lille.
« On ne connaît pas leurs revendications mais sur place, c’est très tendu, les Eris [Equipes régionales d’intervention et de sécurité] doivent arriver », a-t-il ajouté, précisant que les incidents avaient débuté aux alentours de 15 heures.
Une source à l’administration pénitentiaire a confirmé que 50 détenus à Maubeuge et 85 à Sequedin avaient refusé de retrouver leur chambre.
En fin de journée, dans les deux établissements, la situation était revenue à la normale après l’intervention des Eris. « Les détenus voulaient être solidaires du mouvement des surveillants, on ne sait pas trop si c’est vrai ou si c’est une blague », a déclaré Guillaume Pottier.
Samedi, des Eris avaient déjà été dépêchées à la prison de Maubeuge à la suite d’un « mouvement d’excitation » d’une vingtaine de détenus, selon l’administration régionale pénitentiaire.
Cet incident intervient dans un contexte tendu autour de la problématique de la sécurité des personnels de l’administration pénitentiaire. Un mouvement de grève s’était déclenché après l’agression de trois surveillants par un détenu jihadiste, lundi dernier, au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Ce dimanche, plusieurs prisons étaient encore touchées par de nouveaux débrayages des personnels avant un mouvement de blocage total prévu, lundi.

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Et à Longuennesse (Pas-de-Calais) il agit tout seul

L’Obs / lundi 22 janvier 2018

Nouvelle agression dans une prison. Un surveillant et une surveillante ont été agressés dimanche 21 janvier avec un pied de table en fer par un détenu à la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais), près de Saint-Omer, et ont été conduits à l’hôpital.
« Un détenu a agressé deux surveillants avec un pied de table et les a touchés au bras. Les surveillants ont été conduits à l’hôpital », a indiqué à l’AFP la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP)
Yannick Lefebvre [l’ordure ci-contre; NdAtt.], du syndicat Ufap-Unsa à la prison de Longuenesse, a confirmé l’agression en précisant qu’elle s’était déroulée vers 18h30. Dans ce centre de détention, les cellules sont ouvertes jusqu’à cette heure-là.
« Il a certainement arraché le pied de table pour agresser le personnel », a-t-il ajouté.
D’après le secrétaire interrégional FO pénitentiaire Julien Martin, « deux détenus avaient prémédité leur action et un seul est passé à l’acte ».
L’agresseur présumé « les a frappés avec un pied de table, une barre de fer de 80 cm de long, de 5 cm sur 5 cm. Les deux surveillants ont été blessés gravement car ils ont été conduits à l’hôpital, l’un des deux a peut-être un bras cassé« , a dit Julien Martin.
L’agresseur, un détenu de droit commun, a été placé en garde à vue, selon Julien Martin.
« On est très choqué, ça ne va faire qu’amplifier la grogne et il y aura un durcissement demain à Longuenesse », a dit dimanche soir Julien Martin alors que les syndicats de surveillants de prison ont prévu de reprendre l’épreuve de force avec le gouvernement en appelant à un nouveau « blocage total » des établissements lundi.
« Les syndicats appellent à ne pas prendre les clefs demain à Longuenesse : on peut s’attendre à ce que ce soit les policiers qui viennent gérer l’établissement », a-t-il confié.
« Il s’agit encore une fois d’une agression envers le personnel, on n’en peut plus : c’est quotidien! » a estimé M. Lefebvre.
Selon lui, les deux blessés, deux quadragénaires, ont été transportés à l’hôpital d’Helfaut, à quelques kilomètres du centre de détention de Longuenesse. « Ils effectuent des examens, ils ont de nombreuses contusions aux bras et sont touchés psychologiquement. »
Interrogé sur les circonstances de l’agression, il a dit préférer attendre les résultats de l’enquête. Julien Martin a, lui, qualifié les faits de « guet-apens » et de « tentative d’assassinat ».
Dimanche après-midi, toujours dans les Hauts-de-France, des dizaines de détenus dans les prisons de Maubeuge (Nord) et Sequedin (Nord) avaient refusé de regagner leur cellule après la promenade. La situation est redevenue normale en fin de journée.

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